Test de The Evil Within 2

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The Evil Within 2 constitue la suite du survival horror développé par Tango Gameworks sous la direction du concepteur et chef de studio Shinji Mikami. Célèbre pour avoir créé la série Resident Evil et le genre auquel le titre, édité par Bethesda Softworks, a redonné ses lettres de noblesse. Cet opus est-il une réussite à même de combler les fans du premier opus ainsi que ceux de survival horror en général ? Éléments d’explication et verdict ci-dessous.

Suite directe de The Evil Within

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Dans cette suite directe de The Evil Within on incarne encore Sebastian Castellanos. Celui-ci a tout perdu à part son goût prononcé pour l’alcool. On va lui offrir la possibilité de retrouver et de sauver sa défunte fille. Pour cela il va devoir retourner et revivre le cauchemar du STEM où l’attendent des menaces terrifiantes. Ce monde dérangé étant peuplé de créatures hideuses déambulantes parmi les morts.
Devant affronter une terreur inimaginable tout en se battant pour sa survie, Sebastian commence un voyage effrayant au cours duquel il devra faire la lumière sur les mystères entourant cette force maléfique.

Ce scénario est relativement alambiqué, mais on s’y replonge avec plaisir. L’aventure nous offre bien des surprises et même quelques moments de grâce. C’est intrigant (plus que cauchemardesque) et cela parvient à nous immerger facilement dans cet univers torturé qui bénéficie d’une fabuleuse ambiance. C’est glauque, malsain et bien gore : tout ce que j’aime ^^

La mise en scène est diablement efficace et le rythme est soutenu tout au long de l’aventure. On apprécie la qualité de narration ainsi que la variété des situations et des lieux à explorer.

La durée de vie est correcte. Il vous faudra entre seize et vingt heures pour terminer le jeu selon le niveau de difficulté choisie. Et encore un peu plus en faisant toutes les quêtes annexes. Et il y a également un mode replay+ qui permet de refaire l’aventure avec une difficulté encore accrue.

Une direction artistique de bonne qualité

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De jolis effets d’éclairages.

The Evil Within 2 propose un rendu graphique de bonne qualité. On croise de nombreux environnements différents et ils sont plus homogènes que dans le premier opus. On préférera (de loin) les niveaux en intérieur dans la pénombre. On pourra ainsi profiter de l’excellent travail sur l’éclairage dynamique ainsi que certains effets de lumières et de fumées qui sont saisissants.

Au niveau des textures, c’est un petit peu la même chose. C’est-à-dire que c’est de bonne qualité générale et en progrès par rapport à The Evil Within avec des textures fines et bien détaillées dans son homogénéité.

Le travail sur le chara-design est excellent avec un vrai style graphique. Mais on apprécie également les animations convaincantes de ces diverses créatures (surtout les boss). Les cinématiques sont correctes, mais les visages sont un peu rigides et manquent d’expressions au niveau des yeux. Mais là encore, c’est un peu mieux que sur le premier volet.

On apprécie également, une version PC enfin soignée : exit le fov réduit, la limitation de FPS, les bande-noires d’offices, etc… Le studio a appris de ces erreurs sur ces points, ce qui est une excellente chose. On peut, par exemple, mieux paramétrer plein de choses.

Pour finir, l’ambiance sonore est remarquable. Les bruitages sont très convaincants et participent pleinement à l’ambiance générale du titre. Les rares musiques nous immergent également dans cet univers torturé. Et les doublages sont dans l’ensemble convaincants.

Un jeu avec une ambiance excellente

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Une ambiance bien glauque et gore.

On l’a déjà souligné, mais cette suite distille une excellente ambiance. Tout comme son prédécesseur, on est plongé dans certains niveaux très glauques avec beaucoup de sang, de cadavres ou de restes de matières organiques en décomposition. Fervent adorateur de la poésie, ce sont de loin nos environnements préférés et certains sont vraiment marquants.

Pour éviter une trop grande claustrophobie et l’overdose de viscères, le studio a intercalé d’autres niveaux plus conventionnels avec des environnements extérieurs pour que l’on puisse respirer un peu d’air frais. C’est très bien géré et le titre bénéficie en plus d’une mise en scène très hollywoodienne avec moult flash-back.

Dans cette suite on quitte Beacon, le lieu du premier épisode, pour se retrouver dans la bourgade d’Union. On déambulera dans des espaces bien plus grands. Ce monde semi-ouvert casse un peu l’aspect très claustrophobique du premier épisode, mais il est intelligemment implanté. Dans ces phases d’exploration le rythme est forcément plus lent, mais l’aspect oppressant est toujours de la partie en difficulté haute. Car le danger est bien présent.

