Test de Zaccaria Pinball EM+ Pack 6 et de Lucky Fruit Deluxe
Zaccaria Pinball continue d’enrichir son catalogue avec la mise à jour 113 de juin 2026. Au programme, le pack EM+ 6, composé de quatre nouvelles tables ainsi que la Lucky Fruit Deluxe Pinball Table, version retravaillée et modernisée d’un concept existant. Une mise à jour qui s’inscrit dans la continuité directe du travail de Magic Pixel Kft : multiplier les variations autour de ses modèles EM+ et pousser progressivement ses tables “Deluxe” vers une lecture plus moderne du flipper virtuel. Mais entre fidélité rétro et modernisation assumée, le résultat tient-il vraiment ses promesses en termes de gameplay ? Cela fait aussi plusieurs mois d’affilée que le studio enchaîne autant de nouveautés. Quantité rime-t-elle toujours avec qualité ? Est-ce utile de passer encore à la caisse ? Éléments d’explication et verdict ci-dessous.
Zaccaria Pinball

Zaccaria Pinball a quitté sa longue période d’accès anticipé sur Steam le 16 octobre 2025 après neuf longues années de développement et d’amélioration. Magic Pixel Kft continue de peaufiner son bébé avec cette mise à jour 113 (début juin) et on peut bénéficier :
D’un EM+ Table Pack 6, facturé 7,79 euros, comprenant quatre tables : Shooting the Rapids EM+, Mexico EM+, Granada EM+ et Pool Champion EM+.
Et de la Lucky Fruit Deluxe facturée à 4,99 euros. Les joueurs peuvent également profiter de la bande-son associée via le DLC Zaccaria Pinball – Original Soundtrack, disponible contre 9,75€. On notera qu’il n’y a pas de pack sous licence cette fois-ci, alors que le studio enchaîne ce concept quasi immuable depuis sa sortie de l’accès anticipé.
J’ai joué uniquement en VR pour tester tout cela, car je possède la fonctionnalité VR qui est vendue à 15 euros environ. Une fois acquise, on peut jouer en réalité virtuelle à toutes les tables de Zaccaria Pinball. Comme pour toutes les autres simulations qui proposent cela (Visual Pinball, Future Pinball et Pinball FX VR), je trouve qu’il y a un monde d’écart entre la VR et une représentation toute plate. Cela est d’autant plus vrai pour Zaccaria Pinball.
EM+ Table Pack 6

Cette nouvelle catégorie constitue donc une évolution des tables Retro. Magic Pixel Kft décrit cela comme des flippers électromécaniques plus avancés, dotés de fonctionnalités spécifiques aux flippers modernes, comme une configuration plus sophistiquée, des lampes à prisme, des pistes musicales entraînantes et des règles plus difficiles. Je trouve que cela constitue une avancée intéressante si on aime le genre. En général, je m’y amuse plus que sur les rétros, mais cela manque encore un peu de profondeur.
Il est exact que le sound design et les musiques sont plus dynamiques que les Rétro. C’est vintage et assumé. C’est donc authentique, mais cela reste un peu trop sage pour moi. J’aime bien avoir une ambiance bien pêchue. Et là, même si cette catégorie passe un cap en la matière, cela ne s’emballe pas non plus avec ces quatre nouvelles tables. C’est donc correct, mais pas fou au niveau des bruitages. Les musiques sont, elles aussi, pas mémorables (pour moi).
Visuellement, je trouve les playfields artworks souvent génériques dans cette catégorie. Et cette fois-ci, cela sera encore le cas. J’avais bien apprécié le pack 5 qui me semblait plus intéressant en la matière. C’est selon les goûts, me direz-vous.
Les Playfield Layout sont variés et bien imaginés, comme toujours (ou presque) chez Zaccaria. Ils reposent sur une structure volontairement lisible, avec des zones de jeu assez ouvertes et une circulation de billes qui privilégie les trajectoires directes.
On retrouve cette sensation typique des tables électromécaniques revisitées : peu de détours complexes, mais une lecture immédiate de ce qu’il faut viser. Les banques de cibles occupent fréquemment une place centrale dans la construction du scoring, encadrées par des bumpers qui viennent rythmer les phases de rebond. Cela donne des tables accessibles, mais qui reposent beaucoup sur la précision et la répétition des trajectoires maîtrisées.
Mais elles sont très punitives avec des retours violents, des outlanes carnivores et un drain central lui aussi vorace. Sur la durée, cela manque de variété dans le ruleset et cela devient répétitif, mais cela constitue clairement l’identité EM+.

