Test de 007 First Light
007 First Light marque le retour de James Bond. C’est développé et édité par IO Interactive, les créateurs de la série Hitman. Ce titre propose une origin story inédite pour un jeune 007 qui rejoint le programme Double-0 du MI6. Après des années sans grand jeu digne de ce nom pour la licence, les attentes sont élevées pour un mélange d’espionnage, d’action et de narration cinématographique à la hauteur du mythe. Le jeu tient-il la route sur nos bécanes ? Avec une intrigue captivante ? Et des mécaniques inspirées ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.
007 First Light

Il s’agit d’un jeu d’action-aventure narratif en solo avec une vue à la troisième personne. La durée de vie est d’environ 15-20 heures pour l’histoire principale et c’est extensible à une quarantaine avec les collectibles et surtout les missions de simulations tactiques rejouables (TacSim).
C’est un système de replay endgame conçu pour rejouer des scénarios du jeu avec des contraintes, du scoring et des récompenses à la clé. Il y a deux sortes de missions : tout d’abord Escalations qui se déroule en plusieurs niveaux progressifs avec une difficulté qui augmente à chaque étape. On retrouve également Operations, qui sont des replays de missions proches de la campagne, mais avec des modificateurs de gameplay et une durée plus longue. Cela apporte une certaine rejouabilité, si vous adhérez au concept, car il y a des modificateurs, des contraintes et un scoring global pour un classement en ligne.
Cela permet de bien tester des styles de gameplay différents, de rejouer des passages de manière plus musclée et de débloquer de nouveaux skins.

Sur PC, le jeu est disponible en édition standard contre environ 70 € et une Deluxe Edition à 80 €, avec des bonus cosmétiques plus que futiles ! Vous pouvez aussi acheter à 20 Euros le passage de l’édition standard à Deluxe. J’imagine que c’est pour inciter le balant à prendre directement la Deluxe, pour lui faire croire qu’il fait une bonne affaire. Mais, je vous assure que ce n’est pas le cas. Car cela ajoute uniquement des costumes utilisables en TacSim et des gadgets dorés…
L’époque est contemporaine, avec un Bond jeune et brut de décoffrage, loin de l’agent lisse et expérimenté des films. Les thèmes tournent autour de l’espionnage, de la trahison, des technologies prédictives et de la formation d’un agent d’élite.
Les environnements sont variés, on va bien voyager : îles glaciales en Islande, installations high-tech à Malte, rues de Londres, Thailande, villas luxueuses et autres lieux exotiques qui renouvellent bien le cadre au fil de l’aventure. Le level design brille par ses multiples approches, inspirées de Hitman, avec des opportunités d’infiltration sociale, d’usage d’environnement et d’improvisation. Toutefois, cela m’a semblé bien moins pointu, sur ce point, que ledit Hitman.
Une histoire captivante

Le titre suit un jeune James Bond, officier de la Royal Navy, recruté par le MI6 après un acte héroïque. On le voit progresser dans le programme d’entraînement Double-0. Et ensuite vite plonger dans une mission impliquant une opération de couverture informatique prédictive, des agents renégats et des enjeux globaux.
C’est une origin story originale, qui montre un Bond plus vulnérable, impulsif et en construction, sans reprendre directement les romans ou films existants. Cela nous laisse donc en terrain vierge quant au déroulement de l’intrigue. La narration est majoritairement cinématographique, avec des cinématiques dynamiques, des champs-contrechamps et des séquences qui maintiennent le rythme. Les animations faciales sont de qualité, transmettant bien les émotions et les relations tendues ou complices avec les personnages secondaires.
L’empathie pour ce Bond en devenir fonctionne : on le voit évoluer, commettre des erreurs et gagner en assurance. Il est plutôt drôle avec une bonne répartie. La qualité des dialogues est bien écrite avec des répliques incisives de sa part, mais aussi des autres protagonistes. J’ai bien aimé, car c’est loin d’être toujours le cas ! C’est Patrick Gibson qui l’incarne avec brio. J’ai eu du mal à le reconnaître par rapport à son rôle principal dans Dexter Original Sin.

