Test de La Terre du Milieu : L’Ombre de la Guerre

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La Terre du Milieu : L’Ombre de la Guerre constitue la suite directe de L’Ombre du Mordor sorti il y a trois ans. Comme son nom l’indique, le jeu se déroule dans l’univers imaginé par J.R.R. Tolkien. Il s’agit d’un TPS mêlant action et aventure dans un monde ouvert. C’est toujours édité par Warner Bros Games et développé par Monolith Productions. Le premier opus faisait office de bonne distraction malgré une grande répétitivité. Il avait tout du titre « kleenex » que l’on apprécie rapidement mais que l’on oublie presque aussi tôt une fois terminé. Ce nouvel épisode a-t-il su corriger les défauts de son aîné ? Et parvient t’il a conquérir un plus large public ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.

Un scénario un peu plus intéressant

Image de Middle-earth : Shadow of War
Un scénario plus épique !

Cette histoire n’a toujours pas été écrite par J.R.R. Tolkien dans un de ces recueils. C’est le studio qui a imaginé cette aventure située entre les événements du Hobbit et ceux du Seigneur des Anneaux. Les fans risquent de s’arracher les cheveux sur de nombreuses libertés que le studio s’est octroyé pour façonner cette histoire qui fait office d’introduction au seigneur des anneaux. Et on devra encore une fois affronter la pleine puissance du Seigneur des Ténèbres Sauron et de ses Nazgûl dans cette nouvelle histoire bien plus épique que l’ombre du mordor.

On retrouve notre duo inséparable Talion/Celebrimbor ainsi que divers personnages cultes comme Gollum, Arachné, Isildur, le Roi Sorcier et Sauron forcément.

Talion, notre personnage principal manque toujours de charisme. On y préférera notre acolyte qui lui possède une réelle profondeur. Et qui, par son passé et son rôle dans l’histoire, est bien mystérieux et donc bien plus intéressant.

Cette aventure vous occupera en moyenne une bonne trentaine d’heures. Cela peut s’étendre à la quarantaine selon votre façon de jouer, le niveau de difficulté et la volonté (ou non) de finir le jeu à 100%. On notera que la fin est bien plus intéressante et maîtrisée que dans l’opus précédent.
Cela ne casse pas des briques, il y a pléthore de fan service tout au long de la narration, mais c’est quand même en progrès au niveau du scénario ainsi que sur l’atmosphère ressentie.

Une direction artistique de qualité

Image de Middle-earth : Shadow of War
Un portage PC de qualité.

La Terre du Milieu : L’Ombre de la Guerre est un jeu à 100gigas. Cela commence à faire. On peut descendre à 80 si on ne télécharge pas les cinématiques en 4K. Et à 70 sans les textures HD (utilisables qu’au niveau ultra). Sans la fibre, c’est assez long à télécharger. Petite mésaventure, le studio a sorti un premier mini-patch alors que je n’avais pas terminé le donwload. Je n’ai pas pu récupérer les 70% déjà téléchargés et j’ai été obligé de recommencer de 0. Un jour et demi de téléchargement pour rien… Deuxième patch, mes sauvegardes ont été perdues ! Enfin, il a fallu revenir trois heures en arrière pas du début. J’ai adoré…

Bref, sinon le jeu propose plus d’environnement variés que l’ombre du mordor. Il y a cinq grandes régions à la végétation différentes, dans l’épisode précédent seulement deux. Alors oui, cela fait toujours un peu comme si seulement un skin différent avait été apposé sur ladite région mais c’est plus varié visuellement. Cela reste malgré tout le mordor, c’est donc par moments assez vide. On apprécie, toutefois, la qualité de l’architecture des différents bâtiments qui est très proche de celle des différents films. Cela constitue un gros plus !

Cette version PC bénéficie d’un travail de qualité au niveau de son rendu visuel. Les textures sont fines et bien détaillées (heureusement avec un pack à 10gigas lol), les différents effets de lumières sont convaincants et les animations des différents personnages ne souffrent pas de tares.
On apprécie la possibilité de pouvoir régler pleins de choses comme on l’entend. Il n’y a pas beaucoup de bugs. Le travail n’est donc pas bâclé et au contraire il est bien peaufiné.

Au niveau sonore, les doublages sont réussis en anglais. J’ai moins joué avec les voies françaises, mais cela semblait correct. Les bruitages et les musiques permettent d’assez bien s’immerger dans cet univers très particulier.

Assassin’s Creed 2 dans La Terre du Milieu

Image de Middle-earth : Shadow of War
Pèlerinage en Mordor.

