Test d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced
Assassin’s Creed Black Flag Resynced ressuscite l’un des épisodes les plus appréciés de la saga avec une ambition rare : transformer un classique de 2013 en une expérience moderne sans trahir son âme pirate. Développé et édité par Ubisoft, ce remake entièrement reconstruit sur une version moderne du moteur Anvil sort le 9 juillet prochain. Dans un genre dans lequel les open world historiques peinent parfois à se renouveler, Black Flag Resynced arrive avec des attentes élevées. Ce remake tient-il toutes ses promesses ? Offre-t-il une véritable seconde jeunesse ? Où reste-t-il prisonnier de ses fondations ? La piraterie retrouve-t-elle sa saveur intemporelle ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced

Il s’agit donc d’un remake complet de l’open world action-aventure centré sur la piraterie. Il promet de faire revivre Edward Kenway et les Caraïbes avec les standards actuels, tout en conservant l’esprit de liberté et d’aventure maritime qui a fait son succès.
L’expérience reste uniquement solo. Le multijoueur a disparu et je pense que l’on nous renvoie à Skull and Bones pour cela.
La durée de vie est conséquente. Il m’aura fallu environ trente-cinq heures pour le finir en me baladant bien. C’est sûrement plus court en ligne très droite et plus long (une dizaine d’heures) pour faire le 100 %. C’est pas mal, mais en comparaison, j’ai largement doublé et triplé ce temps sur Shadows et Valhalla en leur temps.

Ces titres proposent bien plus de quêtes annexes développées en fait. Le jeu mêle missions principales, quelques rares secondaires et beaucoup de cibles à assassiner sur terre ou sur mer. On retrouve bien l’exploration libre et les activités navales.
Le level design conserve la vaste carte des Caraïbes avec des transitions fluides, sans chargement, entre mer et terre. Le gameplay global modernise la navigation, le parkour, les combats et l’infiltration tout en gardant l’esprit de liberté du Jackdaw.
Le prix affiché est de soixante euros environ pour l’édition standard et de soixante-dix pour la Deluxe qui rajoute des cosmétiques.
Une Histoire de pirates

L’action se déroule en 1715 dans les Caraïbes, au cœur de l’âge d’or de la piraterie. Edward Kenway, jeune capitaine impétueux et futur grand-père de Connor, cherche fortune et liberté. Il rencontre des figures légendaires comme Barbe-Noire, Anne Bonny ou Charles Vane, tandis que Britanniques et Espagnols se disputent la région.
La trame pirate reste fidèle, plaisante et immersive, avec des villes emblématiques comme Nassau, La Havane et Kingston. L’écriture générale gagne en fluidité, la mise en scène profite d’animations faciales améliorées et de cinématiques retravaillées. Le rythme narratif est mieux dosé, avec quelques (rares) quêtes secondaires enrichies pour certains personnages.
Je n’ai pas ressenti de grandes empathies pour Edward. Un personnage un peu lisse qui n’est intéressé que par l’argent. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il a le charisme d’un poulpe, mais il n’est pas très emballant.

L’histoire se laisse suivre agréablement. Mais cela ne constitue toujours pas un point central pour moi. Je l’avais quasiment oubliée depuis le temps. Les passages de Big Brother dans un univers à cette période cassent totalement l’immersion. Mais je comprends bien qu’ils n’allaient pas enlever ces éléments de la narration.
J’aurais préféré qu’il n’y ait pas ces séquences de science-fiction et que cela se déroule uniquement dans le monde crédible et dense de la piraterie.
Comme souvent, je trouve les développements des personnages emblématiques de l’époque pas spécialement passionnants. Barbe Noire, pour citer le plus connu, est très vite balancé aux oubliettes, par exemple. Il y avait mieux à faire, mais bon là encore, c’était dans le scénario original donc…
Une direction artistique de haute volée

Graphiquement, Resynced impressionne : tous les environnements ont été recréés avec des modèles détaillés, textures haute définition, végétation dense et éclairage dynamique. L’océan est sublime avec des vagues réalistes et des tempêtes crédibles. Les villes gagnent en vie et en densité, les ruines mayas, jungles et fonds marins sont magnifiques. On en prend plein les mirettes. Et on s’arrête fréquemment pour admirer le paysage.
Les décors se renouvellent très bien, sont superbes et très immersifs. C’est du niveau de ce que propose Shadows, donc le up visuel est très important par rapport à 2013 ! J’apprécie tout particulièrement les skybox avec les jolis couchers de soleil ou les orages. Ainsi, que le sol trempé, après une averse, qui reflète un max de détails. C’est vraiment très joli !
Les animations sont fluides, le parkour plus naturel et la physique améliorée. La cohérence artistique reste fidèle à l’esprit pirate tout en gagnant en immersion.
Les transitions entre la navigation et les villes sont désormais entièrement fluides, sans écran de chargement. Il est possible d’accoster, de descendre du Jackdaw et de partir explorer une ville sans interruption, ce qui renforce énormément la sensation de continuité du monde.

