Jeu vidéo / EA Sports FC 24

Date de sortie
Développeurs
EA CanadaEA Romania
Éditeur
EA Sports
Moteur
-
Modes de jeu
Type de jeu
Sport
Thème du jeu
Football
Image de Brouillon auto

Test d’EA SPORTS FC 24

EA SPORTS FC 24 est la nouvelle itération annuelle de la simulation de Football made in EA Sports. On assiste à un changement de nom, adieu Fifa, qui ne devrait pas impacter les ventes toujours volumineuses de cette vache à lait d’EA Sports. On nous promet que le changement concernera également le contenu et le gameplay. Est-ce que ces douces promesses se confrontent à la réalité ? Et est-ce que ce FC 24 est une réussite à même de combler les fans de la franchise ? Éléments d’explication et verdict ci-dessous.

EA SPORTS FC 24

Le titre donne un accès à plus de 19 000 joueurs sous licence complète, 700 équipes et 30 championnats dont la Premier League, LA LIGA EA SPORTS, l’UEFA Champions League masculine et féminine, la CONMEBOL Libertadores, la Ligue 1 et bien plus encore.

Globalement, la Premier League est toujours à l’honneur. Et chaque année, les autres championnats et clubs moins « côtés » profitent de quelques ajouts de stades ou d’effectifs. Il n’y a pas de réelles nouveautés dans la liste des championnats. Personnellement, j’aurais aimé avoir la possibilité d’en jouer un peu plus de différent.

On notera, que certains clubs, italiens notamment, ne bénéficient pas de licence officielle. Ce qui est dérangeant. Mais le listing est tout de même conséquent.

Au niveau, des modes de jeux, pas de nouveautés à l’horizon. On garde les mêmes et on recommence en modifiant, ou en peaufinant de-ci de-là.

Alors, on peut toujours jouer simplement des matchs rapides, ou bien faire des championnats ou bien encore des compétitions comme la champions league seul ou à plusieurs. C’est cool, mais c’est aussi un minimum pour un jeu de foot.

On retrouve également quelques gametypes, se rapprochant du footsal. On pourra changer un peu les règles (3vs3 ou 4vs4, avec ou sans gardien, etc…).

Le plus gros du jeu est centré sur trois modes qui ont fait leurs marques.

On peut toujours faire une carrière solo en créant son propre joueur. On aura la possibilité d’améliorer nos statistiques au fur et à mesure de notre progression. J’aime bien ce mode qui permet de diriger toute l’équipe ou seulement notre joueur. Pas vraiment de changements, mais c’est plutôt bien ficelé.

On a aussi la possibilité d’être un manager général, qui entraîne son équipe et effectue les transferts. Ce n’est pas un jeu de management très poussé. Et l’on peut, évidement, jouer en même temps avec son équipe. Là aussi, j’aime bien le principe. Mais, il serait temps d’apporter des changements avec une meilleure gestion des négociations, des transferts, des interviews (quand elles ne sont pas bugées), etc.  Quelque chose de mieux géré et plus approfondi serait le bien venu !

Et enfin, l’Ultimate Team est toujours de la partie. C’est un mode dans lequel on doit, plus ou moins, drafter des joueurs afin de concocter l’équipe de nos rêves. On affrontera alors des adversaires réels en ligne avec un système de league. C’est intéressant dans le principe. Il y a pas mal de possibilité seul ou à plusieurs en équipe avec aussi quelques changements de règles selon ce à quoi nous jouerons.

MAIS, il y a toujours la possibilité d’utiliser de l’argent réel afin d’aller beaucoup plus vite. Pour moi, qui suis de la vielle école, ajouter un système payant à ce jeu qui est vendu plein tarif et qui peut aussi s’apparenter, « dès fois », à un gros patch annuel, cela constitue une hérésie. Le studio n’a aucun intérêt à changer cela, car on peut dire qu’il se fait vraiment les couilles en or avec, mais cela reste déplaisant.

Ce n’est pas totalement un Pay2Win, car on peut obtenir des packs de cartes à ouvrir sans payer, mais il s’agit clairement d’un système de Pay2Fast. Sans payer, cela sera frustrant à de nombreux moments d’affronter des personnes qui eux ont délié les cordons de leurs bourses au-delà du raisonnable. Pour moi, cela pourrit ce gametype pourtant attrayant.

On notera l’ajout des femmes, cette année, dans ce mode. Ce qui nous impose un jeu mixte homme/femme. Cela n’apporte pas, selon moi, une crédibilité folle. Car certaines joueuses avec un physique faible vont défoncer, dans des contacts, de vrais bestiasses de la nature. Ou alors, elles vont avoir des statistiques égales ou supérieures à certains cadors de ce sport. Pourquoi pas, mais au niveau de la cohérence, on repassera.