Monolith Productions a repris le gameplay du premier épisode qui constitue un pompage de la franchise Assassin’s Creed dans ses déplacements. On peut effectivement faire grimpette sur les murs, effectuer des sauts de la foi (sans dégâts de chute), activer des tours (Borgia) pour se déplacer ensuite plus rapidement dans les diverses zones proposées. Si vous avez déjà joué à l’opus précédent ou un des titres de la saga phare d’Ubisoft vous ne serez pas dépaysé et la prise en main sera très rapide.
On possède également une vision astrale qui permet de visualiser tous les ennemis situés aux alentours ainsi que leurs déplacements à travers les murs. On pourra aussi détecter des éléments à récolter plus facilement, et divers pièges à déclencher.

En effet, on a toujours la possibilité, dans les baraquements ennemis, de tirer nos flèches sur des feux de camps (avec de la poudre spéciale) afin de les faire exploser. Mais aussi sur des réserves de grogs, que l’on peut également empoisonner en se faufilant discrètement. On trouvera aussi des nids de guêpes et d’araignées ou encore des pans de mur friables qui ne demandent qu’à s’effondrer sur nos adversaires. Ou alors pourquoi ne pas faire participer à la fête des caragors (lointains cousins des Wargs) en les libérant de leur cage (une flèche pour casser le cadenas) ou en décrochant des barbaques de viandes suspendus pour les attirer.

Tout cela est très similaire à l’opus précédent. Cela a comme mérite de diversifier un peu les combats et les techniques de diversions lors des séquences d’infiltrations. De plus, certains capitaines seront plus sensibles à tels ou tels types de dégâts (feu, guêpes, caragors, etc.…) et donc plus facile à abattre.

Sinon comme dans un Assassin’s Creed classique on peut escalader des bâtiments pour ensuite effectuer des exécutions aériennes ou pour faire tomber des victimes trop proches des rebords. Évidemment, il y a aussi un système au sol pour se dissimuler dans des herbes hautes et pour procéder au même type de mise à mort.

Mais si le jeu propose quelques séquences d’infiltration, le principe général repose sur du combat bien bourrin.

La recherche d’objets et toutes les missions ont un réel intérêt dans la progression de notre personnage. En effet, on gagnera ainsi de l’XP, des points d’expérience et de pouvoir que l’on pourra dépenser pour améliorer nos caractéristiques, nos armes (épée, arc et dague) et aussi pour débloquer de nouvelles compétences. Il y a également un système de runes, lâchées çà et là par des capitaines occis, que l’on peut incorporer à nos armes.

Cela donne un petit aspect RPG au titre et c’est plutôt bien pensé. L’exploration devient ludique car elle permet de rendre notre personnage de plus en plus puissant. Toutes les missions revêtent donc un réel intérêt même si l’on n’est pas obligé de les faire.

Batman 2 dans la terre du milieu

Image de Middle-earth : Shadow of War
Toujours bien sanglant.

L’Ombre de la Guerre reprend le gameplay de son prédécesseur qui est globalement le système de combat développé par Rocksteady dans les derniers Batman. Et là encore, si vous avez déjà joué à un de ces titres vous ne serez pas dépaysé et la prise en main sera très rapide.

Les scènes de combats sont relativement simplistes. On vise un adversaire puis un seul clic gauche pour donner un coup, après en cliquant encore une fois on enchaîne contre le même ou un autre ennemi. Batman, euh pardon Talion, assène alors les coups dans un ballet sanglant. On devra aussi contrer dans le bon timing (c’est large) un ennemi spécifique avec un clic droit, sauter par-dessus lui pour le frapper dans le dos lorsqu’il a un bouclier, etc.…

Le studio ne s’arrête pas là et reprend aussi le concept de coup fatal dès que l’on atteint 8 combos (5 par la suite). Et on peut aussi utiliser un lancé rapide de lames qui remplacent les batarangs. Bref, comme un sentiment de déjà-vu.

L’arbre de compétence est plus complet et varié que dans l’ombre du mordor. On peut donc mieux affiner notre façon de combattre. Au départ assez limité, notre (nos) héros devient vite un foudre de guerre avec moult pouvoirs et compétences. On finit par livrer des combats ressemblant à une divine chorégraphie mortelle. La courbe de progression et d’apprentissage est assez rapide car on monte vite en niveau.

Pour autant, ce mécanisme est très bien rodé et il est, selon moi, encore plus amusant que dans Batman. Car déjà, il y a beaucoup plus de pouvoirs à débloquer et à utiliser durant ces rixes. Le plaisir se renouvelle continuellement et tout au long de l’aventure. Et heureusement, car au final cela reste quand même très répétitif si on ne modifie pas nos techniques de combats. On pourra, par exemple, remplacer les exécutions spéciales par des marquages. Il s’agit d’un pouvoir spectral qui permet de transformer un adversaire en un allié.