On retrouve aussi avec plaisir Lennie James croisé dans The Walkind Dead et son spin-off Fear The Walking Dead. J’ai, là aussi, beaucoup apprécié son interprétation. De manière générale, les relations avec les personnages secondaires sont bien développées, avec des dialogues riches et des enjeux personnels qui évitent souvent les clichés. Certains sont plus poussés que d’autres, mais cela fonctionne bien.
Le doublage (en anglais, sous-titré français) et la mise en scène sont immersifs même si le titre est un peu lent au début et précipité vers la fin.
Cette histoire constitue clairement un des gros points forts. Elle est digne des meilleurs films Bond récents, avec des twists, de l’humour, de l’émotion et une intrigue contemporaine. On ne s’ennuie pas et on se laisse facilement emporter dans cette atmosphère qui représente bien celle de la franchise.
Une direction artistique de qualité

Visuellement, 007 First Light propose une direction artistique soignée qui capture l’élégance et le danger du monde de Bond. Les environnements se renouvellent efficacement : des paysages froids et hostiles aux villes animées, en passant par des intérieurs luxueux ou high-tech. Cela ne constitue pas une claque visuelle, mais cela reste très agréable à l’œil !
Les textures sont généralement de bonne qualité, car elles sont fines et détaillées. Les skybox sont convaincantes et elles offrent de jolis panoramas lorsque l’on se trouve en extérieur.
L’éclairage est classique (rasterisation) et ne propose pas de ray ou path tracing. Toutefois, les développeurs ont annoncé qu’une mise à jour apporterait du path tracing cet été. C’est dommage que cela ne soit pas disponible à la sortie, car je ne pense pas refaire le jeu juste pour cela. Et j’aurais bien aimé en profiter lors de mon périple.
Bref, la gestion de la lumière (dynamique, reflets, ombres) crée, malgré tout, une ambiance immersive, surtout dans les scènes d’infiltration nocturnes ou les affrontements explosifs. Cela reste de bonne qualité même sans technologie dernier cri.

Les personnages sont bien modélisés, avec des animations fluides et des ragdolls réalistes. Le design du monde est crédible et immersif, facilitant l’incarnation de notre héros.
L’ambiance sonore constitue un atout majeur : le sound design est précis (pas discret, sonorisation des armes, impacts, gadgets, etc.) tandis que les musiques orchestrales sont correctes avec un thème principal notable interprété par Lana del Rey.
L’optimisation est globalement solide, essentiellement avec du DLSS/FSR. Le jeu tourne bien sur du matériel récent à 4K/60 fps ou plus, mais il est exigeant. J’ai juste croisé du clipping et du popping (léger) lors des séquences en voiture.
Un gameplay varié

Le jeu se déroule dans un monde très linéaire avec des niveaux offrant une bonne liberté d’approche : infiltration discrète, combat direct ou usage de gadgets. Mais un terrain de jeu très étroit. On va directement du point A au point B. Cela ne m’a pas gêné, mais c’est très dirigiste.
Les approches sont libres : discrétion à la Hitman, corps-à-corps, tir ou improvisation. La prise en main est accessible, avec une courbe d’apprentissage douce qui récompense vite la créativité. La progression est light sans arbre de compétence et elle se fait via des compétences et améliorations qui étoffent les options sans complexifier outre mesure.
Le ressenti est positif, car le gameplay propose des séquences qui se renouvellent bien. L’architecture des missions se ressemble, mais on peut varier les approches. L’infiltration repose surtout sur la discrétion. On est encouragé à éviter les confrontations directes en utilisant l’environnement, les déguisements et les gadgets pour passer inaperçu. On peut bluffer et raconter n’importe quoi aux gardes, la plupart, nous laisserons tranquilles.

