Test de Mafia: The Old Country

Mafia: The Old Country constitue le dernier opus de la célèbre franchise éditée par 2K et développé par Hangar 13. Les précédents épisodes des aventures mafieuses avaient su marquer les esprits. On attend donc beaucoup de ce retour aux origines. Le titre arrive-t-il à combler nos espérances ? En proposant, une intrigue toujours captivante ? Ainsi qu’un système de combat dynamique ? Cette préquelle sera-t-elle satisfaire les fans de la série ? Ainsi que les nouveaux arrivants ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.

Mafia: The Old Country

Image de Mafia: The Old Country sortira début août

Mafia: The Old Country est un action-adventure en vue à la troisième personne, centré sur une narration linéaire avec des éléments de tir et d’infiltration, dans un univers inspiré de la mafia sicilienne du début du XXe siècle.

On va explorer des thèmes de loyauté familiale, de vendettas sanglantes et d’ascension dans le crime organisé, avec une ambiance qui mélange drame personnel et violence brute.

La durée de vie oscille autour de quinze heures pour l’histoire principale. Il n’y a pas de quêtes secondaires, mais cela peut s’étendre un peu en chassant des collectibles comme des documents historiques ou des objets cachés qui enrichissent le lore.

Sur nos bécanes les éditions se limitent à la version standard à 49,99 euros en France sur Steam, et à l’édition deluxe à 59,99 euros, qui ajoute des bonus cosmétiques comme des tenues alternatives pour Enzo, une arme exclusive et un artbook numérique, sans contenu narratif supplémentaire pour l’instant.

Le monde n’est pas un open-world, mais une carte détaillée de la Sicile rurale, avec des villages pittoresques, des routes poussiéreuses et des collines escarpées qui servent de toile de fond aux missions.

On est la plupart du temps cloisonné lors et entre ces différentes missions.

Le peu de fois où l’on pourra vadrouiller, on ne le fera pas plus d’une fois. Car, il n’y a strictement rien à faire. La map n’est pas conçue pour s’y amuser. Tout est rigide : à pied, on est bloqué par des murets pour atteindre une maison (une seule entrée donc) et en voiture, il est quasi impossible de faire du hors piste, car même un petit buisson va faire office de mur. On rentre dedans, on se coince de partout, on n’arrête pas de caler au moindre impact et il faut descendre de la voiture et relancer le moteur, les piétons nous évitent même si on peut finir par en renverser un, il n’y a pas vraiment d’autres véhicules, car ils sont très rares et pas de police. La Sicile, c’est le désert total !

La map est visuellement cohérente, avec des transitions naturelles entre les zones urbaines étroites et les paysages ouverts.

On va donc suivre uniquement l’histoire principale, car il n’y a rien d’autre à faire.

Le level design suit une approche classique, avec des missions qui nous guident de point en point. Celles-ci alternent infiltration et fusillades. Il y a de rares séquences de poursuite à cheval ou en voiture d’époque. Et les combats contre les boss (avec ou sans jeux de mots) s’effectuent au couteau : on attaque, on pare et on esquive. Rien de plus et rien de moins durant notre périple.

Les environnements sont variés, mais les chemins restent linéaires, ce qui ne nous surprend plus au bout de quelques heures.

Une intrigue mafieuse 

L’intrigue suit Enzo Favara, un jeune homme échappant à une enfance d’esclavage dans les mines de soufre tenues par la famille Spadaro, pour rejoindre les Torrisi, un clan rival, où il gravit les échelons en prouvant sa loyauté au prix de sacrifices personnels.

En chemin, il tombe amoureux d’Isabella, la fille du Don, ce qui déclenche des tensions internes. S’y ajoutent des vendettas avec des ennemis impitoyables, le tout sur fond de conspiration qui menace l’équilibre fragile de la Cosa Nostra.

C’est une narration intime et mature, racontée avec un rythme mesuré qui alterne moments calmes de construction des relations et pics d’action dramatique. On arrive à avoir de l’empathie pour notre personnage grâce à son évolution, ses doutes et sa détermination intérieure.

Les personnages secondaires sont assez bien développés, même si c’est inégal. J’ai bien apprécié notre mentor et notre ami loyal, mais impulsif.

Les interactions évoluent au fil des chapitres et influencent subtilement les choix moraux, renforçant l’intérêt pour ces liens familiaux complexes et souvent tragiques.

L’histoire est parfois prévisible, avec des twists qui se devinent assez tôt et une fin vite amenée. Malgré tout, cette trame arrive à nous captiver par son authenticité et sa maturité. Rien de fou, mais c’est plaisant à suivre si vous aimez les drames mafieux.

Le fait de déplacer l’histoire en Sicile est un choix intéressant, on se retrouve plutôt dans l’ambiance du Parrain II. Cela change de Chicago, de New-York ou de la Nouvelle-Orléans.

La mise en scène est dynamique. Il n’y a pas de coupures nettes entre l’action et les cinématiques, ce qui fluidifie l’ensemble. Les animations faciales sont un peu datées avec des visages relativement figés. Toutefois, on arrive, malgré tout, à bien ressentir les expressions de colère ou de tristesse. Le doublage en français est correct, mais je suis vite passé au doublage sicilien pour m’immerger encore plus dans l’univers proposé. Celui-ci est excellent avec ses tonalités authentiques et immersives. Les voix transmettent la gravité des dialogues et la crédibilité des accents. De plus, les sous-titres français sont nets et sans erreurs, ce qui facilite le suivi.

Une direction artistique réussie

Mafia : The Old Country propose des graphismes détaillés portés par le moteur graphique Unreal Engine 5. On l’a déjà souligné, mais les environnements se renouvellent bien.