Le sound design est efficace avec des bruitages retravaillés (canons, vagues, lames) qui renforcent le feeling. Les ambiances sonores (mer, combats, villes) sont plaisantes à écouter ; notamment les chants de nos marins. Le doublage français reste de qualité, même si pour l’immersion, j’ai opté très vite pour l’anglais.
Enfin, la musique accompagne parfaitement l’aventure avec des thèmes marins entraînants.
Le portage PC est excellent avec de nombreuses options graphiques, ray tracing et performances stables. Je n’avais même pas (encore) les drivers Nvidia dédiés et cela tournait comme un charme. Je n’ai pas rencontré de bugs lors de mes sessions : un excellent point. Ce portage est soigné.
Un gameplay hyper accessible

La boucle principale conserve l’exploration libre, les assassinats, les chasses au trésor et les batailles navales, tout en modernisant profondément le parkour (plus fluide, sauts précis), l’infiltration (accroupissement libre, cachettes mieux exploitées) et les transitions mer/terre sans chargement.
La prise en main est intuitive pour les habitués et la courbe d’apprentissage douce grâce aux améliorations.
La progression s’effectue via les améliorations du Jackdaw et de notre domaine. Cela demande un max d’or constant.
Les officiers ajoutés sont intéressants tout comme leurs quêtes et leur développement. En effet, notre navire dispose désormais de nouvelles améliorations, de nouvelles compétences et surtout d’un système inédit d’officiers. Trois personnages peuvent rejoindre l’équipage, chacun apportant ses propres capacités ainsi que des missions dédiées qui développent leur histoire. Cette mécanique ajoute une dimension de progression supplémentaire qui n’existait pas dans le jeu original.

Edward Kenway n’a pas de système de leveling classique comme on peut en trouver dans les derniers épisodes de la franchise. Nos ennemis non plus du coup. On peut légèrement progresser en chassant des animaux et en récupérant leurs peaux afin d’améliorer notre santé et nos possibilités de stockage. Il y a un pouvoir qui est lié à nos sabres et deux autres à nos babioles. Contrairement à Shadows on ne peut pas les changer chez un artisan. Mais ils sont fondamentaux. Je vais y revenir.
J’avais déjà trouvé, à l’époque, que le gameplay (à pied) ne se renouvelait pas vraiment. Ici, il est plus fluide et il bénéficie des améliorations des autres épisodes de la franchise, mais on est en terrain très connu si on a déjà joué à un Assassin’s Creed.
Le parkour a donc été profondément revu. L’ancien système, parfois rigide, laisse place à des déplacements beaucoup plus naturels. Les sauts sont plus précis, les animations ont été retravaillées et Edward se déplace avec davantage de fluidité sur les murets (haha), les toits, et les falaises.

Les différentes interactions avec l’environnement sont plus nombreuses et le personnage répond bien mieux aux commandes qu’à l’époque.
Ce qui rend le jeu unique ; c’est cette liberté pirate intacte, modernisée avec respect. Il y a un sentiment de nostalgie et de fraîcheur, avec une immersion renforcée et peu de frustration. Même si les quêtes annexes sont très répétitives et ne sont pas développées (va assassiner lui à pied ou en mer et basta).
Il y a toujours des zones de pêche et de chasse aux trésors à des endroits spécifiques. Ces zones de plongée sont plus vastes, plus détaillées et moins linéaires. Les fonds marins offrent plus de secrets à découvrir et deviennent de véritables espaces d’exploration plutôt que de simples niveaux annexes. C’est important de les faire, si on veut accéder aux derniers niveaux d’améliorations de notre navire.
Cette expérience de Black Flag Resynced ne va pas faire avancer le schmilblick pour la franchise. Ce n’est pas ce que l’on attendait d’un Remake de toute façon. Par rapport à l’original, les améliorations sont nombreuses.
Une boucherie aussi brutale que simpliste

Le système est plus technique avec des combats qui ont évolués. Il y a de l’infiltration avec des bombes fumigènes pour partir en douce et surtout la sarbacane pour endormir nos proies. Le simple fait de pouvoir enfin s’accroupir librement change complètement l’approche des missions. Les cachettes sont mieux exploitées, l’environnement offre davantage de possibilités pour progresser discrètement et plusieurs mécaniques modernes viennent enrichir les assassinats silencieux.
La détection de l’IA est toujours la même que les derniers épisodes de la franchise.
Mais bon, c’est très bourrin et d’une facilité déconcertante. J’ai privilégié le rentre-dedans à la discrétion car c’est beaucoup plus facile et rapide. Cela fait longtemps que je n’avais pas roulé ainsi sur les ennemis dans un Assassin’s Creed.
Parce qu’il y a maintenant une possibilité de parade dans un timing assez large. Une fois réussie, on peut enchaîner avec un kill direct et trois autres supplémentaires sur les ennemis proches. Techniquement, ce n’est pas cette nouvelle possibilité de parer (contrer) qui occasionne cela. Cela revient au même que si l’on casse la garde à grands coups de sabres. Mais c’est beaucoup plus rapide. Notre opposant va devenir hébété et on va pouvoir lui infliger une mort directe. Et aussi à trois ou quatre (cela dépend d’une babiole) à côté de lui. Il y a des animations, c’est rigolo et super puissant.

