Test de Cult of the Lamb: Woolhaven

Cult of the Lamb : Woolhaven arrive trois ans et demi après le jeu de base sur nos PC. C’est toujours édité par Devolver Digital et développé par Massive Monster. L’aventure originelle avait su marquer les esprits par son mélange addictif de roguelite sanglant et de gestion de secte adorablement tordue. Après l’ajout de nouveau contenu, dont 4 DLC payants, il s’agit de la première extension. Et on en attend beaucoup ! Parvient-elle à livrer un contenu massif et cohérent ? Avec une intrigue hivernale sombre qui approfondit l’univers ? Un système de survie et de ranching qui renouvelle la boucle sans la casser ? Cette extension satisfera-t-elle les fans de la première heure ? Ainsi que les agneaux récents ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.

Cult of the Lamb

Image de Cult of the Lamb

Cult of the Lamb est un jeu mêlant roguelite et gestion de culte, où l’on incarne un agneau sacrifié puis ressuscité par une entité mystérieuse. En échange de sa survie, l’agneau doit fonder un culte, recruter des fidèles et éliminer les faux prophètes qui dominent le monde. Le jeu alterne en permanence entre exploration de donjons générés aléatoirement et gestion d’un village, créant un rythme très particulier et addictif.

La partie gestion consiste à développer son culte : construire des bâtiments, nourrir les fidèles, gérer leurs besoins, organiser des rituels, maintenir la foi et éviter les révoltes. Chaque disciple peut travailler, prier, tomber malade, mourir ou même être sacrifié. On doit donc jongler entre bienveillance et tyrannie, selon le style de culte que l’on souhaite imposer.

La partie roguelite, elle, repose sur des expéditions dans des donjons remplis d’ennemis, de boss et de choix aléatoires. On y récupère des ressources, des armes, des pouvoirs divins et des adeptes potentiels. Les combats sont rapides, nerveux et simples à prendre en main, avec une progression qui dépend autant de l’habileté que de l’amélioration de notre culte.

L’ensemble forme un jeu étonnamment cohérent : un mélange de cute horror, de stratégie légère et d’action dynamique, soutenu par une ambiance sonore hypnotique et un humour noir omniprésent.

Sur le plan artistique, le jeu se distingue par un style graphique unique : un mélange de mignon et macabre, avec des personnages adorables, mais plongés dans un univers sombre, occulte et parfois grotesque. Les animations sont fluides, les couleurs vives, et l’ensemble donne une identité visuelle immédiatement reconnaissable. C’est un contraste volontaire qui fait tout le charme du jeu.

Cult of the Lamb est devenu culte (sans mauvais jeu de mots) grâce à cette identité forte et à son gameplay hybride qui ne ressemble à rien d’autre.

Woolhaven

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Cette extension ne va pas révolutionner le jeu de base, mais elle apporte son lot de nouveautés bienvenues. Le prix est fixé à 16,99 €, mais il faudra posséder Cult of the Lamb. Et avoir bien progressé dans le jeu (vaincre les quatre évêques) pour pouvoir y jouer.

On jongle toujours entre croisades en donjons procéduraux et management d’une secte de fidèles. Mais Woolhaven introduit la saison de l’hiver qui va affecter notre culte et le gameplay.

La carte s’agrandit de deux biomes vastes : Ewehaven, falaises enneigées balayées par les blizzards et The Rot, grottes putrides grouillantes de démons.

Leur taille est généreuse pour des runs de 20-40 minutes, avec un level design procédural qui propose des escalades gelées, des tunnels sinueux et des pièges naturels. Cela encourage les reruns pour les secrets.

Au niveau de la gestion, notre sanctuaire va s’agrandir et l’on devra aussi restaurer la ville de Woolhaven. Pour ce faire, il y a de nouveaux bâtiments et structures.

On va aussi pouvoir élever du bétail, qui nous rapportera laine, lait ou viande. De nouvelles ressources et monnaie d’échange pour nous permettre de gérer l’hiver et la nouvelle zone.   

La durée de vie s’élève à une bonne quinzaine d’heures pour l’histoire principale. Mais on peut facilement y ajouter une bonne vingtaine avec les quêtes secondaires, la construction et le ranching. Et même bien plus si vous visez le 100 %.

C’est assez varié, ce qui évite la monotonie.

Une histoire qui se prolonge

Le thème pivote sur la survie hivernale, la rédemption d’âmes perdues et une guerre contre des loups dans un univers sombre et mignon. Cela se déroule peu après la fin du jeu de base, dans une montagne enneigée corrompue.

Yngya, déesse oubliée des agneaux massacrés par les loups de Marchosias, invoque l’Agneau pour venger son troupeau et restaurer Woolhaven, un village en ruines au sommet d’une montagne maudite.

L’intrigue creuse le passé tragique des agneaux, entre rédemption d’âmes errantes, corruption rampante et choix moraux qui impactent la secte.

Racontée via des cinématiques en pixel art expressif, avec des animations faciales adorables pour la rage ou la peur des fidèles, cette histoire se laisse suivre agréablement.

On bénéficie d’un cadre narratif amusant et irrévérencieux, qui sert surtout à donner du sens aux mécaniques de gestion et de combat. En effet, le scénario n’est pas extrêmement profond ni complexe : il s’agit davantage d’un fil conducteur qui soutient tout cela. Mais il permet une cohérence certaine entre histoire et mécaniques. Et j’ai bien apprécié l’ambiance et le ton hérétique, mais léger.

