Test de l’extension D’entre les Cendres d’Avatar: Frontiers of Pandora

L’extension D’entre les Cendres revient deux ans après le jeu de base sur nos bécanes. Et avec une sortie quasi simultanée du troisième opus au cinéma. C’est toujours édité par Ubisoft et développé par Massive Entertainment. L’aventure principale d’Avatar : Frontiers of Pandora avait su nous intéresser par son immersion dans l’univers de Pandora et son exploration fluide. On attend donc beaucoup de cette extension. Le titre arrive-t-il à répondre aux attentes d’un open world moderne, avec une narration plus resserrée et un gameplay affiné ? Arrive-t-il à proposer une intrigue sombre et personnelle ? Son système de combat et d’exploration parvient-il à se renouveler sans alourdir l’expérience ? Satisfera-t-il les fans du jeu de base ainsi que les nouveaux venus ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.

D’entre les Cendres

Cette extension ajoute une nouvelle campagne centrée sur So’lek, mais repose sur les mécaniques, le moteur et l’univers du jeu principal qu’il faut posséder.

Elle se débloque directement depuis le menu principal une fois installée. Et ne demande pas de progression préalable dans Frontiers of Pandora.

En toute logique, la durée de vie est globalement plus courte que celle de la campagne principale. Il faut une quinzaine d’heures pour la terminer en faisant aussi un peu de contenu annexe. Une dizaine d’heures de plus, a priori, pour finir le tout à 100% en comptant l’exploration exhaustive. Le prix de l’extension seule est fixé à 24,99 euros, mais il y a différents bundles avec le jeu de base et un season pass.

Le thème reste fidèle à l’univers sci-fi de James Cameron : survie des Na’vi face à l’invasion humaine sur Pandora ainsi qu’un nouveau clan Na’vi qui apparaît dans le troisième opus de la franchise. La tonalité est plus sombre, car elle est axée sur la vengeance et les conflits internes.

L’extension From the Ashes est conçue pour s’imbriquer directement dans la continuité du troisième film, en reprenant ses thématiques et en poursuivant l’histoire quelques semaines plus tard. Elle se déroule aussi six mois après le DLC Secrets of the Spires.

La carte introduit la Frontière occidentale, une région vaste et variée : forêts denses de Kinglor, terres volcaniques cendreuses, falaises escarpées et camps RDA enfumés. Sa taille est généreuse sans être écrasante, avec un level design qui mise toujours sur la verticalité et les secrets naturels.

Le monde respire la vie, avec une faune dynamique et des cycles jour/nuit qui influencent les récoltes et les embuscades. Cela encourage l’exploration organique, même si on croisera aussi des zones un peu vides par moments.

So’lek en guest

Le jeu de base mettait en avant un Na’vi générique créé par nos soins plongé dans la lutte contre la RDA. Cette extension propose un personnage défini : So’lek. Il s’agit d’un guerrier Na’vi affecté par son passé, plongé dans une quête de vengeance au cœur de la Frontière occidentale.

So’lek est un personnage marqué par ses blessures psychologiques. Son développement est très intéressant et on s’attache facilement à lui. Il suit une trajectoire émotionnelle claire. Ce qui lui confère plus de profondeur et d’empathie que notre personnage du jeu principal.

Face à l’avancée impitoyable de la RDA et à une nouvelle menace clanique, l’intrigue explore les thèmes de la perte, de la rédemption et des choix moraux, dans un cadre plus personnel et brutal que la campagne initiale.

En effet, le récit se concentre sur la vengeance et la quête de paix intérieure, mais on va affronter une nouvelle menace : le clan des Ash, des Na’vi corrompus par la soif de pouvoir.

Ce choix narratif apporte une dimension plus sombre et personnelle que le jeu de base, qui se focalisait davantage sur la lutte contre la RDA et la découverte de Pandora. Ici, l’histoire est plus resserrée, plus dramatique et met en avant des dilemmes moraux entre Na’vi eux-mêmes.

La narration avance à un rythme soutenu, alternant missions linéaires intenses et phases d’exploration pour développer les relations avec des alliés Na’vi et des figures antagonistes.

Les personnages secondaires gagnent en profondeur grâce à des dialogues nuancés et des backstories qui résonnent avec l’univers Avatar, créant une empathie réelle pour So’lek et son évolution intérieure. Les relations interclans sont bien exploitées, même si quelques arcs secondaires manquent parfois de punch pour être inoubliables.

La mise en scène brille par ses cinématiques dynamiques, souvent en troisième personne, avec des animations faciales expressives qui transmettent rage, douleur et détermination.

Les champs contrechamps rapides lors des confrontations et les plans larges sur les paysages volcaniques renforcent l’immersion, tandis que le doublage français est solide, avec des voix graves et authentiques pour So’lek.

