Test d’Apidya’ Special
Apidya’ Special fait revivre un shoot’em up d’Amiga avec une proposition à la fois fidèle et ambitieuse. Issu d’une collaboration entre l’équipe d’origine et un passionné devenu développeur, le titre est édité par ININ. Il reconstruit intégralement l’expérience d’origine en pixel art 24 bit. Mais parvient-il à conserver l’intensité et le charme du classique, tout en le rendant accessible à une nouvelle génération ? Les différentes options modernes suffisent-elles à prolonger le plaisir au-delà de la nostalgie ? Et surtout, cette nouvelle version apporte-t-elle suffisamment de nouveautés pour justifier son retour sur nos machines ? Éléments d’explication et verdict ci-dessous.
Apidya’ Special

Il s’agit donc d’un shoot’em up à défilement horizontal développé par la Team Apidya. Celui-ci propose une aventure solo complète ainsi qu’un mode coopératif local permettant à deux joueurs de parcourir les différents niveaux ensemble.
Le jeu reprend l’expérience du titre original sorti en 1992 sur Amiga, mais il ne s’agit pas d’une simple émulation. Apidya’ Special a été entièrement reconstruit en pixel art 24 bit à partir de zéro, avec l’objectif de rester aussi fidèle que possible au jeu d’origine.
La campagne est découpée en cinq mondes thématiques : Prairie, Étang, Égouts, Cyber et Antre. Chaque monde peut proposer jusqu’à cinq niveaux, avec de nombreux boss et des stages cachés venant compléter la progression. La durée de vie reste assez contenue pour une première traversée (une heure), mais le jeu mise clairement sur la rejouabilité et la difficulté pour prolonger l’expérience.

Le level design conserve une structure linéaire typique du shoot’em up de l’époque, avec des niveaux remplis d’obstacles, de vagues d’ennemis et de boss.
L’univers insectoïde reste évidemment l’une des grandes particularités du titre. Ici, pas de vaisseau spatial ou de guerre intergalactique : on incarne une abeille qui traverse des environnements naturels, industriels et organiques particulièrement variés.
La présentation bénéficie également de plusieurs options modernes. Il est possible de jouer en widescreen avec de nouveaux effets de parallaxe ou de retrouver le format 4:3 original, pensé pour reproduire aussi fidèlement que possible l’expérience de 1992. Des effets CRT peuvent par ailleurs être activés afin de simuler le rendu des anciens écrans, avec scanlines, shadow mask et phosphor bloom.
Le remake a supprimé la séquence narrative d’introduction. Mais, de base, le scénario reste très évasif. Notre protagoniste est un homme transformé en abeille après que sa compagne a été empoisonnée par un seigneur maléfique. Il part donc à sa recherche afin de trouver un antidote et de se venger.
L’écriture est inexistante, le jeu va directement à l’essentiel et laisse surtout son univers visuel raconter cette petite histoire. On notera qu’il n’y a pas de français parmi les langues supportées. Il n’y a pas grand-chose à comprendre de toute façon.
Une direction artistique toujours aussi particulière

Apidya’ Special propose une bonne qualité de pixel art 24 bits. Celui-ci a été entièrement reconstruit à partir de zéro, tout en conservant l’identité visuelle du titre original. Après, cela reste daté malgré tout.
Les cinq mondes proposent une vraie variété. On passe de prairies luxuriantes à des zones aquatiques, des égouts particulièrement visqueux ou encore des environnements cybernétiques. Le dernier monde permet également de basculer vers des décors plus organiques et inquiétants.
Les différents éléments du décor se déplacent sur plusieurs plans et donnent davantage de vie aux environnements sans dénaturer le style rétro.
Le choix entre le widescreen moderne et le format 4:3 d’origine est d’ailleurs particulièrement appréciable. On peut ainsi profiter d’une présentation plus adaptée aux écrans actuels ou retrouver une expérience beaucoup plus proche de celle de l’Amiga.
Les filtres CRT complètent cette approche. Ils permettent de simuler le rendu des anciens écrans avec différentes options d’affichage. Ce n’est évidemment pas indispensable, mais pour les amateurs de rétro, le résultat peut être particulièrement agréable.

Le travail réalisé sur les ennemis mérite également d’être souligné. Leur apparence reste très cohérente avec l’univers insectoïde et les nouvelles animations donnent davantage de vie aux affrontements.
Visuellement, le jeu réussit donc surtout à moderniser son support sans perdre son identité.
La bande-son fait le lien entre 1992 et aujourd’hui. Celle de Chris Hülsbeck reste évidemment au cœur de l’expérience, mais cette nouvelle version apporte aussi des versions studio inédites de certains thèmes emblématiques.
Les musiques originales et remixées permettent de retrouver l’ambiance du jeu d’époque tout en profitant d’un rendu plus moderne. C’est un vrai plaisir pour les oreilles, notamment lorsque l’on connaît déjà le jeu original.
Les bruitages ont eux aussi été retravaillés et enrichis avec de nouveaux effets sonores. Les tirs, impacts et explosions possèdent suffisamment de présence pour accompagner correctement l’action sans prendre le dessus.
Un gameplay fidèle et très accessible

