Test de Mafia III sur PC

Par le
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Date de sortie
Développeur
Hangar 13
Éditeur
2K Games

Si Mafia n’a jamais su détrôner son concurrent auquel il est trop souvent comparé, la licence a toujours su briller par sa narration. Ce troisième opus ne compte décidément pas déroger à la règle et va vous propulser à la Nouvelle Orléans des années 60 et son mythique ou mystique bayou.

Coucou l’optimisation

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De temps en temps, une belle ambiance

Deux mois après la sortie, le jeu accuse toujours un downgrade technique scandaleux dont la version PC en est l’apothéose. Il n’y a plus de soucis d’instabilité mais l’occlusion ambiante et autres effets laissent pantois. Comme si la nuit tombait chaque fois que le soleil se cache derrière un nuage ou plus drôle, une simple bâtisse. Jouer dans pareilles conditions peut même relever du challenge, surtout pour les collectionneurs qui recherchent les objets cachés dans les recoins les plus sombres de New Bordeaux. Heureusement, le studio Hangar 13 sait se faire pardonner par la minutie qu’il apporte à son portrait de l’Amérique à l’époque embourbée dans le conflit vietnamien. Une ville minée par la ségrégation, de nombreux lieux vous sont refusés, et en même temps, à un tournant de sa vie. La boucle est bouclée avec son héros, Lincoln Clay, remarquablement écrit et charismatique, à la hauteur de ses envies de vengeance.

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Une équipe de choc avec Vito !

Notre afro-américain, en réalité fils d’un père blanc et d’une mère porto-ricaine, mais « un négro est un négro », en impose sévère et son expérience en Asie lui permet d’en avoir autant dans le crâne que dans les bras. Et les scénaristes n’ont rien laissé filé, chaque protagoniste mérite tous les honneurs. Bons et mauvais, ils sont portés par une écriture fouillée et des cinématiques sans fausses notes, qui jouent aussi bien avec la gestuelle que les visages pour donner au tout une belle épaisseur. Il sera par exemple difficile d’oublier le comparse de notre héros, Donovan,la famille Marcano ou la terrible Cassandra. Sans oublier le Père James, prêtre de la paroisse de Delray et qui incarne l’esprit de New-Bordeaux tout le long de ce remarquable déroulé. Sous couvert de la quête de vengeance, Mafia III ne rate d’ailleurs jamais une occasion d’inscrire son histoire dans cette orée des années 70, fin d’une époque, début d’une autre. C’est là, sur fond de Rolling Stones, de Hendrix, des Ramones ou d’Aretha Franklin que le gangster italien traditionnel s’efface devant une nouvelle génération de criminels, plus brutale et volatile. Vous l’aurez compris, cela suffit presque à oublier tous les maux de ce Mafia III qui tente pour le reste de marcher sur les plates-bandes de GTA sans jamais lui arriver plus haut que le genou.

Quand Lincoln doit attendre

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Tu ne veux pas savoir où je vais mettre ce doigt

Quand on pense GTA, on pense open world, la problématique pour les développeurs est de donner un sens à ce grand espace. Mafia 3 se lance sur les traces de San Andreas en jouant la carte du contrôle de territoire. Une méthode qui implique une répétitivité lassante, parfois détestable. On empile les missions annexes sans saveur, la plupart des activités de Lincoln se limitent à vider un quartier de ses criminels, piquer suffisamment de pognon ou abîmer suffisamment de biens appartenant à un gang pour ensuite affronter son boss, et distribuer son territoire à l’un de vos capos. L’approche est toujours la même, un peu d’infiltration pour les moins téméraires, les autres se contenteront d’y aller comme des bourrins, dans les deux cas, même en difficile, l’IA est d’une tristesse absolue et se laisse manger toute crue. A l’image des flics qui ne réagissent pas face à un excès de vitesse que même un aveugle aurait remarqué. La palme à l’infiltration où il suffit de répéter ces deux étapes : siffler, égorger. Le minimum syndical a été assuré pour les missions qui précèdent la prise de contrôle, celles qui consistent à faire sortir le loup de sa tanière. Toujours les mêmes dans des zones qui se ressemblent toutes et qui sont mêmes recyclés pour les boss, heureusement que le bayou apporte un peu d’originalité mais où l’activité y est aussi folle que dans le QG de Copé. Un dur labeur qui vient casser tout le rythme du scénario.

Le Mafia qui voulait se faire aussi gros que le GTA

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Haha, je bouge pas mais dans le miroir oui…

Reproduire le quotidien d’un gangster au jour le jour part d’un bon sentiment, sauf quand il se réduit à de la castagne. Sans gestion de nos quartiers, sans quêtes originales pour animer nos quartiers, ici, nous avons des missions dédiés à chaque zone qui se répètent inlassablement (récupérer la drogue du point A et la déposer au point B), la vie de notre Lincoln Clay nous paraît fade. Sans sa pelletée de missions annexes à ingurgiter jusqu’à en avoir la nausée, Mafia III aurait pu briller au firmament des jeux les mieux scénarisés. Coche raté.

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La narration sauvera-t-elle Mafia 3 ?
Pourquoi l’acheter ?
  • Narration & cutscenes
  • Ambiance
  • BO et VO
  • Contexte historique
Pourquoi l’oublier ?
  • Missions aussi répliquées qu'un Playmobil en période de fêtes
  • Lieux et zones là aussi dupliqués et parfois même recyclés pour les boss
  • IA désastreuse
  • Le moteur graphique a déclaré forfait