Le cœur du gameplay repose sur des mécaniques classiques : compléter des banques de cibles, activer des séquences de lanes et déclencher des phases de score temporisées. L’approche est très “arcade rétro”, avec une logique immédiatement compréhensible dès les premières parties.
Cette simplicité est à la fois la force et la limite de ces packs. D’un côté, elle permet une prise en main instantanée et des parties rapides, sans surcharge d’informations. De l’autre, elle réduit la profondeur stratégique sur le long terme, les objectifs restant globalement similaires d’une table à l’autre.
Shooting the Rapids EM+
L’exemple même de ce que j’appelle un playfield artwork générique conçu par IA sans aucune âme. Un thème indien avec une mise en scène centrée sur des éléments de rivière et de parcours aquatique.
Au niveau de l’agencement du plateau, c’est sommaire. Une orbite à gauche et une à droite qui font bien tout le tour, on atteint trois pop bumpers, ainsi qu’un quatrième plus excentré sur la droite. Cela a un petit côté amusant lorsque cela rebondit dessus via un des trois autres.
On retrouve deux trous éjecteurs à gauche, un en haut et l’autre au niveau de la cave. Il y a quatre jeux de cibles fixes et tombantes. Et enfin, un flipper droit supplémentaire au milieu droit. Le flow est correct pour le genre de tables grâce aux belles orbites. La bille rebondit souvent, sur les bumpers, les slingshots et un élastique sur la paroi droite. Une table que je trouve très oubliable, car elle ne se démarque pas vraiment du lot.
Pool Champion EM+
Là aussi, un playfield artworks très générique. Du big mac : ni bon, ni mauvais, mais sans âme. Le thème est bien sûr lié à une compétition de billard.
L’agencement est plus complexe avec pas mal de flippers supplémentaires. On en retrouve deux pour un mini-plateau implanté, mais pas surélever en haut à gauche. Un autre à côté pour viser une bande de cibles ou les bumpers, encore un autre juste en dessous pour atteindre une autre banque de cibles tombantes cette fois-ci. Pour faire bonne figure, il y en a encore un dernier pour jouer latéralement.

Le bas du plateau est plus conventionnel avec un jeu de cibles à droite et à gauche, à côté d’un trou éjecteur. Enfin au milieu un jeu de cible fixes, un éjecteur et une sorte d’orbite centrale. C’est plus complexe que d’habitude, vous l’aurez remarqué. Il n’y a pas d’orbites conventionnelles sur les côtés ou de rampes. Ce sont tous ces flippers supplémentaires qui vont guider la bille au fur et à mesure sur les diverses zones du plateau. Je n’ai pas trouvé cela superbe, mais cela reste original et amusant lors d’un tournoi.
Mexico EM+
Je la trouve plus jolie avec toutes ces couleurs et ces fleurs. Le backglass est plus sympa que le playfied artwork, mais le tout s’intègre joliment, je trouve. Le thème tourne autour d’une fête et d’une ambiance festive dans la ville mexicaine.
Le milieu du plateau est très ouvert. La bille va prendre de la vitesse et rebondir sur les slingshots et des parois latérales qui ont des élastiques. Ce n’est pas si simple à contrôler par moment. On retrouve, une mini-orbite en forme de fer à cheval au milieu gauche. Elle entoure un trou éjecteur, c’est amusant car on peut évidemment la prendre des deux côtés via le flipper droit, mais aussi un côté via le gauche.
Au milieu droit, il y a un peu ce même principe avec un jeu de quatre cibles tombantes. Enfin, tout en haut à gauche, il y a deux jeux de cibles et un flipper gauche supplémentaire. Cela donne presque l’impression d’un mini-plateau.
Le flow est intéressant grâce à ces mini-orbites courtes et rapides. Ce n’est pas ma préférée du genre, mais cela se laisse jouer un temps.
Granada EM+

