Test de John Carpenter’s Toxic Commando
John Carpenter’s Toxic Commando a fait son arrivée sur nos bécanes en mars de cette année. C’est édité par Focus Entertainment et développé par Saber Interactive, avec la participation de John Carpenter lui-même sur l’histoire et la musique. À l’heure où les shooters coopératifs horde reviennent en force avec des titres qui revisitent la formule de Left 4 Dead, le jeu arrive-t-il à combler nos espérances ? En proposant un système de combat horde aussi chaotique que satisfaisant ? Cette nouvelle expérience satisfera-t-elle les fans du genre zombie co-op ? Ainsi que les nouveaux arrivants ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.
John Carpenter’s Toxic Commando

John Carpenter’s Toxic Commando est un FPS d’action horde shooter en vue subjective, centré sur du coopératif jusqu’à quatre joueurs en ligne avec cross-play complet entre PC, PS5 et Xbox Series.
Il est jouable en solo avec des bots, même si l’expérience est clairement pensée pour le multijoueur et qu’il n’y a pas de mode offline pur.
Le thème puise dans l’horreur et l’action déjantée des années 80 : on incarne des mercenaires un peu borderlines envoyés nettoyer une Terre terraformée par une entité cauchemardesque.
La durée de vie dépendra totalement de votre volonté (ou non) de jouer et de rejouer les différentes missions en boucle. Sinon, pour un run (mais ce n’est pas le principe du jeu) cela tourne autour de huit à dix heures pour la campagne principale.

Sur PC, via Steam et Epic Games Store, on trouve la Standard Edition à 39,99 € et la Blood Edition (avec des cosmétiques supplémentaires) autour de 49,99 €.
La carte se compose de neuf missions principales divisées en trois actes, dans des environnements apocalyptiques ouverts : zones marécageuses boueuses, ruines industrielles, forêts corrompues et routes défoncées.
Le level-design mise sur la verticalité et la traversée motorisée : on passe d’objectifs linéaires à des zones plus libres où les véhicules (camions tout-terrain, buggies) permettent de charger dans les hordes ou de fuir.
Une histoire sommaire

On suit une équipe de mercenaires recrutés pour stopper le Sludge God, une abomination sortie d’une expérience ratée sur le noyau terrestre. Cette entité transforme la planète en cloaque et les humains en zombies hurlants. Le récit alterne entre cinématiques et dialogues in-game pendant les missions, avec un ton buddy-movie inspiré des années 80.
Je ne vous cache pas que l’histoire, c’est quelque chose de très anecdotique dans ce style de jeu.
On a droit à des cinématiques avant et à la fin des missions. L’empathie pour les personnages centraux se construit via leurs échanges constants, même si les relations secondaires restent sous-exploitées et superficielles. On a le vétéran bourru, le technicien geek, la medic un peu folle et le tank tête brûlée. Je ne me suis pas immergé avec ce panel, mais là encore cela reste secondaire.
Les doublages anglais sont énergiques et collent au ton, avec des sous-titres français de bonne qualité. Le doublage français n’est pas disponible, mais les voix originales passent bien.
L’ambiance est kitsch et plutôt fun, ce qui colle parfaitement à l’esprit Carpenter, avec des moments gore et absurdes qui font sourire.
Une direction artistique de qualité

Les graphismes tirent pleinement parti du Swarm Engine pour gérer des centaines de zombies à l’écran sans broncher.
Les environnements se renouvellent correctement au fil des missions : marécages gluants, villes en ruine envahies de végétation corrompue, usines abandonnées et routes boueuses.
On passe d’espaces ouverts à des goulets plus resserrés, ce qui évite la monotonie malgré la durée modérée. Les textures sont fines et détaillées. Elles rendent bien la boue, le sang et la rouille. Les skybox sont sombres, ce qui renforce l’ambiance post-apo.
La gestion des lumières et des effets dynamiques est solide : explosions, éclaboussures de sludge, brouillard toxique et traînées de sang lors des démembrements restent fluides même en pleine horde.
Les personnages sont bien modélisés et les ragdolls des zombies sont particulièrement jouissifs quand ils volent sous les impacts.

La direction artistique retranscrit fidèlement cet univers gore et survolté : crédible dans son délire, avec un look sale et viscéral qui facilite l’immersion dès les premiers pas.
Côté sonore, le sound design est nerveux et immersif : crissements de chair, explosions de boue et hurlements des monstres collent à l’action. Les armes rendent bien également avec des bruitages convaincants et bien pêchus.
La musique, influencée par Carpenter lui-même, maintient une tension électronique qui monte en puissance. Ce n’est pas l’aspect que j’ai préféré, mais elle fait bien le taf.
Au niveau de l’optimisation, cela tourne correctement sur des configs récentes avec du DLSS ou FSR et une stabilité honnête en 1440p ou 4K avec des framerates solides. Pas de crashs massifs ni de clipping majeur. C’est bien finalisé, même si j’y ai joué après sa sortie.
Un gameplay à peaufiner

On progresse mission par mission en éliminant des vagues de zombies, en complétant des objectifs (détruire des nids, escorter un véhicule, survivre à une horde) et en utilisant les véhicules pour traverser les zones.
Il n’y a pas de Versus et on incarnera toujours les survivants !
Les règles sont simples : rester en vie, coopérer pour ressusciter les alliés et gérer ses ressources. La prise en main est intuitive et rapide. On comprend les bases en quelques minutes. La courbe de progression est satisfaisante : chaque classe gagne en puissance via un arbre de compétences déblocable avec l’XP accumulée. Il en va de même pour notre armement que l’on pourra améliorer, petit à petit via divers mods d’armes (canon, poignée, etc.).
Il y a quatre classes distinctes. L’assaut spécialisé dans le nettoyage à grande échelle grâce à sa capacité de lancer des boules de feu explosives. L’opérateur qui déploie un drone de combat autonome qui attaque les ennemis et peut ranimer les alliés. Les deux dernières sont plus défensives. Le défenseur, c’est le « tank » qui déploie un dôme protecteur bloquant les attaques à distance et infligeant des dégâts aux ennemis à proximité. Et enfin, le médecin qui maintient en vie l’équipe via une aura de guérison continue et des soins d’urgence.