La direction artistique est très réussie et on reconnaît bien la région retranscrite : l’architecture des bâtiments, le village, les champs de vignes, les petites montagnes, etc. Tout cela est crédible et fidèlement retranscrit.

Les textures sont fines et détaillées. La gestion des effets de lumière est fine, surtout dans les scènes nocturnes où les reflets sur les pavés humides ou les ombres des oliviers créent une atmosphère palpable. Et les effets dynamiques comme les explosions de fusils ou le brouillard matinal ajoutent du réalisme aux confrontations.

Les personnages sont assez bien modélisés, mais encore un peu rigides dans leurs mouvements. Les ragdolls ne sont pas très réalistes.

L’ambiance sonore renforce bien l’immersion. Avec un sound-design qui capture les bruits ambiants des villages où les échos des coups de feu, une musique épique et discrète qui souligne les moments clés sans envahir et des doublages siciliens qui ajoutent de l’authenticité émotionnelle.

Malheureusement, l’optimisation est un gros point faible sur nos bécanes : le jeu souffre de chutes de framerate fréquentes, de stuttering sévère lors des traversées ou des chargements, et de popping de textures qui brisent l’immersion, sans oublier des crashes occasionnels et des bugs de clipping dans les environnements. Les configs moyennes devront souvent baisser les settings pour une fluidité « plus stable ».

Un gameplay daté

On l’a déjà souligné, mais dans Mafia : The Old Country, l’essentiel tourne autour de missions linéaires où l’on infiltre des zones ennemies, collecte des informations ou élimine des cibles, en alternant infiltration discrète, fusillades en couverture et poursuites en véhicule ou à cheval.

On contrôle Enzo, qui utilise des armes d’époque comme des luparas ou des stilettos pour des attaques au corps-à-corps, tout en respectant des règles simples : éviter les alertes pour des approches discrètes et utiliser l’environnement pour des couvertures ou des distractions.

L’infiltration n’est pas très poussée. Des gardes bougent, d’autres non. On se faufile jusqu’à eux pour les étrangler ou les saigner. On peut laisser leurs corps ou les déplacer. Il y a des caisses pour les planquer, mais lorsque vous en mettez un deuxième, le premier a disparu : super crédible.  Je n’ai pas trouvé cela très intéressant et c’est vite répétitif. L’IA n’est pas folle.

Les affrontements se basent sur un système de tir en couverture, avec des armes comme des revolvers ou des fusils à pompe pour abattre les ennemis à distance. Là, aussi l’IA… Ils s’approchent de nous tout droit, ils ne nous contournent que rarement, ils se cachent, mais relèvent la tête pour se faire aligner.

C’est passable, mais quand même daté. Cette année est (enfin) sorti sur nos PC The Last of US 2 et franchement, c’est tout autre chose.

J’ai vite utilisé un fusil pour les tirs de loin et un fusil à pompe coupé comme arme de poing pour découper les inconscients proches. Il n’y a pas beaucoup d’armes différentes. On peut utiliser notre super sens à l’Assassin Creed pour voir à travers les murs nos ennemis. Super cheat code officiel ! Les cross-hairs sont dégueulasses : trop gros et dynamiques. Je n’ai pas pu les enlever, mais j’ai ajouté un joli dot orange avec un logiciel tiers afin d’effectuer plus facilement des headshots.

 On ne manque pas de munitions, il y en a sur tous les cadavres, sur toutes les armes au sol et les développeurs se sont dits que ce n’était pas assez ! On trouve donc aussi de nombreuses boites dans tous les lieux où cela va dégénérer.

Le système économique nous oblige à faire les poches de nos victimes. Il y en a beaucoup, ce n’est pas automatique et cela prend un petit moment (dans les cinq secondes par corps). Cela ralentit énormément le rythme.

On peut faire évoluer notre personnage, mais il n’y a rien qui nous permet de faire la différence, car le jeu n’est pas bien dur avec le duo souris/clavier si vous avez l’habitude du genre. Je n’ai pas ressenti de courbe d’apprentissage et celle de progression est désuète selon moi.

L’action est donc assez peu variée. Les mécaniques de gameplay sont vues et revues et elles ne se renouvellent pas. C’est donc quelque peu redondant. Mais c’est assez court, car il a de nombreuses heures de cinématiques qui entrecoupent ces phases d’actions.

Au final, je ne me suis pas ennuyé. Cela commence doucement, plus d’une heure avant de tirer son premier coup de feu. Cela ne monte jamais bien haut, il n’y a pas eu (pour moi) de missions mémorables. Mais cela se laisse jouer tranquillement le temps de notre périple.  

Mafia: The Old Country est un action-adventure linéaire qui excelle dans son récit mafieux immersif et son ambiance sicilienne authentique.

Mais le gameplay est quelque peu daté, il n’apporte rien de nouveau et il finit par être redondant. Heureusement, c’est court : on s’y amuse le temps de l’aventure et on l’oubliera presque aussi tôt.

Un jeu dispensable, un one-shot qui ne marquera pas spécialement la franchise. Ce n’est pas mauvais, ce n’est pas très bon, c’est juste moyen du début à la fin.

Donc, à vous de voir, en promo, si vous aimez bien le genre.

Points positifs
  • Direction artistique réussie et fidèle à l'époque
  • Histoire intéressante et personnages attachants
  • Performances d’acteurs et doublage sicilien authentique
Points négatifs
  • Gameplay répétitif et mécaniques datées
  • Optimisation 
  • Monde ouvert sous-exploité, manque d’interactivité.