Finalement, si vous adhérez au gameplay, il y a toujours beaucoup de choses à faire. C’est un gros point fort du jeu. C’est fourni en quantité et le fait de jouer seul, avec des amis, contre l’IA ou contre des humains, cela change aussi pas mal le ressenti général.

Du beau jeu ou un beau jeu ?

Concrètement, le spectacle proposé est toujours graphiquement convaincant. On apprécie la fluidité de l’animation et les quelques améliorations dans la modélisation des joueurs. Certains joueurs stars disposent maintenant de capacités spécifiques qui sont aussi bien retranscrites visuellement. Mais bon, il n’y en a pas beaucoup. Les animations sont de bonnes qualités ce qui est important pour ce style de jeu.

L’Angleterre est toujours et encore à l’honneur pour les stades, mais aussi pour la modélisation des joueurs vedettes. Pour des clubs lambdas, c’est nettement moins le cas.   

Tout cela accroît le réalisme tout comme la multitude de petits détails annexes (maillots qui se déforment et se salissent, pelouses qui se dégradent, détails sur le visage des joueurs, etc.…). Les couleurs et l’équipement des équipes sont bien respectés (maillots, chaussures, logo, etc.…) à quelques exceptions prêt.

On retrouve des stades fidèlement modélisés, mais on aurait aimé en avoir toujours plus. Pour la France, notons, l’arrivée du Stade Pierre Mauroy dans lequel évolue le Losc. Un par an, dans 10-15 ans, on est bon pour la ligue 1. Autour du terrain, il y a pas mal d’animations (caméramans, photographes, membres du banc de touche) et les gradins s’animent également avec des supporters colorés qui réagissent rapidement en fonction des performances de leur équipe.

La mise en scène est très bonne et bien dynamique. Cela se rapproche vraiment de ce que l’on peut voir à la télévision.

Les animations faciales des non-joueurs (supporters, agent, journalistes, etc.) sont par contre très datées pour un titre AAA de 2023.

Au niveau sonore, l’ambiance est bonne. Il y a pas mal de chants et le public réagit bien selon les actions de son équipe. Dans l’ensemble, on s’immerge facilement dans un match grâce à tous ces bruitages de fond.

Les commentaires sont corrects, mais se répètent forcément au bout d’un moment. Omar Da Fonseca et Benjamin Da Silva reprennent du service avec Laure Boulleau, aux bords du terrain, qui vous donnera le résultat d’autres matchs en cours.

La musique dans les menus représente, j’imagine, ce qu’écoute la jeunesse en ce moment. C’est intéressant de pouvoir éjecter les morceaux que nous n’apprécions pas. Personnellement, j’ai vite tout coupé. Y en a-t-il un dans le lot qui sait chanter sans assistance d’un ordinateur ?

Il y a encore pas mal de bugs. Cela serait long d’en faire la liste. Certains sont gênants (serveurs), IA parfois à la ramasse ou totalement folle, problèmes de collisions, temps de réaction démesuré… Un travail de finition et de réajustement devrait venir et il est nécessaire.

Un gameplay mitigé

Le jeu est plaisant dans son ensemble. On prend plaisir à faire des parties seul ou avec des amis, contre l’IA ou en ligne.

En surface, le rythme est un peu plus posé et l’attaque est, comme toujours, à l’honneur.

Les gardiens ne sont pas terribles. Quelques fois, ils feront des parties dans lesquelles ils sortiront tout et n’importe quoi. Mais le plus souvent, ce sont des passoires qui relâchent pas mal la balle. Le bon compromis est difficile à trouver, mais en l’état, ils ne sont pas très crédibles et assez pénalisants.

La défense, c’est très moyen. Ils ne réagissent pas assez rapidement à mon goût. En plus, le ressenti des contacts n’est pas des plus réussis selon moi. Ce qui fait que par moment, on va aussi crisser devant leurs actions et leurs manques de réactivité. Le marquage en zone est plutôt bien géré lorsque les commandes réagissent bien. Pour les tacles glissés, il faudra être vraiment bien placé (normal) et les relances pour ressortir la balle sont moins stéréotypées. On devra faire plus attention, c’est-à-dire mieux construire nos remontées de balles.

Au milieu, la bataille propose un rendu intéressant. Il est un peu plus difficile de garder la balle ou d’enchaîner les passes à une touche. Car l’IA intercepte plus souvent, elle arrive à mieux couper les lignes de passes et à enrayer le jeu adverse. Afin de contrer cela, il faudra user et abuser des passes appuyées qui deviennent incisives, une fois bien maîtrisées.