Si le chevalier noir ne tue pas ses opposants ce n’est pas le cas de Talion qui lui adore les décapiter. Les combats sont donc sanglants avec une panoplie de mise à mort hyper stylée et bien gore. On ressent une réelle sensation de puissance et, avec un peu d’entraînement, on effectue des combinaisons dévastatrices qui s’enchaînent en toute fluidité. C’est une réelle chorégraphie sanguinolente pour notre plus grande satisfaction.

On terminera en mentionnant la difficulté qui dans son dernier mode est enfin un peu plus présente. Ce qui nous obligera a plus de prudence car cela devient vite punitif. Les autres modes sont très bourrins car il n’y a pas de réelle résistance en face de nous.

Les affrontements sont donc assez similaires à l’opus précédent, même s’il y a un peu plus de variété grâce à un arbre de compétence plus étoffé.

Némésis 2 dans la terre du milieu

Image de Middle-earth : Shadow of War
Un vol à dos de dragon : c’est beau.

Ya un truc que le studio n’avait pas trop pompé à la concurrence : c’est son fameux système Nemesis. Un système d’univers persistant qui permet à chaque ennemi de posséder un visage unique, sa propre personnalité et des forces et des faiblesses spécifiques. Toutes vos actions et vos décisions sont mémorisées dans cet environnement évolutif.

Par exemple, si vous perdez ou si vous fuyez un capitaine lors d’une rixe, il vous chambrera à votre prochaine rencontre, tout comme il vous rappellera qu’il vous a déjà vaincu quand c’est le cas. C’est vous qui ferez circulez des rumeurs dans les rangs adverses en montant souvent des caragors ou en utilisant votre arc pour effectuer des mises à morts silencieuses. Vous engendrerez surtout des ennemis jurés spécifiques. Et vous favoriserez les évolutions dans l’armée de Sauron et dans la vôtre.
Ce système donc devient plus présent et bien plus poussé. Les opposants font parties de différentes tribus. Notre personnage dispose d’un anneau de pouvoir (pauvre fou !) qui lui permet de prendre le contrôle de diverses entités : du caragor basique en passant par un animal géant et même un lointain coussin du dragon. On pourra donc combattre avec eux, ce qui est très amusant par moments.

Mais surtout, le système de hiérarchie s’étoffe. Car on peut s’adjoindre les services d’un ennemi, l’envoyer comme espion pour infiltrer plus facilement une forteresse, s’en servir comme garde du corps. Le faire évoluer dans notre armée ou bien le battre pour le déshonorer afin qu’il baisse de niveau et conserve une marque sur le visage, etc.…

Cela engendre diverses petites histoires dans le jeu, car le monde et ses personnages évoluent avec nous. Certains pourront se retourner contre nous, revenir d’entre les morts avec des prothèses (lol) et nous raconter leurs malheurs depuis notre dernière rencontre. C’est vraiment particulier, difficile à bien décrire, mais cela constitue une des plus belles réussites du titre par le sel que cela apporte à notre partie. En nous offrant de petites histoires personnelles et uniques avec chaque ennemi et chaque partisan.

Une des dernières nouveautés réside dans la prise de contrôle de diverses forteresses lors de grandes batailles avec notre armée. On peut par la suite choisir un chef dans nos rangs pour garder cette forteresse. On peut aussi l’améliorer, un peu, au niveau des défenses, tout comme on peut aussi la reperdre. C’est plutôt bien réussi aussi, même si sur la fin du jeu on ne fera plus que ça…

La Terre du Milieu : L'Ombre de la Guerre constitue une suite de qualité à L’Ombre du Mordor. Si vous avez bien aimé le premier opus, vous devrez bien aimé celui-ci également.


Toutefois, le studio s’est plus préoccupé à rendre son titre plus dense qu’à réellement corriger certaines de ces faiblesses. C’est plus grand, plus varié avec un peu plus de choses à faire, mais fondamentalement cela reste répétitif sur de nombreux aspects.


Malgré tout, on prend toujours plaisir à décapiter des orcs par milliers le temps de l’aventure. C’est pourquoi on peut vous le conseiller franchement surtout lors de promos.

Pourquoi l’acheter ?
  • Plus dense, plus varié, plus épique
  • Durée de vie
  • Toujours bien bourrin
  • Prise en main immédiate
  • Le système Némésis
  • Portage PC réussi
Pourquoi l’oublier ?
  • Les patchs de la mort...
  • Toujours répétitif
  • Le dernier acte ennuyeux
  • Des dialogues interminables
  • Je doute que Tolkien aurait validé ^^