Jeu vidéo / Payday 3

Date de sortie
Développeur
Starbreeze Studios
Éditeur
Deep Silver
Modes de jeu
Type de jeu
Tir
Thème du jeu
First Person Shooter
Image de Payday 3

Test de Payday 3

Payday 3 revient, environ dix ans après le deuxième opus, pour nous offrir de nouveaux braquages en ligne. C’est maintenant développé par Starbreeze Studios et édité par Deep Silver. A priori, c’est plus ou moins la même équipe qui est aux fourneaux, car Overkill Software a été racheté, il y a un moment déjà, par Starbreeze. Le studio a connu bien des déboires avec son dernier jeu Overkill’s The Walking Dead. Payday 2 et ses 240 updates, lui ont probablement bien sauvé les miches. L’argent du nouvel éditeur également et tout ce beau monde attend forcément que Payday 3 soit une vache à lait du même acabit. Pour nous les joueurs, on espère que ce nouvel opus relèvera brillamment le challenge de proposer un gameplay coopératif encore plus poussé que son aîné qui nous avait bien émoustillé. Défi réussi ? Éléments d’explication et verdict ci-dessous.

Payday 3

Il n’y a pas vraiment d’histoire dans la franchise. On a bien droit à quelques cinématiques, du pauvre, afin ne nous présenter quelques personnages, mais globalement ce n’est pas très intéressant.

Le titre ne propose pas de campagne. C’est un jeu qui reprend très largement les bases de gameplay de Left 4 Dead pour l’adapter dans l’univers des braqueurs de banque qui font face à des vagues de forces de l’ordre.

Le jeu se veut un shooter coopératif jouable en ligne à quatre joueurs. Il n’y a plus la possibilité de jouer seul avec des bots pour compagnons or ligne. Je n’ai jamais compris pourquoi, mais il paraît qu’il y avait des amateurs…

On se retrouve donc dans la peau d’un braqueur de banque. Et l’on devra faire face avec nos trois acolytes à huit braquages qui proposent différents scenarii (braquer une banque, une bijouterie, une boîte de nuit, etc)…

Les lieux sont nouveaux, mais forcément ce sont des thèmes récurrents dans la franchise.

Les cartes sont un peu plus grandes que dans Payday 2, mais on reste globalement dans la même catégorie de surface. On ne retrouve pas la préparation des objectifs sur plusieurs jours et donc les mini-braquages. Ce n’est pas plus mal, je n’avais pas trouvé cela très récréatif. On a en conséquence un braquage complet sur une seule journée et sur le même lieu avec une carte de taille correcte.

Cela ne fait pas beaucoup de braquages différents au lancement. Mais la re-jouabilité est là, si vous adhérez au concept. Car les emplacements des divers objets et personnes que l’on doit trouver varient au sein d’une même mission. Ce n’est pas fou, et c’est présent depuis le premier épisode, mais c’est toujours mieux qu’un scénario scripté de A à Z.

On rajoutera que le niveau de difficulté changera également notre ressenti sur les parties. Qu’il y a toujours le système d’infiltration ou de bourrinage. Et avec le système d’XP et de personnalisation plus poussée : faire et refaire toujours les mêmes braquages n’est pas trop gênant. C’est le principe même de tous les titres du même genre.

Un nouveau moteur graphique à la pointe pour un visuel daté

Je pensais avoir compris que le titre a été développé sous Unreal Engine 4 et qu’il passerait sous Unreal Engine 5 via une mise à jour post lancement. Mais à priori, Payday 3, selon sa page Wikipédia, tournerait déjà sous la version 5 du célèbre moteur graphique d’Epic.

Bref, tout cela pour dire que cela ne se voit pas spécialement. Graphiquement, on est très loin d’une claque visuelle. Et on aurait pu espérer un réel bond technologique, mais face à Payday 2 l’update graphique n’est pas fou.

Malgré tout, le rendu est très propre, tout est parfaitement lisible à l’écran. Les textures sont fines et de bonnes qualités. Les animations des différents personnages sont très datées et pas fluides du tout. Nos braqueurs vont vite devoir prendre leurs retraites à cause de toute cette arthrose. Ah, mais c’est le cas aussi des forces de l’ordre…

Il n’y a pas d’effets next-gen, à part la gestion de particules sur les grenades incendiaires. La fumée, souvent utilisée, reste crédible. C’est vraiment très épuré comme pour les deux premiers opus à leur sortie.

Alors, évidemment c’est loin de ce que l’on peut admirer sur d’autres titres, mais cela accomplit parfaitement son œuvre pour un FPS mettant en scène autant d’action.

Par contre, au vu de ce qui est affiché à l’écran, le titre n’est pas très bien optimisé. Il peut y avoir des freezes ou des ralentissements avec de belles chutes de framerates (notamment lors de l’explosion d’une grenade).