Par exemple, j’arrive en courant vers un ou deux gardes. Je réalise un double assassinat (en appuyant sur une seule touche tant que je ne suis pas totalement détecté). Là, la réaction du reste du groupe est rapide. On m’attaque, je pare et je tue directement l’assaillant malheureux et j’enchaîne (toujours une seule touche) avec trois aux quatre autres victimes. Donc en même pas 10 secondes (avec les animations), on peut pulvériser cinq ou six ennemis. Cela fait vite du vide : Edward le roi de l’extermination de masse !
On retrouve (seulement) deux types d’ennemi : les normaux et les brutes. C’est derniers ne peuvent pas être victimes de kill direct enchaîné normalement. Mais on peut s’équiper d’une babiole qui rend cela possible. Ce n’est pas disponible au début du jeu, mais de toute façon il suffit d’un tir de pistolet (rapide) pour casser leur défense et effectuer un kill direct sur eux après. Habituellement, on ne peut pas parer leurs attaques. Mais là aussi, il y a un pouvoir sur les épées d’Ezio (disponible avec les récompenses du jeu dès le départ). Donc, on empile les cadavres à vitesse grand V.

Je rentre dans un fort, je laisse même le gars sonner l’alarme pour que tous les ennemis soient regroupés au même endroit (gain de temps). Je ne pense pas que cela ait été conçu comme cela à la base Haha.
En deuxième babiole, on peut opter pour un regain de vie lors d’une parade réussie (combo fatal) ou autre joyeuseté.
Il y a d’autres techniques de combat et j’ai apprécié de me servir des ennemis comme boucliers, de les balancer d’un rebord avec un coup de pied (quelque soit le jeu, je ne m’en lasse jamais), ou de les mettre à terre avec une balayette. On retrouve quelques rares boss et je n’ai pas trouvé ces affrontements très intéressants. Pas nul, mais bof.
En mer, ce remake profite de Skull and Bones pour affermir ces combats navals. On dispose de plusieurs canons proches, enflammés, de précision (lorsque l’on a percé un point vulnérable au préalable) et de mortiers surpuissants pour viser de loin. On peut aussi éperonner (toujours fun) les rivaux.

C’est des séquences que j’avais bien aimées à l’époque, j’ai joué à Skull and Bones et je les apprécie encore avec ce remake. Notre bateau évolue avec le temps et l’argent pour devenir une bête des mers. Une fois maîtrisé, là aussi on s’en sort assez facilement contre la majorité des groupes d’opposants.
Il y a toujours la possibilité d’aborder les navires ou de les couler. On aura le choix, une fois sur le navire ennemi et la résistance vaincue, de se l’approprier, de s’en servir pour réparer le nôtre, de baisser notre indice de recherche, ou bien encore (selon le niveau du navire) de récupérer le coffre du capitaine.
On peut ainsi se constituer une flotte bien à nous. Elle ne combattra pas à nos côtés, mais partira sur des contrats maritimes. S’ajoute à cela l’attaque de forts ennemis, afin de naviguer plus librement.
Le plaisir est toujours là ! Et si l’histoire d’Edward Kenway reste fidèle à celle du jeu sorti en 2013, quasiment tous les aspects techniques et une bonne partie du gameplay ont été revus dans le but de proposer une expérience qui répond aux standards actuels.
Assassin’s Creed Black Flag Resynced réussit son pari : offrir une seconde jeunesse remarquable à un classique sans trahir son identité.
La refonte graphique et technique est somptueuse si vous avez la bécane qui suit. Le gameplay a été modernisé avec intelligence. Et tout cela l’emporte largement sur des faiblesses mineures.
Comme il s’agit d’un Remake, nos attentes sont différentes de celles d’un nouvel opus.
Et, Black Flag Resynced adopte une approche assez différente de celle des derniers Assassin's Creed. Plutôt que de reprendre toutes leurs mécaniques, Ubisoft semble avoir sélectionné uniquement celles qui amélioraient réellement le confort de jeu et l'immersion, tout en conservant ce qui a fait le succès de l’original. Le résultat est un jeu qui bénéficie des avancées techniques et des améliorations de gameplay des productions récentes, sans abandonner l'identité qui a fait de Black Flag l'un des épisodes les plus appréciés de la série.
Le titre s’adresse aux fans de la saga, aux amateurs de piraterie et aux nouveaux venus. Dans le genre, il se positionne comme un remake exemplaire qui respecte les attentes modernes tout en conservant l’âme de 2013. Un retour en mer triomphal.
- Refonte graphique et technique impressionnante, surtout l’océan et les villes
- Parkour, infiltration et combats modernisés avec intelligence
- Liberté pirate intacte et enrichie (officiers et exploration fluide)
- Immersion renforcée et rythme agréable
- Nouvelles missions réussies
- Fidélité respectueuse à l’original
- Scénario moyen et personnages emblématiques peu développés
- Edward peine à susciter l’empathie
- Certaines quêtes annexes restent trop classiques
- La parade surpuissance qui roule sur tous les ennemis
- Prix du remake potentiellement élevé selon les éditions