Test de Resident Evil : Requiem

La série Resident Evil qui fête en ce moment ses trente ans a toujours oscillé entre jeu d’action et jeu d’horreur pure, Requiem arrive avec une promesse : réconcilier tous les joueurs en proposant un titre entre action et terreur. Mais qu’en est-il vraiment ? Ce neuvième opus principal réussit-il son pari ? Et est-ce que Capcom peut faire mieux que Resident Evil 4, qui est à ce jour l’opus préféré des joueurs ?

Image de Test de Resident Evil : Requiem

Il était une fois…

L’intrigue de Resident Evil : Requiem repose sur la rencontre entre deux personnages que tout oppose, créant ainsi une dynamique unique. Neuvième titre d’une saga mondialement reconnue, le jeu regorge de nombreux clins d’œil aux autres opus, que ce soit à travers des lieux, des objets ou encore des événements. Tous ces éléments sont intégrés finement, sans jamais tomber dans le fan service facile, ce qui permet de ravir les connaisseurs tout en restant accessible aux nouveaux joueurs.

On peut cependant noter que la résolution finale du jeu propose pour la première fois deux fins possibles, même si cela reste assez classique dans son exécution. Le second chapitre se révèle également plus linéaire et moins axé sur l’exploration que le premier, et certains puzzles sont généralement trop guidés.

Resident Evil : Requiem réussit particulièrement bien à moderniser l’ambiance des premiers Resident Evil tout en conservant une narration plus intime. En revanche, la seconde partie s’oriente donc davantage vers l’action. Ce qui change le rythme de la campagne : elle devient plus dynamique, mais perd un peu de sa tension et de son atmosphère oppressante.

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Grace est enfermée avec les infectés…

Un des aspects principaux de ce nouveau titre réside dans le fait que le jeu propose de vivre l’horreur et l’action à travers deux protagonistes aux profils totalement opposés.

D’un côté, Grace Ashcroft, la définition même de la vulnérabilité. Analyste au FBI, elle se retrouve plongée au cœur du chaos, et c’est avec elle que vous vivrez les séquences d’horreur les plus tendues. Pour accentuer ce sentiment, chaque balle compte : sa visée est instable, le recul des armes la déséquilibre, et dépourvue de force physique, elle doit s’appuyer sur un système de craft basé sur le sang des infectés. Celui-ci permet de créer des lames, des munitions ou encore des injecteurs. Cet aspect est original et cohérent avec son manque de puissance physique.

Elle doit aussi compter sur la patience, l’observation et la méthodologie. Dans de nombreuses situations, il faut analyser les routines des infectés, lancer des bouteilles pour détourner leur attention ou encore utiliser les sources de lumière à son avantage. On ressent clairement le retour d’éléments empruntés à Resident Evil 7 ou au remake du second opus, mais poussés encore plus loin. Très clairement, Grace n’est jamais en sécurité.

Ces séquences sont parmi les plus réussies du jeu, notamment grâce à la tension constante et à la sensation de fragilité permanente.

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… tandis que les infectés sont enfermés avec Léon.

De l’autre côté, Leon S. Kennedy incarne la puissance brute : il ne se retrouve pas dans le chaos, il fonce dedans. Littéralement, Léon enchaîne les séquences d’action en traversant des foules d’infectés, avec des passages à la tronçonneuse qui jouent clairement sur la nostalgie du très bon Resident Evil 4, remis ici au goût du jour.

Toujours à l’opposé de Grace, Léon dispose d’un arsenal professionnel complet, allant de la hache (utile pour parer certaines attaques) jusqu’au lance-roquettes, de quoi réduire en miettes tout ce qui se dresse sur son chemin. Et c’est un vrai plaisir de retrouver Léon, personnage emblématique de la saga, avec son flegme inimitable, son charisme intact et ses punchlines lâchées presque à chaque réplique, ce qui permet de détendre l’atmosphère après une séquence anxiogène vécue avec Grace.

Ce contraste entre les deux styles de gameplay apporte un vrai souffle au jeu : les moments oppressants et méthodiques vécus avec Grace renforcent la satisfaction des séquences explosives avec Léon. Cette alternance crée un rythme très efficace, évite la monotonie et maintient constamment notre attention.

Il est également bon de noter que, pour renforcer l’immersion, il est possible de choisir entre une caméra FPS ou TPS pour les deux personnages, une option modifiable à tout moment.