J’ai rencontré également pas mal de bugs, les plus ennuyeux étant ceux qui crashent totalement la partie et nous ramènent à l’écran titre. La finalisation n’est pas au rendez-vous, on pense plus à une version bêta en l’état.

Le gros point noir réside dans un matchmaking totalement à l’ouest. C’est encore plus aggravant, car c’est un titre exclusivement multijoueurs. Il m’a été complètement impossible de rejoindre des parties au lancement du jeu. On attend des plombes avant de trouver un autre joueur. Et on se retrouve souvent à faire des parties en ligne uniquement avec des bots comme compagnons.

Si vous n’avez pas d’amis ou de connaissances du même niveau, qui veulent jouer au même gametype et au même niveau de difficulté que vous… bon courage ! Totalement inacceptable !

Un gameplay sans nouveauté

Alors oui, Payday 3, c’est totalement comme Payday 2. Il n’y a pas de nouveautés au niveau du gameplay. La seule chose que j’ai noté, c’est le « mini-jeu » pour crocheter une serrure. C’est peu lol.

Le système de développement de notre joueur a évolué (pas spécialement pour le mieux). Chaque arme gagne un niveau si on effectue beaucoup de kill avec elle. On peut ensuite, lui adjoindre des mods afin d’améliorer nos viseurs, notre poignée, nos chargeurs, etc. Il y a pas mal de trucs à débloquer. Cela m’a rappelé le système de Battlefield 3 et/ou 4.

Notre personnage gagne de l’XP en remplissant des défis. On peut ensuite utiliser nos points dans des sortes d’arbres de talents. Il y a pas mal de choix.

On récolte enfin de l’argent selon notre réussite ou non (et selon le nombre de sacs que l’on ramène) lors des braquages. On utilisera nos deniers afin d’acheter de nouvelles armes, mods et gadgets. Si on les a débloqués auparavant. Il y a aussi plein d’objets de customisation à acquérir (masques, gants, peinture pour pimper nos armes, etc.).  

Ce système est bancal. Je préférais celui de l’épisode 2. Alors oui, cela fonctionne (au début) car après chaque partie, on progresse et on récolte pas mal de nouveaux trucs pour nous aider dans notre tâche. Cela m’a même rappelé un peu le principe d’un roguelike sur ce point.

Par contre, pour les armes, il faut vraiment farmer longtemps pour tout développer. Ensuite, c’est gênant de ne pas gagner d’XP en réussissant un casse. Et cela induit des comportements pénibles en ligne selon les joueurs avec qui vous jouerez (si vous pouvez en trouver bien sûr). Il y a des bugs, mais aussi des giltchs qui sont utilisés afin de progresser plus vite. Vos partenaires peuvent se ficher totalement de l’objectif avec seulement l’idée de faire évoluer leurs taches dans les défis.

Ce jeu sans amis : c’est une plaie ! Dans Payday 2, je ne ressentais pas cela du tout (j’y ai joué une centaine d’heure).

Un gameplay copié/collé mais efficace

Le studio n’a pas pris la peine de faire évoluer son titre d’un iota. Je vais me la jouer grosse feignasse moi aussi et reprendre des passages de mon test de l’opus 2 qui sont encore d’actualité afin de préciser le déroulement des parties.

Le gameplay reprend le concept des deux premiers épisodes et de Left 4 Dead. Il faudra coopérer et rester le plus souvent groupé pour pouvoir sans sortir. Les hordes de zombies sont remplacées par des hordes de forces de l’ordre. En général, ces derniers sont débiles et faciles à tuer, mais ils visent très bien et ils sont très nombreux. Quand ils lancent un assaut, ils utilisent des bombes fumigènes et aveuglantes pour cacher la progression de leurs troupes. Pour y faire fasse, on dispose d’un bel arsenal, et nos armes procurent de bonnes sensations.

Il y a aussi des spéciaux, un peu comme les infectés. On en comptabilise trois : le premier utilise un taser, et il vous immobilisera si un associé ne le descend pas. Le deuxième vous foncera dessus pour vous maintenir au sol. Et le troisième change un peu avec cet opus. Il s’agit d’un bulldozer, un sac à PV incroyable, qui utilise un minigun. Il faudra vider de nombreux chargeurs. Ou bien utiliser une arme spéciale que l’on ne peut pas posséder constamment et qui a des munitions limitées comme le lance-grenade. Il me semble que c’est une nouveauté et bien la seule de ce troisième opus.

Nos acolytes sont entourés par un halo lumineux pour que l’on puisse les localiser à travers les murs. Idem, pour les objectifs à accomplir et les divers sacs de vie, d’armures (nouveauté) ou de munitions. Il y a beaucoup plus de hordes que dans Left 4 Dead, les combats sont presque incessants. L’action est vraiment intense.