Les ennemis réagissent au bruit, aux zones interdites et aux comportements suspects. Ce qui oblige à observer les patrouilles, attendre les bons moments et progresser lentement plutôt que de foncer. L’idée est de “contrôler la situation sans être vu”, un peu comme un agent MI6 en mission clandestine. Avec notre lentille de pointe, on peut voir en infrarouge la position et le déplacement de nos adversaires. Joli cheat code qui passe forcément à travers les murs. Cela simplifie drôlement les choses.
On peut rendre malade nos adversaires avec un gadget. Direction les chiottes pour eux et nous on pourra passer, ainsi, facilement le passage qu’ils gardés. C’est basique en fait, cela fait le job, mais cela m’a semblé moins poussé qu’Hitman sur ce point.
Un autre gadget nous permet d’interagir avec des éléments du décor. Cela m’a rappelé quelque peu Watch Dogs. On a la possibilité de déclencher un aspirateur, une radio, et le garde ira voir ce qu’il se passe. On peut aussi faire exploser des trucs ou leur faire tomber des choses sur la tête lorsqu’ils sont proches des pièges. Simple et efficace.

Le combat au corps à corps est gratifiant. On peut envoyer des beignes, bloquer les attaques, lancer des objets (comme le dernier Indiana Jones) et attraper une personne pour la balancer dans une direction. J’apprécie fortement cette dernière possibilité qui est très fun lorsque l’on va écraser la tête de l’ennemi contre une table, un mur ou même un extincteur. On peut aussi le lancer dans le vide, haha. Là encore rien de fou, c’est assez facile car les patterns pour bloquer sont toujours les mêmes. Mais cela devient plus compétitif lorsque l’on a quatre ou cinq ennemis à gérer en même temps. Cela arrive souvent si l’alerte est donnée en cas de repérage.
Enfin, les séquences avec des armes sont là aussi classiques, on se cache derrière une protection, comme un muret, et on enchaîne les headshots pour nettoyer la salle. On n’a pas beaucoup de munitions, mais à la souris ce n’est pas dur d’en venir à bout. On peut tirer dans la jambe ou dans l’arme de l’ennemi, mais au final pourquoi faire ? Lorsqu’un simple tir à la tête suffit ! Si vous avez l’habitude des FPS ou de ce genre de jeu, c’est vraiment simple car on regen continuellement, les ennemis nous lancent des grenades dès fois (le plus souvent seulement aveuglantes) et viennent surtout à nous continuellement ou relèvent la tête pour se prendre un pruneau bien mérité.

Il suffit de rester où l’on est et de viser au moment opportun. Je n’ai pas trouvé beaucoup de challenge dans ces séquences. Comme souvent on peut faire de l’infiltration, mais c’est plus rapide d’enclencher l’épreuve de force. L’IA n’est pas follichonne par moments, car elle ne détecte pas des bruits de castagnes à deux mètres d’elle. J’ai précisé les séquences de tirs et la baston : si vous bloquez au bon moment, cela suffit à s’en sortir.
Malgré tout, le feeling est bon(d) parce que les situations varient assez fréquemment. Il n’y a pas vraiment d’innovation : on pourrait parler d’un mix entre Uncharted, Watch-Dogs (pour les gadgets) et d’Hitman. C’est très plaisant à faire, un bon jeu dans la franchise même si tout n’est pas parfait.
Les séquences de conduites sont tellement peu nombreuses et courtes qu’il n’y a au final pas grand-chose à en dire. Les combats contre les boss sont rares et pas spécialement inspirés.
Cela plaira surtout aux amateurs d’espionnage cinématographique et d’action narrative, les puristes du shooter pur ou ceux cherchant une révolution pourraient être un peu plus mitigés.
Une excellente origin story James Bond, avec une narration prenante, un gameplay diversifié et une présentation de qualité.
Les environnements variés qui bénéficient de jolis graphismes offrent une expérience immersive qui est décuplée grâce à un bon sound-design.
L’histoire et l’atmosphère portent le titre, même si le gameplay n’invente pas tout. Il comble largement les attentes pour un retour du personnage en jeu vidéo, sans atteindre la perfection absolue.
- Histoire captivante et bien mise en scène
- Des personnages attachants très bien interprétés
- Gameplay varié alliant stealth, action et gadgets
- Direction artistique et ambiance sonore immersives
- Liberté d’approche
- Durée de vie solide
- Quelques baisses de rythme ou de répétitions dans le gameplay
- Une aire de jeu très restreinte et dirigiste
- Les rares séquences en véhicules sont juste là pour remplir un cahier des charges