La boucle de gameplay reste très classique : on avance, on détruit des vagues d’ennemis, on récupère des power-ups et on tente de survivre jusqu’au boss suivant.
La prise en main est immédiate. Les commandes sont simples et réactives, mais la difficulté monte progressivement et demande rapidement de connaître les différents patterns ennemis.
Mais contrairement à certains jeux rétro qui se contentent de reproduire leur difficulté d’époque, Apidya’ Special ajoute plusieurs options permettant d’adapter l’expérience.
Différents niveaux de difficulté sont disponibles, avec notamment un mode plus accessible destiné à ceux qui veulent surtout profiter du jeu sans forcément se lancer immédiatement dans un challenge particulièrement exigeant. Il est également possible d’ajuster certains paramètres comme le nombre de vies, les continues et le nombre de points nécessaires pour faire apparaître le power-up.
Ces options permettent de rendre le jeu beaucoup plus abordable pour les nouveaux venus, sans pour autant supprimer le challenge destiné aux amateurs du genre.
Les power-ups permettent de faire évoluer l’arsenal de l’abeille. C’est classique tout en étant original à la fois, même si le système reste le même qu’à l’époque.

On récolte uniquement des fleurs. En bas de l’écran, on voit l’avancée des différents power-ups. Il faudra plusieurs fleurs pour choisir la bombe, les drones, le laser, etc. Les pouvoirs peuvent être augmentés si on les prend plusieurs fois, mais si on meurt, on les perd forcément.
Ils apportent une vraie sensation de progression et permettent d’adapter son approche. Apidya’ Special conserve ainsi une philosophie très proche de celle des shoot’em up classiques. Il faut apprendre les niveaux, mémoriser les placements ennemis, anticiper les obstacles et comprendre les attaques des boss.
Malgré ces aides, Apidya’ Special reste un shoot’em up qui demande un minimum d’investissement. Les niveaux peuvent rapidement devenir très denses et les ennemis arrivent parfois de plusieurs directions. Il faut donc apprendre à anticiper les mouvements plutôt que simplement réagir aux événements à l’écran.
C’est évidemment une philosophie très différente de celle de nombreux jeux modernes. On meurt, on recommence et on apprend progressivement. C’est tout le principe du genre, et Apidya’ Special l’assume complètement.

La première traversée ne demande pas énormément de temps. Comme souvent dans le genre, la durée de vie brute ne constitue donc pas le principal argument du jeu.
Apidya’ Special mise davantage sur les tentatives successives, les niveaux de difficulté, les stages secrets et les différents événements pouvant modifier certaines parties de l’expérience.
Les événements aléatoires constituent notamment une petite nouveauté intéressante. Le Night Mode permet, par exemple, de modifier l’apparence des ennemis et apporte une variation bienvenue lors des nouvelles parties.
On retrouve donc cette philosophie très arcade : terminer le jeu une première fois n’est finalement que le début si l’on souhaite réellement maîtriser les différents niveaux.
Il ne faut toutefois pas s’attendre à une évolution radicale du gameplay au fil des heures. Le jeu reste un shoot’em up horizontal dans sa structure et repose avant tout sur la maîtrise des patterns, la gestion des power-ups et la connaissance des niveaux.
Pour les amateurs du genre, cela peut largement suffire. Pour les autres, la répétitivité risque davantage de se faire sentir une fois la découverte passée.

Ce périple peut être effectué à deux via un mode coopératif local. Cela aurait été un plus de le proposer aussi en ligne. Les règles restent globalement celles de l’aventure solo, mais la présence d’un deuxième joueur modifie forcément la manière d’aborder certains passages.
C’est typiquement le genre de mode qui fonctionne très bien pour une soirée entre amis. Le jeu gagne immédiatement en convivialité, même si la difficulté reste bien présente selon les paramètres choisis.
Apidya’ Special réussit plutôt bien son pari : faire revivre une pépite Amiga de 1992 sans la dénaturer. Le pixel art 24 bits est réussi, les cinq mondes proposent une vraie variété visuelle et l’univers insectoïde apporte une identité que l’on ne retrouve pas dans tous les autres shoot’em up du genre.
Le gameplay reste volontairement fidèle à l’expérience originale. C’est nerveux, précis et parfois franchement exigeant. Les différentes options de difficulté et d’accessibilité permettent cependant de rendre l’expérience beaucoup plus abordable qu’un shoot’em up rétro classique.
Le principal défaut vient finalement d’une structure qui reste assez traditionnelle. Une fois les niveaux découverts et les principales mécaniques maîtrisées, il faudra surtout avoir envie de recommencer pour améliorer ses performances, découvrir les secrets ou augmenter la difficulté.
Le coop local constitue une bonne manière de prolonger les sessions, même si l’absence de mode en ligne pourra décevoir certains joueurs.
Pour les amateurs de shoot’em up rétro, les nostalgiques de l’Amiga ou simplement ceux qui veulent découvrir une proposition différente des éternels vaisseaux spatiaux, Apidya’ Special mérite clairement qu’on lui accorde une chance.
- Pixel art 24 bits soigné
- Univers insectoïde réussi
- Direction artistique fidèle et modernisée avec goût
- Bande-son de Chris Hülsbeck toujours aussi efficace
- Nombreuses options de difficulté et d’accessibilité
- Système de power-ups efficace
- Cinq mondes variés, des stages secrets et des événements aléatoires
- Coopératif local à deux joueurs
- Campagne assez courte
- Structure très classique
- Répétitivité possible après plusieurs parties
- Absence de coop en ligne
- Profondeur stratégique limitée