Les arcs secondaires sont sous-exploités et manquent un peu de profondeur, mais l’ensemble captive malgré tout, même si ce n’est évidemment pas un jeu narratif.

Le doublage est absent, mais les sous-titres français sont clairs, drôles et poétiques, renforçant l’empathie pour l’Agneau et ses nouveaux alliés.

Une direction artistique réussie

Le jeu conserve son style cartoon 2D/2.5D très particulier : des personnages mignons et arrondis plongés dans un univers sombre et occulte. Ce contraste volontaire entre “cute” et “creepy” rend Cult of the Lamb reconnaissable entre tous.

Les environnements se renouvellent assez bien avec une montagne hivernale vivante : falaises enneigées, sommets balayés par la neige, grottes fétides, villages cendrés sous blizzard perpétuel.

Un big up pour les donjons de la Putréfaction avec ses abysses pourris de chair démoniaque. Ce voyage visuel est cohérent. Les textures sont nettes. Et les animations sont simples, mais efficaces.

Ce monde est crédible, immersif dès les premiers flocons, avec un design qui retranscrit un écosystème hostile et poétique.

Le sound design est enivrant avec ses hurlements de vent, ses craquements de glace, les bêlements pathétiques des âmes et de nos animaux de ferme. Les combats sont pêchus, car on « ressent » bien la puissance des différents coups portés ou reçus grâce à des effets sonores crédibles.

La musique tribale est mélancolique. Elle s’intègre parfaitement dans cet univers et nous y immerge totalement.

Un gameplay enneigé

On repart en croisade pour ramasser ressources et âmes, gérer notre secte avec sermons, sacrifices et maintenant ranching d’animaux.

Le froid peut tuer nos fidèles, geler les cultures, ralentir la production et modifier le comportement des animaux. On va devoir affronter cela et gérer nos ressources différemment. Au plus on progresse dans l’histoire, au plus ses saisons seront rudes.

On va devoir gérer la température, construire des structures adaptées et donc préparer des ressources pour survivre. Il faudra bien farmer et anticiper les besoins de notre culte avant que l’hiver ne frappe. On notera que certaines quêtes et mécaniques ne sont disponibles que pendant l’hiver.

L’élevage est assez simple à comprendre. Il permet d’obtenir de faibles quantités de ressources afin de se nourrir ou de reconstruire. La prise en main reste intuitive pour les vétérans. Pour les nouveaux venus, la courbe d’apprentissage se familiarise en une heure maximum. L’idée est de progresser via un arbre de déblocages, nouvelles malédictions, reliques et bâtiments qui étendent le camp.

L’urgence hivernale force la planification. Cela complique la chose, car il faut plus de ressources, mais ce n’est pas non plus trop contraignant à faire entre nos différents run.

Cela apporte de la variété et son lot de nouveautés, mais cela ne devient pas un jeu de survie et de gestion ultra-poussé non plus. 

Les affrontements sont toujours du hack’n’slash roguelite : combos, esquives, sorts via carte de tarot et il faudra gérer malédictions et reliques. Le concept est le même que le jeu de base.

Il y a une nouvelle catégorie d’arme, le fléau. Elle est composée de deux boules à pointes. C’est un mélange entre rapidité et puissance. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour bien l’utiliser et viser. Le premier coup est rapide avec une bonne portée, le deuxième frappe un peu plus fort, tandis que le troisième crée un énorme impact. Le tir secondaire lance le fléau à distance. Cela nous amène également vers l’ennemi après l’impact. On peut ainsi s’engager ou se repositionner très vite.

On va croiser de nouveaux ennemis. Ils sont plus agressifs et variés que lors de notre quête initiale, avec des attaques adaptées aux environnements hivernaux ou putrides. En effet, certains infligent des effets de statut (gel, brûlure, corruption) qui obligent à ajuster sa stratégie.

Le ressenti est tactique et nerveux. Et, il faudra affronter une dizaine de mini-boss ainsi que trois plus gros. Chacun possède une identité visuelle et des attaques propres. Ces combats sont plus exigeants que ceux du jeu de base et ils imposent de mieux utiliser les esquives. J’ai trouvé ses séquences plaisantes et assez variées.

Woolhaven booste Cult of the Lamb efficacement. L’histoire est plaisante à suivre avec des personnages intéressants même si ce n’est pas ultra-poussé non plus.

L’hiver va modifier nos habitudes et cela apporte un vent frais lors de la gestion de notre culte. Les nouvelles zones sont très jolies et variées. J’ai apprécié les affrontements plus exigeants qu’elles nous proposent.

Si vous avez apprécié Cult of the Lamb, cette expansion fait très bien le job. Car elle réussit à prolonger l’expérience sans la dénaturer. Elle conserve le charme unique du jeu de base en donnant aux joueurs de nouvelles raisons de revenir dans leur culte.

Points positifs
  • Contenu conséquent
  • Histoire sympa
  • Deux amusants biomes
  • L’hiver modifie nos habitudes
  • Humour noir
  • Les affrontements avec les nouveaux ennemis et boss
  • Pixel art hivernal splendide, sound design glacial
Points négatifs
  • Quêtes village répétitives