Test de Denshattack!
Denshattack! déboule sur nos bécanes comme une locomotive lancée à pleine vitesse. Il s’agit d’un titre atypique qui procure une bouffée d’énergie pure, teintée d’anime et de folie. C’est développé par le studio espagnol Undercoders et édité par Fireshine Games. Le jeu propose un concept complètement déjanté : piloter un train comme s’il s’agissait d’une planche de skate, enchaîner tricks, grinds et sauts dans un Japon dystopique coloré. Entre les attentes d’un jeu d’action rythmé et l’héritage des classiques de l’ère Dreamcast, le titre soulève immédiatement une question : cette idée saugrenue peut-elle tenir sur la durée sans dérailler ? Éléments d’explications et verdict ci-dessous.
Denshattack!

Il s’agit d’un jeu d’action-plateforme arcade solo centré sur le score attack et les tricks. La campagne principale s’étend sur une quinzaine d’heures, avec une rejouabilité conséquente grâce aux classements, aux médailles et à la chasse aux high scores.
Le level design alterne entre circuits linéaires sur rails et sections semi-ouvertes offrant des embranchements, des chemins alternatifs et des environnements variés : rues, néons de Tokyo, volcans, plages, montagnes enneigées ou zones industrielles post-apocalyptiques.
Le gameplay repose sur une boucle addictive : maintenir une vitesse folle tout en réalisant des ollies, des kickflips, des grinds et des combos aériens avec un train customisable. Des missions de course, de scoring pur et des affrontements contre des boss viennent ponctuer l’aventure.
Le jeu est proposé à un prix accessible autour de 20 euros avec une remise de 10% pour le lancement (soit 17,99).
Une histoire bavarde et pas spécialement captivante

Le scénario suit une jeune coursière nommée Emi qui découvre le monde underground des Denshattackers, ces pilotes rebelles qui défient les corporations via des compétitions extrêmes sur les rails.
L’écriture adopte un ton shōnen léger avec des personnages variés et une galerie de rivaux qui deviennent progressivement des alliés. La narration progresse via des dialogues incessants dans un style Visual Novel, ponctués seulement de quelques rares cinématiques à la fin des biomes. Bien qu’il soit possible d’accélérer le défilement du texte, cette abondance de discours constitue un frein majeur.
Personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire et à m’approprier le monde proposé. Malgré un rythme de jeu soutenu, l’immersion reste difficile et l’empathie pour les personnages ne parvient pas à s’installer. Franchement, cela n’a ni queue ni tête. Le scénario repose sur une multitude de références à la culture japonaise qui, loin d’enrichir l’univers, semblent parfois jetées là sans véritable lien logique.

Quant aux relations entre tous ces adolescents, elles m’ont complètement échappé. En effet, leurs dynamiques manquent de clarté et de profondeur.
J’ai eu l’impression que l’œuvre hésite sur son identité : elle veut se prendre au sérieux par moments (drame, enjeux mondiaux), puis bascule dans l’absurde ou la légèreté l’instant d’après. Cette dissonance tonale empêche d’adhérer à l’ensemble.
Au final, cela ne m’a pas intéressé. C’est trop bavard pour un jeu d’action. Je m’attendais à ce que le scénario soit un petit élément secondaire, un simple prétexte pour justifier l’action frénétique, et non pas un pilier aussi bavard et omniprésent. Cela plaira peut-être à certains, mais au vu du style arcade du jeu, je ne pensais pas que ce serait si central. Ce n’est clairement pas sur ce point que je l’attendais. Et je trouve que cela dessert plus l’expérience globale qu’autre chose.
Une direction artistique réussie

Si le scénario m’a laissé froid, la direction artistique est en revanche chatoyante. Les couleurs vives, les effets de particules et le design des trains et des personnages créent un festin visuel constant qui compense largement la confusion narrative.
C’est un véritable feu d’artifice graphique qui colle parfaitement à l’énergie frénétique du gameplay En effet, Denshattack! brille par son style cel-shaded vibrant qui évoque les grandes heures de la Dreamcast tout en intégrant des influences modernes.
Les environnements sont variés et foisonnants : néons, particules, effets météo et destructions spectaculaires. Les modèles de trains sont détaillés et personnalisables avec des animations très fluides.
Les dessins sont réussis avec un chara-design de qualité, même si l’histoire ne suit pas.
L’éclairage dynamique et les effets (explosions, étincelles sur les rails, magma) renforcent l’immersion dans ce Japon dystopique coloré et étonnamment cohérent. L’action est rapide, c’est très fluide et lisible malgré des décors riches en détails.