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La beauté de l’horreur

Le moteur RE Engine, utilisé dans bon nombre de productions Capcom, est toujours plus somptueux et époustouflant. Le Sanatorium Rhodes Care Center est un lieu… mais bien plus en réalité ! Le Path Tracing est d’ailleurs une folie : une véritable claque visuelle. L’exploration de cette zone, avec ses nombreux couloirs oppressants, ses salles abandonnées et tous les secrets qu’elle renferme, est un régal.

Le level design est léché, et les lumières dynamiques ainsi que les ombres accentuent parfaitement les faiblesses de Grace, qui s’y retrouve piégée.

Mais au‑delà des décors, le chara‑design des ennemis est, lui aussi, très travaillé. Les infectés ne sont pas de simples sacs à PV attendant d’être défoncés : chacun possède un passé lié à une activité (chanteuse, membre du RAID, etc). Quant aux boss, ils bénéficient d’animations bien plus poussées que celles des infectés classiques.

Pour parfaire l’ensemble, le sound design joue un rôle essentiel dans la montée de la pression. La musique sait se faire discrète pour laisser place aux bruits ambiants (pas, craquements, gémissements), tout en montant en puissance lors des affrontements.

Grâce à la très belle qualité des graphismes et au travail minutieux sur l’audio, on s’immerge totalement dans l’univers proposé. Chaque couloir, chaque ombre, chaque bruit devient un élément qui renforce la tension et nous plonge encore plus profondément dans l’expérience.

Le jeu tourne de manière stable, même dans les zones les plus chargées en effets visuels et les temps de chargement restent très courts. Les options graphiques sont nombreuses et permettent d’ajuster précisément l’expérience selon sa configuration, que l’on vise la performance ou la qualité maximale.

Même avec le Path Tracing activé, le moteur reste étonnamment solide, à condition d’avoir une machine adaptée. Globalement, l’optimisation est soignée et permet de profiter pleinement de l’ambiance sans être freiné par des soucis techniques.

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Dévoreur de temps

Comme tout bon Resident Evil, une fois le jeu terminé, il ne reste plus qu’à le refaire pour réduire au maximum le temps de la run : comptez environ 10 à 12 heures pour une première partie en difficulté normale et un succès qui demande de finir le jeu en moins de quatre heures… bon courage.

L’histoire peut être complétée dans plusieurs difficultés et plusieurs modes. Le mode Classique, à la différence du mode Moderne, empêche Grace de sauvegarder sans utiliser de rubans pour la machine à écrire. Les sauvegardes automatiques sont également absentes lorsqu’on joue avec elle dans ce mode.

Une fois le jeu terminé une première fois, un mode Démentiel devient disponible et il porte très bien son nom : les ennemis et les boss infligent davantage de dégâts, sont plus rapides et bien plus nombreux. Les “Blister Heads” (ces infectés qui se relèvent avec une tête d’hémorroïde surpuissante) apparaissent beaucoup plus souvent, et ce, à n’importe quel moment du jeu.

Grace ne peut toujours pas sauvegarder sans rubans encreurs. Bref, un vrai challenge : pour réussir ce mode, il est clairement recommandé de débloquer les bonus comme les munitions infinies grâce aux points obtenus lors de la première partie en accomplissant divers challenges.

Resident Evil : Requiem propose une très bonne rejouabilité et un terrain idéal pour les speedrunners.

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Il est facile d’affirmer que cet opus est un incontournable de l’année 2026, aussi bien pour les joueurs que pour la saga elle‑même.

Capcom démontre que, malgré trente années d’existence, Resident Evil reste la référence du genre et qu’ils sont toujours capables d’offrir une nouvelle expérience tout en restant fidèles aux racines de la licence.

Le tout en proposant une aventure qui satisfait aussi bien les aficionados que les amateurs plus occasionnels. C’est une très belle réalisation qui tombe à pic pour fêter les trente ans de la franchise.

Points positifs
  • Mécanique de jeu de Grace dans la première partie...
  • Dualité du gameplay de Grace et Leon
  • Atmosphère générale
  • Sound Design
  • Rejouabilité
  • Scénario honorant la saga 
Points négatifs
  • ... trop vite disparues
  • Seconde partie plus conventionnelle
  • Puzzles trop faciles