On a la possibilité en plus de la trame principale de suivre des missions secondaires ou de fouiller des zones afin de dénicher de quoi améliorer notre arsenal et notre personnage.

Le chara-design est, lui aussi, une pure réussite avec des ennemis et des boss aux looks aussi démentiels que dans le premier opus. Le jeu est gore à souhait et les phases de combats sont très sanglantes. Les headshots entraînent l’explosion des têtes de nos ennemis avec de belles gerbes de sang. Cela repeint les murs et même nos habits avec des restes de matières organiques qui dégoulinent de partout. On peut décapiter et démembrer nos ennemis lors d’assauts à la hache et même écraser leur tête une fois l’ennemi envoyé au sol. Un pur régal qui atteint son paroxysme lorsque l’on utilise des grenades (ou mines explosives) dans des espaces clos.

Un TPS au gameplay classique

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Un monde semi-ouvert cette fois-ci.

The Evil Within 2 distille de bonnes sensations de stress car l’insécurité est permanente. Mais on ne peut pas dire qu’il fasse peur (même si cela reste évidemment très subjectif) malgré une immersion très réussit. En effet, le jeu ne joue pas autant sur les jumpscares qu’on pourrait le croire. L’essence même de l’angoisse réside dans l’ambiance et la qualité acoustique qui y sont pour beaucoup.

Le titre propose un peu d’infiltration et pas mal d’action en difficulté normale. Tandis qu’en mode survie nos munitions sont très restreintes ce qui nous oblige à plus favoriser la discrétion. A ce niveau, ou chaque balles comptent, le challenge est au rendez-vous. Même si l’IA de nos ennemis n’est pas très poussée.

Le principe de jeu est simple : il faut parvenir jusqu’à la fin du niveau tout en évitant de mourir par le biais des ennemis mais aussi de pièges cruels. La progression se fait au moyen de checkpoins relativement proches dont la gestion est plutôt bien gérée. Dans les phases en monde semi-ouvert, il faudra par contre trouver un endroit spécifique pour effectuer sa sauvegarde même si le jeu sauvegarde automatiquement par moments.

Lorsque l’on évolue dans un monde fermé, on déambule continuellement dans d’étroits couloirs ou chemins prédéterminés. Le titre ressemble, là, à son aîné avec une approche très cloisonné et dirigiste qui correspond bien au genre du survival horror.

Lors des séquences en monde semi-ouvert, on devra utiliser plus souvent les objets du décor pour se cacher. La discrétion est ici plus récompensée car les possibilités de contourner nos ennemis sont plus nombreuses. On bénéficie d’aides visuelles pour savoir si on a été repéré et même si on est recherché. Soit une course-poursuite poursuite se déclenche, soit on va bravement exterminer la ou les menaces.

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Des Boss toujours bien réussis.

On dirige notre héros avec une vue à la troisième personne. Celui-ci peut courir un court laps de temps, s’accroupir pour rester invisible dans la pénombre ou derrière les éléments du décor mais il ne peut pas sauter. En fait si vous avez déjà joué à un Résident Evil vous ne serez pas trop dépaysé.
Si on arrive discrètement derrière un ennemi, on peut lui infliger une mort instantanée. Et il faudra souvent faire attention à ne pas nous faire détecter pour éviter les combats et préserver ainsi nos précieuses munitions.

On en récolte des quantités limitées tout au long du niveau. On peut crafter certaines munitions à la volée (ce qui casse un peu le truc quand même) si on dispose des éléments adéquats. Mais le plus souvent on passera par un établi afin de fabriquer des munitions donc mais aussi pour améliorer les armes récupérées dans le jeu. On peut également améliorer les compétences de notre personnage en récoltant des substances organiques que nos ennemis laissent échapper à leurs morts. Pas via cet établi, mais par le biais d’un système équivalent dans nos repaires. Les différents arbres de compétences permettent de bénéficier d’un héros plus efficace et performant. Ce système est bien huilé et bien implanté dans le jeu. Il permet de valoriser l’exploration.

Lorsqu’un combat s’engage, on dispose de plusieurs armes : pistolet, fusil à pompe, grenade, une arbalète avec plusieurs types de carreaux (explosifs, électriques, immobilisant, aveuglants et harponneurs), etc… Cela reprend le principe du premier opus sauf que l’on peut maintenant switcher plus rapidement d’armes grâce à un système de raccourcis prédéfinis (enfin !).