La bande-son constitue l’un des points forts incontestables. Composée principalement par Tee Lopes avec des contributions prestigieuses (Ryo Nagamatsu, Richard Jacques, Takenobu Mitsuyoshi), elle délivre une OST entraînante mêlant funk, rock, électronique et influences J-pop.
L’ambiance sonore est immersive : bruit des rails, effets de tricks, hurlements du vent. Le doublage japonais est de qualité, plein d’énergie.
Tout contribue à une sensation de mouvement perpétuel et exaltant. On s’immerge totalement et rapidement dans le monde proposé grâce à ces éléments.
Les performances sont stables avec une optimisation qui permet de profiter pleinement des décors sans compromis. On notera, encore une fois, l’excellente fluidité qui fait honneur à la vitesse du jeu. Un titre qui propose une finition soignée.
Un gameplay déjanté et ultra-fun

La boucle centrale consiste à filer à toute allure sur des rails, à esquiver les obstacles et multiplier les tricks pour maximiser le score.
La prise en main est immédiate pour les bases (sauts, changements de voie), mais la courbe d’apprentissage monte rapidement avec les combos et le timing précis.
J’ai eu un peu de mal avec le grind (slide) car il faut déplacer un curseur qui ne correspond pas à l’action qui défile sous nos yeux. Mais, après deux-trois courses, je maîtrisais cela parfaitement. J’ai changé les touches, mais en gros on tourne avec le stick gauche et on fait des tricks avec le stick droit, plus d’autres actions sur les boutons.
L’accessibilité est bonne grâce à des checkpoints fréquents et une UI claire, même si la concentration exigée peut rebuter les plus casual au début.

Ce n’est pas un die 2 retry pénible, on meurt souvent, mais il n’y a rien de bien complexe à assimiler et à exécuter. Il faut juste de bons réflexes.
La progression débloque de nouvelles dispositions et customisations pour le train. Certains sont plus à l’aise pour les tricks, par exemple.
J’ai apprécié la variété des activités (courses chronos, défis de scoring, boss), cela maintient l’intérêt tout au long de notre voyage touristique. Les styles de jeu se distinguent par l’approche : speedrun pur, courses contre des IA, combats de boss, ou bien réaliser le plus gros score via des tricks.
De plus, sur la durée, le renouvellement est constant grâce à de nouvelles mécaniques introduites progressivement. Chaque biome ajoute une nouvelle aptitude. Par exemple, le wall-ride ou l’inversion d’apesanteur.
Les systèmes s’imbriquent avec cohérence, l’IA des boss est inventive et les collisions sont précises malgré la vitesse. Le rythme est effréné et rarement essoufflé. Les niveaux s’enchaînent avec une montée en intensité, alternant phases d’exploration/tricks et pics d’action.

Ce qui fonctionne à merveille, c’est cette sensation de liberté contrôlée dans un chaos organisé. On enchaîne les tricks à toute berzingue. La sensation de vitesse est excellente et tout cela procure un plaisir viscéral. Le level design est inventif et les boss spectaculaires.
Le jeu excelle dans le renouvellement permanent, évitant la stagnation grâce à des idées nouvelles jusqu’à la fin. Je me suis régalé et ce qui rend Denshattack! unique, c’est cette sensation d’adrénaline et de fun immédiat qui met la patate à chaque partie. C’est une expérience immersive et addictive pour qui accroche au flow.
Denshattack! s’impose comme une réussite indie rafraîchissante, portée par un gameplay exaltant, une direction artistique pétillante et une OST mémorable.
Ses forces résident dans sa fluidité, sa vitesse, son action déjantée, sa créativité et son énergie constante. Cela compense quelques faiblesses mineures comme une histoire légère ou une courbe d’apprentissage prononcé.
Il s’adresse avant tout aux amateurs de jeux d’arcade old-school mais modernes, aux chasseurs de high-scores et aux fans d’expériences fun sans prétention.
Dans un paysage saturé, il se positionne comme un ovni joyeux qui répond aux attentes d’un titre indépendant ambitieux et accessible. Un excellent cru estival qui saura plaire au plus grand nombre.
- Boucle de tricks
- Vitesse ultra-satisfaisante
- Direction artistique cel-shaded vibrante et immersive
- Bande-son parfaitement intégrée
- Boss fights spectaculaires et variés
- Grande inventivité pour le level-design
- Renouvellement constant du gameplay
- Du fun à l’état pur
- Durée de vie et bonne rejouabilité
- L’idée de base complètement folle est très réussie
- Histoire barbante et bavarde
- Absence de modes multijoueurs