C’est assez complémentaire, avec des pouvoirs surtout utiles lorsqu’il y a de grosses hordes à l’écran pour faire le ménage ou préserver nos équipiers. Leurs arbres de compétences sont assez sommaires. Il n’y a pas grand-chose d’intéressant à débloquer et c’est moyennement bien pensé au final. Y’en a un car il faut en mettre un quoi !
On choisit nos armes (fusils d’assaut, shotguns, snipers, armes spéciales, katanas) et on les upgrade avec des pièces qui modifient leur comportement. Elles sont toutes accessibles dès le départ. Mais comme on met pas mal de temps à les développer, on n’en change plus trop par la suite, à quelques exceptions près.
L’aventure reste dense du début à la fin, même si le plaisir est plus fort en groupe. Ce qui fonctionne bien, c’est le feeling de tir réactif, les grosses hordes et le côté addictif des upgrades.
Ce qui aurait pu être mieux : les bots (lorsqu’il n’y a pas quatre humains) sont souvent inutiles ou bloqués. Et le rythme est décousu, car l’action n’est pas toujours effrénée.
En effet, on se déplace sur la map à pied ou en véhicules. Ces passages sont satisfaisants parce que c’est toujours sympa d’écraser des zombies !

Certains véhicules disposent d’un treuil que l’on lance afin de se désembourber ou dans le but d’accélérer lorsqu’il s’accroche au sol. Une fois la technique comprise, on avance assez vite. C’est bien fait et récréatif, mais c’est moins rythmé que de dessouder une horde de plusieurs centaines d’ennemis.
C’est un peu le souci du jeu, on perd du temps à se rendre aux divers points d’intérêt. Le final est excellent, mais cela ne dure pas trop longtemps. Après, on recommence une autre mission avec un rythme toujours en dents de scie avant un autre final explosif.
J’ai bien aimé, mais à la longue certains passages deviennent moins amusants après le plaisir de la découverte. Mais globalement, on s’amuse beaucoup une fois le feeling trouvé.
Des combats vitaminés

Les affrontements sont au cœur du jeu : on tire, on utilise des capacités spéciales, des grenades et même des armes de mêlée pour découper des hordes entières.
Le ressenti est à la fois bourrin et tactique : il faut gérer sa position, ses ressources et le soutien des coéquipiers en temps réel. Sur la durée, les combats gagnent en intensité grâce aux boss et aux vagues plus dures, avec un arsenal d’armes à utilisation unique qui s’étoffe (mitrailleuses lourdes, lance-flammes, etc.).
Dans les difficultés basses, c’est une ballade de santé. Mais il y a un gros gap à passer pour les plus hautes et il faudra vraiment être bien équipé et bien entouré pour en venir à bout.
Le gunplay est précis et jouissif, les démembrements satisfaisants (sans être au niveau de Killing Floor 3 ou d’un Dying Light The Beast) et le chaos coopératif donne une vraie sensation de puissance.
Les mitraillettes frappent fort et juste et les fusils à pompe découpent à tout-va avec une bonne sensation de puissance et de recul.

Je suis moins emballé par le corps à corps. Je joue encore à Killing Floor 3 et là, il y a un monde d’écart avec l’utilisation du katana, par exemple. Dans John Carpenter’s Toxic Commando, on ne ressent pas l’impact de nos coups et cela ne découpe pas spécialement les membres de nos ennemis. Très fade en comparaison.
Mais si vous aimez le genre, l’ensemble marche très bien. Les gunfights y sont pour beaucoup. Ce qui marque, ce sont les finales de mission avec des hordes de zombies à l’écran hallucinantes. Mais, comme je l’ai déjà souligné, c’est dommage que l’on n’en rencontre pas plus durant notre périple, ce qui casse trop le rythme.
John Carpenter’s Toxic Commando est un shooter coopératif solide qui mise sur du gunplay nerveux, des hordes impressionnantes et des véhicules bien intégrés dans un univers 80’s gore et déjanté.
La direction artistique et le sound design renforcent l’immersion dans ce monde hostile et sanglant.
Le titre n’est pas exempt de tout reproche, mais il devrait plaire aux amateurs de horde shooters coopératifs qui cherchent du fun immédiat et du chaos partagé.
On le conseille surtout aux joueurs qui ont des potes pour lancer des sessions régulières. Car il offre une bonne dose d’action viscérale malgré un souci de rythme non maîtrisé.
- Gunplay précis et jouissif
- Hordes spectaculaires
- Véhicules qui apportent une vraie variété
- Sound design immersif
- Multijoueur cross-play fluide
- Histoire et personnages assez légers
- Bots souvent inefficaces ou frustrants
- Le corps à corps peu convaincant
- Un rythme mal maîtrisé
- Des niveaux de difficulté mal dosés