Des affrontements sanglants et divertissants

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Ça va saigner !

L’idée générale est de toujours favoriser l’headshot pour faire le plus de dégâts possible. Nos ennemis avancent assez lentement et l’on a généralement le temps de bien viser si on est bien préparé. C’est-à-dire si on a rechargé nos armes et si notre jauge pour courir n’est pas vide. Par contre, il y a un nouveau système qui rend notre arme peu stable, il n’est pas rare au départ de rater la tête à deux mètres plusieurs fois d’affilée. C’est perturbant, mais on s’y fait et l’on peut aussi améliorer notre compétence afin de rendre la visée plus stable par la suite.

Pour ceux qui viennent plus vite vers nous, une balle dans la jambe les ralentira ou les mettra au sol. On pourra les tuer définitivement en écrasant leurs têtes. Les niveaux proposent toujours des pièges qui sont autant mortels pour nous que pour nos adversaires. On peut tous les désactiver si on est vigilant mais on peut aussi s’en servir en attirant un ennemi vers eux. Beaucoup de passages sont pensés ainsi.

Au niveau du bestiaire c’est un peu plus diversifié que pour le premier opus. Mais leur IA est toujours déficiente. On l’a dit, si on est bien armé (c’est souvent le souci majeur^^) ils ne sont pas très dangereux car ils avancent assez lentement. Par contre, s’ils nous attrapent ils font pas mal de dégâts. Lors des séquences d’infiltrations, l’on se dira le plus souvent qu’ils n’ont vraiment que deux neurones. Et lorsqu’ils foncent droit dans des pièges visibles pour venir vers nous on sera définitivement convaincu qu’ils n’ont pas de cerveaux du tout. Et pour le coup cela sera vraiment le cas car il aura explosé.

De nouveaux types d’ennemis font leur apparition, et certains sont plutôt bien trouvés. Il faudra par exemple, éviter de s’approcher trop prêt du « fantôme rayonnant ». Mais si vous voulez un minimum de challenge le mode de difficulté survie nous semble plus adapté pour bien profiter du jeu.

Les boss sont toujours présents et tout aussi mémorables que dans le premier épisode. On apprécie la diversité des actions à faire et la montée d’adrénaline que cela procure. Ils font partis des grands moments que le jeu nous procurera car c’est une réelle lutte stressante que d’en venir à bout.
Au final, le sentiment d’insécurité est omniprésent car les situations sont variées et que les dangers mortels ne sont jamais bien loin. On apprécie que le gameplay se renouvelle avec des séquences d’infiltration, des combats sanglants, des courses effrénées, un jeu de cache-cache en monde semi-ouvert, une lutte pour notre survie ou encore des combats acharnés contre les boss. Tout n’est pas parfait, mais le rythme est très soutenu du début à la fin de l’aventure.

The Evil Within 2 réussit pleinement son pari, celui de nous proposer un survival horror de grande qualité. Le titre dépasse, selon nous, son prédécesseur déjà très bon sur de nombreux points. En effet, Tango Gameworks a su corriger la plupart des petites zones d’ombres de The Evil Within. Pour nous concocter une suite plus aboutie et surtout plus homogène, tout en sachant garder les éléments qui ont fait le succès de la franchise initiée par Shinji Mikami.


The Evil Within 2 distille une ambiance bien glauque et malsaine par moments. Le tout étant saupoudré par une bonne dose de gore. On s’immerge totalement dans ce monde torturé et l'on ressent de bonnes sensations de stress car l’insécurité est permanente (en difficulté haute). Cette excellente ambiance est accentuée par un travail sur le son remarquable. Ainsi que de jolis graphismes en adéquation avec nos bécanes de compétitions.


Tout n’est pas parfait, avec une IA faiblarde notamment. Mais dans l’ensemble on passe un excellent moment dans cet univers. C’est pourquoi on peut vous recommander chaudement The Evil Within 2 qui constitue une suite réussie et un survival horror de grande qualité.

Pourquoi l’acheter ?
  • Excellente ambiance
  • Direction artistique et mise en scène
  • Le design sonore
  • Gore
  • Monde semi-ouvert bien implanté
  • Gameplay mieux peaufiné
  • Les Boss
  • Une suite qui dépasse son aîné
Pourquoi l’oublier ?
  • IA pas terrible
  • Bestiaire peu développé depuis le 1