On résiste assez bien aux dégâts, si l’on ne reste pas trop longtemps sous le feu nourri de l’ennemi (ce qui n’est pas toujours évident selon le niveau de difficulté). Chaque braqueur peut avoir des sacs en début de partie, à lui de voir s’il préfère l’utiliser pour y mettre des munitions, de l’armure ou des soins. Une fois déployé au sol, ce sac de ravitaillement peut être utilisé par tous les membres de l’équipe. Mais il ne peut pas être déplacé, et son contenu n’est pas illimité. Il faudra donc l’utiliser à bon escient.

Si vous vous retrouvez à terre, un coéquipier devra venir vous relever assez rapidement. Sinon, il faudra attendre plusieurs minutes avant de pouvoir réapparaître. Ce délai diminue si vous ne tuez pas de civils innocents. De plus, vous pouvez faire quelques otages en les attachant. Ces derniers sont dociles, restent là où vous les avez immobilisés. Vous pourrez les utiliser en monnaie d’échanges contre un de vos coéquipiers détenu (abattu). Il faudra, là aussi, les placer à des endroits stratégiques, car les policiers peuvent les libérer, si vous ne les surveillez pas.

Il y a toujours la possibilité de faire les braquages en mode infiltration. Depuis le temps, on aurait aimé pouvoir choisir de rejoindre directement une partie utilisant ces règles (ou pas) au lancement. Ce n’est pourtant pas possible : c’est fou quand même.

Dans ce gametype, on peut réussir un braquage sans tuer personne. Mais, il faudra veiller à ne pas se faire repérer par les civils, vigils ou les caméras de sécurités. Pour y parvenir, il faut bien connaître le niveau et les emplacements des divers pièges qui nous attendent. On peut par exemple neutraliser ou tuer les gêneurs en faisant preuve de discrétion (on va éviter la Kalachnikov). Il faudra ensuite cacher leurs corps pour les dissimuler. Il faudra aussi veiller à répondre au talkiewalkie du garde éliminé.

Évidement, si un de nos acolytes se fait remarquer, c’est foutu, il faudra utiliser la force. En général, l’hébergeur relance la partie. Je n’ai jamais trop apprécié ce mode de jeu. Mais cela ajoute des techniques de gameplay plus élargies. Là, encore, il faudra avoir des potos qui savent ce qu’ils font.

Pour finir, on apprécie que la difficulté soit au rendez-vous. Au niveau normal, cela n’est qu’un jeu de bourrinage. Par contre, au niveau overkill, il faudra lutter et jouer parfaitement en équipe pour avoir une chance de s’en sortir. Cela nous pousse à refaire les scénarios plusieurs fois.

En l’état, Payday 3 constitue plutôt une déception pour moi qui ai beaucoup apprécié la franchise (et ce style de jeu en général).

Je pense que le titre est sorti en étant mal finalisé. Un jeu exclusivement multijoueur dans lequel on ne trouve pas de parties (le plus souvent) avec d’autres joueurs, c’est plus que compliqué.

Il y a également pléthore de bugs qui ternissent, eux aussi, l’expérience.

Payday 3 n’est pas non plus bien optimisé. Il faut une machine puissante pour être stable avec un visuel pourtant daté. 

L’idée de ne débloquer de l’XP que via le biais de défis (certain bien lourd) et non grâce à la réussite du braquage : ne constitue pas, non plus, l’idée du siècle.

Il n’y a presque pas de nouveautés. C’est à l’heure actuelle comme Payday 2, mais en moins bien.

Pour autant, avec des amis ou des joueurs aguerris, en mode de difficulté haute, cela reste, selon moi, fun à jouer.

J’ai vite retrouvé mes marques et le plaisir était au rendez-vous. Par contre, je ne pense pas que je vais y passer autant d’heures que sur le deux. Il y a d'autres titres, du même genre, qui proposent davantage et mieux à l'heure actuelle.

Je peux le conseiller si vous jouez avec des amis. C’est plaisant le temps de quelques parties. Cela défoule bien si vos partenaires savent ce qu’ils font. On espère que le studio, va (vite) corriger les bugs les plus impactants (ya du taf). Et que le titre aura le même suivi que l’opus précédent.

Pourquoi l’acheter ?
  • Action intense par moment (Overkill)
  • Coopération de mise (Overkill)
  • Gunfights pêchus (Overkill)
  • Taille des maps correcte sur les différents braquages
  • Plein de choses pour améliorer et customiser les armes et son personnage
  • On espère un suivi identique à celui de Payday 2
Pourquoi l’oublier ?
  • Matchmaking de la honte !
  • Beaucoup de bugs
  • Optimisation à revoir
  • Ya des nouveautés ?
  • Le système d'XP via les défis à modifier
  • IA bien nulle
  • N'y jouez pas seul avec des inconnus, il vous faut des amis