Nos artistes peuvent faire des feintes de corps ce qui permet de vraiment varier le jeu entre passes et dribbles. Il y a moins de centres « chanceux », les têtes sont réellement puissantes et les tirs enroulés toujours dévastateurs.

Quelques joueurs vedettes bénéficient donc de capacités spéciales. Je pourrais faire long, mais c’est finalement un peu cheaté. Surtout, si vous en avez beaucoup dans votre équipe.

Ce qui marche nettement moins bien, c’est que l’on a l’impression, par moments, que les joueurs glissent sur le terrain plus qu’ils ne courent. Ils peuvent avoir des attitudes peu crédibles ou totalement irréalistes. Ce n’est pas très bon pour l’immersion.

L’autre souci du jeu, c’est qu’en profondeur le métagame va vite nous obliger à user des courses rapides sur les côtés ou par le biais de passe en profondeur afin de réaliser un centre en retrait quasi imparable.

Cela casse totalement, la construction au milieu du terrain. Et si vous voulez gagner en ligne, eh bien, il faudra en user et en abuser. Les matchs peuvent vite se ressembler à ce niveau-là. Et cela sera encore plus compliqué contre des joueurs ou des joueuses aux grosses statistiques. Cet aspect pourra en rebuter plus d’un. Comme un sentiment de déjà-vu qui se répète encore et encore et encore dans une boucle infinie de débordement/centre en retrait.

Il y a une grande courbe de progression et d’apprentissage si vous n’avez pas joué aux derniers opus. Sinon, cela sera davantage un temps d’adaptation qui sera nécessaire pour bien maîtriser toutes les actions et combinaisons de jeu possibles. Le panel est large et il y a beaucoup de choses à dompter pour être vraiment le plus efficace possible.

Il n’y a plus (réellement) de concurrence. Donc, on bénéficie du meilleur jeu de foot du moment. Mais bon, à gagner sans gloire…

Chaque année, c’est un peu la même chose : on avance d’un pas et/ou on recule d’un ou deux, on nous annonce pléthore de nouvelles technologies aux noms soyeux, mais rien ne change ou n’évolue vraiment. Des trucs fonctionnent bien et d’autres moins.

EA SPORTS FC 24 ne constituera pas une révolution. On est en terrain très connu. C’est peu ou prou la même chose chaque année. C’est vendu au prix fort et il y a, en plus, un système bien réel de Fast2Play dans le mode FUT. Ce qui n’est pas acceptable.

Après, EA n’a plus de concurrence réelle sur ce secteur. Ils n’ont pas spécialement besoin de changer un système qui fonctionne et rapporte un max.

Pour autant, le jeu est toujours très bien fourni avec pas mal de choses différentes à faire.

C’est plutôt joli, avec des graphismes chatoyants et des animations de qualité. L’ambiance sonore des stades est aussi réussie. Bon, après si vous allez un jour au Vélodrome, il y aura une grande différence quand même avec la réalité ^^

EA SPORTS FC 24 fait le taf. Le gameplay reste plaisant, mais avec assez peu de nouveautés (comme toujours). On espère que diverses choses seront revues, corrigées et améliorées, car il y en a besoin.

J’ai plus de réserves pour ceux qui ne voudront faire que de l’Ultimate Team. Parce qu'avec ce système payant supplémentaire pour avoir rapidement de bonnes cartes. Le métagame « à fond sur les côtés et centre en retrait », plus l’ajout des féminines avec leurs statistiques abusées et peu crédibles. Et en comptant aussi sur les divers bugs : cela risque d’être plus frustrant qu’autre chose (si vous ne dépensez pas 20-50-100 Euros en plus bien sûr).

Pourquoi l’acheter ?
  • Moteur graphique de qualité
  • Contenu imposant
  • Physique du ballon
  • Animation des joueurs
  • Ambiance dans les stades
  • Interface plus claire et ergonomique
  • Les modes carrière (joueur et entraineur)
Pourquoi l’oublier ?
  • Le changement ce n'est pas pour maintenant
  • Fast2Play en mode Ultimate Team
  • Le foot n'est pas un jeu mixte, bonjour la crédibilité
  • Les femmes OK, mais elles ne peuvent pas avoir autant en stats que des joueurs stars !
  • Des contacts foirés
  • Animations faciales très pauvres pour les non-joueurs stars
  • Des gardiens douteux
  • Métagame scripté 
  • Temps de réaction un peu long, parfois, de nos défenseurs