Visuellement, je trouve cela neutre : encore un big mac ! Le thème recrée un mariage espagnol traditionnel.
La plus intéressante du lot pour moi.
Les deux rampes, cela aide pour le flow. Il y a aussi une orbite gauche, qui nous amène sur cinq pop bumpers : cela va bien ricocher. Enfin, au milieu du plateau, il y a une grosse banque de cibles tombantes, un trou éjecteur à droite et un autre jeu de cibles fixes plus petit à gauche.
C’est simple, mais efficace. La bille circule bien et vite, les cibles sont faciles à viser. On s’y amuse rapidement un temps.
Un pack qui ressemble pas mal aux autres en fait. Si vous aimez le genre Rétro, le prix reste attractif et cela pourrait vous plaire. Moi, sur la durée, c’est plus compliqué car il n’y a pas grand-chose à faire. Mais, cela reste sympathique lors des tournois.
Lucky Fruit Deluxe
On se plonge dans un univers d’arcade fruité et festif inspiré des machines de casino, mêlant symboles de fruits et ambiance de jackpot. Visuellement, j’aime bien le ton des couleurs et on a bien la sensation d’avoir une machine à sou en face de nous.
Le changement de philosophie est net. Le playfield layout adopte une structure plus moderne et surtout plus segmentée, avec une densité d’éléments bien supérieure aux EM+. Ce qui est normal pour la catégorie Deluxe. L’ajout d’un second plateau transforme immédiatement la lecture du jeu, en introduisant une verticalité et une séparation des zones d’action.

On ne va pas se contenter de circuler sur un seul plan, mais on doit composer avec des sections distinctes qui modifient le rythme des parties. Cela donne toujours très bien en VR au niveau de la sensation de profondeur.
Le layout gagne aussi en complexité, notamment dans l’organisation des rampes et des zones centrales. Avec deux rampes à droite, dont une pour atteindre le niveau surélevé supplémentaire qui propose deux bumpers et une autre petite rampe courbe. Cela ricoche bien, on arrive à viser facilement cette rampe donc, j’apprécie de me retrouver sur ce playfield supplémentaire. A gauche, il y a un trou éjecteur au milieu, l’orbite à côté et une autre rampe, un jeu de cible et un trou éjecteur ainsi que une autre orbite.
En fait, ils ont fait quelque chose de très original et qui fonctionne parfaitement. Car il n’y a pas deux orbites que l’on prend à gauche et à droite, mais deux longues et courbées en fer à cheval pour la moitié gauche et une autre orbite en fer à cheval à droite. Ce n’est pas symétrique, mais le flow est excellent en rajoutant les rampes. On peut réaliser des combos endiablés et je trouve cela très fun.
L’orbite à droite, ils appellent cela un loop et on ne peut la prendre que par son côté gauche, par contre il y a un rollower switch placé trop bas de sa sortie. On va le déclencher souvent lorsque la bille ricoche et cela va nous donner des points comme si on avait pris la courbe alors que ce n’est pas le cas. C’est gratuit, on prend, mais je ne pense pas que c’était conçu avec cette optique à la base. Il aurait logiquement dû être placé plus haut pour ne pas s’activer de la sorte. Une table très fun à jouer.
Le ruleset n’est pas aussi développé que les dernières tables Stern ou Pinball FX, ce qui est aussi la norme pour la catégorie Deluxe. On sent une volonté de guider davantage le joueur (que les EM+), en structurant les actions autour d’objectifs identifiables plutôt que de simples zones de scoring.
C’est plus riche et dense avec une courbe d’apprentissage plus longue mais aussi une rejouabilité nettement plus importante. Je ne suis jamais réellement déçu avec ces tables et ce n’est pas Lucky Fruit qui va inverser cela.
- Lucky Fruit Deluxe
- La VR de qualité
- EM+ dynamise un peu plus les Retro
- Qualité inégale du pack EM+
- Ruleset toujours en retrait par rapport à la concurrence