Test de Planet Coaster

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Date de sortie

Il y a eu Theme Park, il y a eu Roller Coaster et désormais il y a Planet Coaster. Sorti en novembre 2016, il est le fils spirituel de Roller Coaster, Frontier, le développeur originel étant toujours aux commandes (tandis qu’Atari nous a sorti un très mitigé RollerCoaster Tycoon World). Son prix tout doux et l’utilisation importante du Steamworkshop n’est pas sans rappeler Cities Skyline, lui aussi un jeu de gestion, dont le succès est à saluer. Et ce Planet Coaster ne manque clairement pas d’arguments pour convaincre.

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Libéré, délivré

En regardant des screenshots de Planet Coaster, les joueurs seraient tentés de penser que ça n’a pas particulièrement bougé. Pour sûr, jeu de gestion éprouvé depuis un moment, nous sommes sur un rythme très classique entre construction d’attractions, pose de bâtiment et mise en place de décors et routes avec un lot de management et de finance. Mais dès que l’on prend en main l’outil que Frontier a mis à disposition, il n’y a plus qu’à souffler un wahou d’approbation. Dans Cities Skyline, il y a des joueurs qui s’évertuent simplement à faire une jolie ville, faisant fi de la notion même de gestion (et vas-y que je te plante une éolienne aussi puissante que cinq centrales nucléaires). Aux Sims, des joueurs bâtissent des maisons sans y vivre. Dans Planet Coaster, vous construisez un parc d’attractions totalement à votre image, vous êtes maître de votre environnement et à la fin, vous bavez.

Cela commence par un incroyable outil de terraforming qui vous permet de creuser des tunnels, réaliser des canyons, reproduire une tête de mort en forme de pierre ou carrément le mont Rushmore, une liberté qui laisse pantois, voilà que c’est l’imagination qui vient faire défaut ! Planet Coaster, c’est ça, de bout en bout, la conception d’un décor ne s’arrête plus à l’ajout d’un banc sur une route, vous devez gérer jusqu’à la pose d’une fenêtre, d’un pot de fleur, d’une cheminée. Si bien que tous les bâtiments sont uniques, les développeurs annoncent d’ailleurs la couleur, toilettes, fastfood, infirmerie, tout ça n’est qu’un bloc de béton à poser qu’il faut ensuite habiller. Pour vous faciliter la vie, il y a un système de blueprint, une fois que vous avez fini une décoration, vous pouvez enregistrer son plan comme vous pouviez le faire pour une simple structure de montagne russe. Vous pouvez ainsi répliquer des décors, les altérer et les enregistrer à nouveau jusqu’à avoir un panel complet de petits ensembles de décors qui une fois combinés, donnent naissance à des décors encore plus grandioses. Grâce au Steamworkshop, vous pouvez même partager votre parc d’attractions tout entier et vous inspirer de celui des autres : « Ah tien, il a utilisé le fond d’une poubelle en guise de réacteur de fusée, malin. »

Unlimited Coaster

Cette finesse, nous la retrouvons dans la conception des montagnes russes où l’on fait ce que l’on veut, même dessiner soi-même son looping est possible à condition de ne pas se retrouver soi-même la tête à l’envers. Tous les détails sont là, de quel côté se fait l’entrée et la sortie, le nombre de trains, de wagons, etc. Et désormais, le décor vie avec l’attraction grâce à un astucieux système de déclencheurs qui permet à un tentacule de sortir de l’eau au bon moment, ou à un vaisseau d’exploser sous une myriade d’effets spéciaux. Et si votre train de la mine tentait de fuir un éboulement ? Cette personnalisation extrême sera du pain béni pour certains, un malheur pour d’autres. Si vous recherchez un pur jeu de gestion et que passer une journée complète à construire le décor d’une gare vous fait peur, alors il faut passer votre chemin. Mais si vous avez l’âme d’un artiste, il faut clairement foncer. Des rochers qui volent, un vaisseau crashé, une bataille de pirates en pleine mer, la mythique Main Street de Disney, peu importe, vous êtes libre et au fur et à mesure, le jeu se voit agrémenter de nouveaux thèmes.

Cette gestion méticuleuse du décor a bien sûr un impact sur l’environnement, désormais, une file d’attente est notée pour son esthétisme général en plus des notes dédiées à l’attraction elle-même (le trio connu : intensité, peur et nausée) et les décors s’influencent les uns les autres. Au « quotidien », le jeu se veut assez pointu dans le comportement des visiteurs, une route embouteillée et tout le monde se met à marcher au pas, les gamins sautillent et courent partout tandis que les parents voire les grands-parents se cherchent un banc pour faire une pause. Un pont au-dessus d’un grand splash d’une bûche et ils seront arrosés. Nettoyeurs, mécaniciens et animateurs viennent ponctuer ce public dans une ambiance exceptionnelle. Dès lors, monter soi-même dans une attraction ou placer sa caméra à hauteur de piéton vous permet de vivre votre parc en son cœur.

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La nouvelle référence

S’il y a de quoi s’éclater un bon moment, Planet Coaster n’est pas exempt de défauts, d’abord, sa légèreté point de vue gestion peut facilement décevoir : pas de saisons et même pas de pluie alors que cela fait partie des aléas d’un parc, aucun repère sur la carte pour identifier facilement des zones à risque (financier, propreté, satisfaction générale…), un mode bac-à-sable à jouer forcément sans notion pécuniaire, des clics inutiles dans la gestion du staff entre embauches et formations, l’aspect communication qui se limite à quelques options dont le budget est finalement le seul levier pertinent, la recherche et développement en tirage aléatoire plutôt qu’un véritable arbre technologique, etc. Nous pouvons aussi parler de la caméra qui peut rendre fou quand on se balade dans des tunnels et la construction d’une montagne russe souterraine à de quoi donner des sueurs froides.

Ensuite, c’est sa variété, une telle liberté implique certaines concessions, il faut qu’un objet, une montagne russe ou n’importe quoi d’autre se comportent normalement, peu importe les conditions. C’est pourquoi le nombre d’attractions peut sembler encore assez faible, par exemple, le train fantôme qui collerait parfaitement au système de déclencheurs (il est possible d’en faire un ersatz). Cela dit, Frontier le sait et Planet Coaster se vend moins de 40€, le studio ajoute du contenu régulièrement et il y aura sûrement des extensions à thème. Planet Coaster marche clairement sur les pas de Cities Skyline et s’impose déjà comme une référence.