Jeu vidéo / Railway Empire
Date de sortie
Moteur
-
Mode de jeu
Types de jeu
Simulation, Stratégie
Image de Railway Empire

Test de Railway Empire

Après Gambitious et ses Train / Transport Fever, c’est autour de Gaming Minds Studio de se lancer dans le pari fou de relancer la gestion de tchou-tchou. Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’un remake des deux jeux susnommés mais plutôt de la série Railroad Tycoon avec une grosse dose d’inspiration fiévreuse tout de même. Vous avez perdu un wagon ? Alors revoyons cela dans le détail.

Assemblage

Railway Empire vous renvoie à la conquête de l’Ouest américain, c’est vu et revu et l’on regrette déjà de ne pas avoir des scénarios européens ou encore plus fou, un thème sur l’Asie avec le Japon et la Chine qui ont eux aussi posé des rails dès le XIXe siècle. Pourtant, la manière de concevoir les cartes s’y prêtent plutôt bien, en effet, vous ne jouez pas sur une carte complète des USA mais sur un lot de cartes uniques qui, pour s’appauvrir, s’arrêtent aux frontières : les cartes à proximité du Mexique ressemblent à des terrains vagues.

Peu importe, on se lance dans un scénario ou dans une partie libre où vous pourrez choisir votre point de départ. Et c’est parti, vous suivez les consignes que l’on vous donne : rejoindre telle ville, transporter n tonnes de légumes, etc. etc. afin de marquer des points ou avoir des primes (c’est bien l’argent). Très vite, on reconnaît la patte Transport Fever, pas de camion ou d’avion à gérer mais nous pouvons acheter les fermes et usines. Elément intéressant, vous pouvez en faire autant dans les villes, si bien que vous pouvez facilement composer votre réseau ferré avec votre réseau d’entreprises. Si vous êtes à même de briser votre tire-lire, vous pourriez vous embarquer dans l’ambitieux choix de racheter une usine pour la détruire et la remplacer par une autre qui convient mieux à votre projet économique. C’est en cela que le jeu se rapproche davantage de Railroad Tycoon, l’argent est au centre de vos préoccupations, pourquoi ne pas laisser cette ferme à l’abandon pour la racheter durant des enchères et décupler sa valeur en la connectant à votre réseau ? Et si vous alliez spéculer en bourse en tentant une OPA sur votre concurrent ?

Le plaisir ne se trouve pas vraiment dans la pose de rails, le système est toutefois plus accessible que la gamme Fever. Pour peu que l’on s’y attarde, il est possible de gérer ses trains avec finesse : choix du quai au passage en gare ou nombre de wagons affectés à chaque gare, vous connaissez même le taux d’occupation de chacun de vos rails. Quelques incongruités peuvent rendre fou le magnat que vous êtes, la quantité par exemple, elle est globale au train, pas au matériel que vous souhaitez transporter. Si vous prenez du blé à Santa Fé, il faudra limiter votre train à 4 wagons, puis du charbon à la mine suivante, limiter le train à 8 wagons pour avoir 4 wagons de charbon. L’exercice m’ayant donné mal au crâne, j’ai pris un gros cigare et j’ai acheté deux trains plutôt qu’un.

Plus accessible que son concurrent

Globalement, le jeu est accessible, l’interface est claire une fois que l’on a bien compris où les développeurs ont voulu nous emmener : la simplicité. Vos lignes ne sont qu’une simple liste indiquant pour chacune le revenu hebdomadaire, un clic sur une ligne et vous pouvez acheter une nouvelle loco pour pousser la précédente vers une retraite bien méritée. Pas besoin pour cela d’envoyer votre train à l’entreprôt, etc.

Les besoins d’une ville sont clairs et il est aisé de la faire s’accroître, d’autant qu’elle n’a pas besoin de vous pour le faire, si une ferme est présente à proximité, il n’est pas nécessaire de la relier pour que la ville puisse en profiter (mais ce sera rentable et plus efficace de le faire quand même. Placer une gare au milieu des habitations ne vous oblige pas à revoir les routes et les expropriés se relogent immédiatement. L’améliorer est donc là aussi consternant de facilité. Pour rehausser la difficulté, le vecteur est l’entretien, il faut placer les bons bâtiments aux bons endroits pour que le train ne vous pète pas un essieu en plein parcours et il faut jouer avec le staffing (chauffeur, ingénieur, gardien…) pour obtenir une rentabilité maximale tout en jonglant avec l’humeur de vos employés.

Railway tente l’arbre technologique et comme les développeurs n’ont pas voulu faire les choses à moitié, nous avons deux tableaux. Le premier est consacré au rail et aux trains tandis que le second s’attarde sur l’entreprise elle-même. Cela permet de rajouter une petite touche de stratégie et de s’orienter vers des spécialisations entre marchandises et passagers, du moins en début de partie car vous arriverez à faire les deux au bout du compte.

Image de Railway Empire

Manque d’ambition et quelques écuelles

Railway Empire manque d’un peu d’ambition, la taille des cartes ne vous donnent du grain à moudre que pour une petite dizaine d’années (quand le jeu propose un siècle d’histoire), le prix des biens n’évolue pas vraiment en fonction de l’offre et de la demande et ne subisse pas non plus les effets d’événements majeurs, les villes se limitent à trois usines et un bâtiment spécial (améliorant la recherche ou l’affluence). L’interface s’avère un peu grosse sur ordinateur : on ne peut pas voir plus de 7 lignes à l’écran, la recherche se mange un gros encart descriptif qui pollue l’esprit, les gares sont à gérer une par une et il n’y a pas de résumé clair (nombre de voies, présence d’un atelier de maintenance). Il y a des gares « entrepôt » mais il n’est pas possible de combiner les deux et on retrouve aussi certaines bizarreries de Transport Fever, une gare ne peut avoir plus de 4 voies, il faut en construire une deuxième.

Plus accessible, et peut-être plus ludique si vous n'êtes pas un fan de gestion d'aiguillages, que Transport Fever, Railway Empire emprunte beaucoup à son concurrent mais aussi à son mentor Railroad Tycoon. La campagne ne vous occupera qu'une douzaine d'heures et il faudra ensuite enchaîner sur les scénarios libres ou le mode bac à sable. Dommage, le jeu se cantonne à un siècle d'histoire du train, de 1830 à 1930 et ses petites cartes sont USA centristes. Un éditeur est en place et fait pas mal de choses, pour le moment, la communauté teste donc difficile de dire si la sauce prendre à ce niveau-là. À vous de voir si vous montez dans le train.

Pourquoi l’acheter ?
  • Très accessible
  • Réussi plutôt bien sur chaque aspect du jeu
  • Joli et bien optimisé, c'est toujours bon à prendre
Pourquoi l’oublier ?
  • Manque d'ambition
  • Incomplet sur chaque aspect du jeu
  • Trop simple