La narration hybride entre cutscènes cinématographiques et intégration en gameplay évite les temps morts. L’histoire peut être prévisible dans ses twists par moments. Mais elle arrive à nous émouvoir sans verser dans le mélodrame excessif. On ne s’ennuie pas une seconde, on veut savoir ce qui va arriver à notre personnage et globalement cette extension réussit brillamment à relancer l’intérêt pour l’univers.

Une direction artistique de haute volée

Les graphismes conservent le souffle du jeu de base que je considère comme un (ou le) jeu en monde ouvert le plus beau jamais réalisé.

Les environnements se renouvellent constamment : forêts luxuriantes envahies de lianes bioluminescentes, grottes fumantes, villages cendrés et pics volcaniques rougeoyants. On passe de clairières sereines à des champs de lave où la cendre tombe en continu, créant une variété visuelle qui maintient l’intérêt sur la durée.

Le Kinglor Forest, autrefois luxuriant, est désormais ravagé par les flammes. Ce contraste entre beauté naturelle et destruction renforce l’impact émotionnel.

Visuellement, cela pète la rétine et les effets de feu et de lumière sont particulièrement réussis.

En effet, la gestion des lumières dynamiques excelle, avec des rayons filtrant à travers la canopée ou des éclats de magma illuminant les nuits. Les effets comme le brouillard épais, les explosions de gaz et les gerbes de cendres lors des combats ajoutent du réalisme à l’ensemble.

Les textures sont denses et détaillées, des écorces rugueuses aux armures RDA oxydées, tandis que les skybox capturent des aurores pandoriennes époustouflantes.

Les personnages sont finement modélisés, So’lek en tête avec sa musculature Na’vi et ses cicatrices expressives. Les animations sont fluides, surtout en troisième personne, et les ragdolls réagissent de manière crédible aux chutes ou aux impacts.

Le monde paraît crédible et vivant, on s’y plonge sans effort grâce à un design cohérent qui retranscrit Pandora comme un écosystème hostile et magnifique.

Au niveau sonore, le sound design immersif fait recette : cris de créatures, vents hurlants et craquements de lave enveloppent l’action. Tandis que les bruitages des combats (takedowns, affrontements contre le clan Ash) ajoutent du poids à l’action.

La musique, tribale et épique, accompagne les moments clés sans dominer. Je l’ai trouvée mélodieuse et elle accentue la tension dramatique.

On s’immerge donc totalement dans l’univers proposé !

Pour l’optimisation, cela tourne bien maintenant sur du haut de gamme. Mais sur des configs plus modestes, des chutes de framerate surviennent dans les zones denses avec du popping et clipping (en vol) occasionnels. Il y a eu pas mal de bugs à la sortie, mais depuis le temps, c’est mieux poli grâce à diverses mises à jour. Rien de rédhibitoire, mais il faut ajuster les réglages pour éviter les saccades en combat intense selon la bécane.

Un gameplay affiné

La progression est pensée pour être plus fluide et organique que dans le jeu de base. So’lek n’est pas un personnage vierge : il dispose déjà d’un passé et de compétences établies. Cela permet d’éviter les débuts trop lents et de plonger directement dans l’action.

On progresse plus vite avec moins de grind !

Les améliorations arrivent au fil de l’histoire, souvent liées à des événements narratifs ou des affrontements clés, ce qui donne une impression de montée en puissance cohérente.

Le ressenti est globalement plaisant : exploration relaxante et bien récompensée, avec des panoramas qui invitent à s’attarder et un rythme qui évite l’ennui grâce à des objectifs variés. Même si on peut noter une répétition dans les récoltes et quêtes de collecte.

L’arsenal est varié : arcs Na’vi, armes de mêlée, mais aussi équipements récupérés ou améliorés. L’extension simplifie la gestion de l’équipement par rapport au jeu de base, réduisant la micro-gestion et rendant les armes plus accessibles rapidement.

On apprécie le ralentissement du temps lorsque l’on vise à l’arc, qui nous fait ressentir très puissant. On dispose également d’une jauge de rage qui, une fois pleine, va nous permettre de faire de gros dégâts sur un laps de temps restreint.

Il y a beaucoup plus de finishers et les attaques spéciales enrichissent le panel offensif. Cela dynamise l’ensemble, c’est bien rendu et l’on ressent ainsi toute la violence que déchaîne notre personnage. Un bel ajout.

Si vous préférez, vous pouvez jouer maintenant en vue TPS (c’est aussi une option disponible pour le jeu de base). Étant un vieux joueur PC, je préfère y jouer comme un FPS. Mais, on peut switcher à la volée, ce qui peut être pratique selon les situations.

La qualité des armes est mieux équilibrée, évitant les frustrations liées à des armes trop faibles ou trop dépendantes du crafting.

On privilégie les headshots et les points faibles (visibles via notre sens Na’vi) sur mechs ou boucliers, en gérant le rechargement manuel et les munitions limitées. Ça se développe via des upgrades : flèches explosives, takedowns en chaîne, hacks pour retourner les tourelles.

Le ressenti penche tactique et fluide, avec des phases bourrines en mêlée contre les Ash ou la RDA blindés. Sur la durée, ça évolue vers des boss arenas complexes et des embuscades de nuit. Car oui, il y a donc maintenant des boss, ces phases sont plaisantes à faire.

Les ennemis humains de la RDA restent technologiquement armés mais assez prévisibles. Tandis que les Na’vi du clan Ash sont plus stratégiques. En effet, ils utilisent des capacités similaires à celles du joueur : agilité, force physique, connaissance du terrain. Cela occasionne des combats plus équilibrés et plus intenses, où l’on doit varier entre infiltration, esquives et attaques directes.

Les animaux de Pandora restent présents, parfois hostiles, parfois alliés, mais ils servent davantage de toile de fond à l’affrontement principal contre le clan Ash.

Le vol sur banshee (Ikran) reste une composante essentielle. Dans l’extension, il est utilisé non seulement pour l’exploration mais aussi pour des séquences de combat aérien plus soutenues. Les environnements incendiés du Kinglor Forest offrent des panoramas spectaculaires, avec des zones à franchir en vol pour éviter les flammes ou surprendre les ennemis. Cela donne une impression de liberté et de puissance.

Quel bonheur d’appeler notre monture où l’on veut, de plonger dans le vide et de se faire récupérer par elle, de sauter sur le toit d’un vaisseau de la RDA, de lancer une flèche dans le moteur et de repartir tranquillou à dos d’Ikran pendant que cela explose. On devra aussi effectuer des affrontements en l’air contre d’autres Ikran du clan opposé. Tout cela est très rigolo.

Au sol, on peut maintenant plus facilement s’en servir, ce qui permet de nous repositionner et d’effectuer de belles manœuvres destructrices.

Globalement, tout est plus peaufiné et affiné. Les combats sont tendus et satisfaisants. C’est très dynamique même si l’IA ennemie peut parfois bugger ou détecter trop vite en furtif. Ouais, elle est encore un peu aux fraises.

Il peut vite y avoir beaucoup d’ennemis à affronter en même temps. On peut donc privilégier, un temps, l’infiltration qui est une véritable alternative au combat frontal. Les takedowns brutaux et les animations de finishers renforcent l’impact des actions discrètes.

Les Na’vi du clan Ash sont plus vigilants et plus difficiles à tromper que les soldats humains de la RDA. Cela oblige à utiliser l’environnement, les hauteurs et les ombres pour se faufiler. Cela crée une tension plus dramatique, car affronter des « frères » Na’vi corrompus a une charge émotionnelle plus forte que de combattre des machines.

Les missions sont plus resserrées et narratives que dans le jeu de base. Elles alternent entre infiltration, combat frontal, exploration et séquences aériennes. La progression est pensée pour éviter les répétitions : chaque mission apporte un élément nouveau, que ce soit un boss fight, une révélation narrative ou une mécanique de gameplay. Cela donne une impression de rythme soutenu, sans temps morts jusqu’au dénouement final.

L’extension D’entre les Cendres affine l’expérience Avatar : Frontiers of Pandora avec une histoire sombre et personnelle, un monde renouvelé, des graphismes somptueux et un gameplay exploration/combat plus varié.

Cette alternance entre infiltration, combat frontal, exploration aérienne et affrontements contre des Na’vi ennemis donne une variété bienvenue. On ne se sent jamais enfermé dans une seule boucle de gameplay.

On bénéficie d’une aventure très plaisante à faire. C’est concentré et bien maîtrisé. On ne voit pas le temps passer et cela se renouvelle bien tout du long.

D’entre les Cendres comblera les attentes des fans en offrant une création qualitative qui réduit drastiquement le contenu répétitif et le grind excessif. La progression est plus fluide, les récompenses mieux intégrées et les missions plus resserrées et variées.

En centrant l’histoire sur So’lek, un personnage défini avec un passé et des enjeux personnels, l’extension offre une campagne plus intime et scénarisée, proche de l’esprit des films.

C’est pourquoi, on la conseille franchement à tous les amateurs d’open world contemplatifs et immersifs.

Points positifs
  • Monde varié et immersif
  • Graphismes somptueux
  • Histoire sombre et émouvante
  • Combats fluides et tactiques
  • Choix vue TPS ou FPS
  • Pacing resserré et progression satisfaisante
Points négatifs
  • Quelques chutes FPS et bugs
  • Répétitions dans récoltes et quêtes secondaires
  • IA ennemie parfois aux fraises