Test de Warhammer 40,000: Boltgun 2
Avec Warhammer 40,000: Boltgun 2, Auroch Digital reprend une formule qui avait déjà fait ses preuves : un FPS rétro particulièrement brutal, dans lequel les hordes d’hérétiques et de démons ont surtout vocation à finir en morceaux. Développée par le même studio et publiée par Big Fan Games et Devolver Digital, cette suite conserve l’esthétique volontairement vieillotte de son prédécesseur tout en enrichissant son contenu, notamment grâce à l’arrivée d’un deuxième personnage jouable.
Dans cet univers où la violence constitue presque un langage à part entière, inutile de chercher une expérience particulièrement subtile. Reste à savoir si les nouveautés suffisent à enrichir une formule volontairement classique et si les qualités de ses affrontements compensent les quelques limites de sa conception. Éléments d’explication et verdict ci-dessous.
Warhammer 40,000: Boltgun 2

Sorti le 14 octobre 2026, Warhammer 40,000: Boltgun 2 est un FPS rétro, également appelé Boomer Shooter par les plus jeunes qui n’ont pas connu la belle époque.
Il s’inscrit directement dans la continuité du premier épisode, en reprenant son approche très arcade du tir à la première personne et son esthétique inspirée des productions des années 1990.
La proposition reste volontairement simple : traverser des environnements infestés par les forces du Chaos, récupérer des ressources, éliminer les adversaires qui se dressent sur notre chemin et poursuivre jusqu’au prochain affrontement. Pas besoin de chercher une multitude de systèmes complexes pour comprendre ce qui fait son intérêt. Le plaisir vient essentiellement de l’action, de la mobilité et de la puissance de feu mise à notre disposition.

La principale nouveauté réside dans la possibilité d’incarner deux protagonistes : Malum Caedo, l’Ultramarine déjà présent dans le premier épisode, et Nyra Veyrath, une Sœur de Bataille. Il ne s’agit pas simplement de choisir un skin différent au début de l’aventure. Chacun possède ses propres capacités, son arsenal et une manière distincte d’aborder les combats. Cette séparation se retrouve également dans le déroulement de la campagne, avec des passages et des embranchements spécifiques.
Il faut toutefois faire un choix avant de commencer : impossible de changer librement de personnage en cours de partie. Pour découvrir l’autre approche et parcourir les portions de campagne qui lui sont réservées, il faudra recommencer une aventure. Une décision qui donne naturellement envie de relancer une seconde partie, même si elle impose de reprendre une progression déjà connue.
Les niveaux proposent des zones secondaires, des objets à récupérer et différents secrets à découvrir. L’exploration conserve donc une place appréciable, sans jamais prendre le dessus sur l’action. On avance principalement pour combattre, mais prendre le temps de fouiller les environnements peut permettre de découvrir des passages cachés ou des ressources supplémentaires.

Concernant la durée de vie, il faudra compter autour de huit heures, avec des variations selon la difficulté, le rythme de progression et le temps consacré aux secrets. Il faut ensuite compter sur les embranchements et le second personnage pour découvrir les autres portions de contenu. La rejouabilité repose donc davantage sur la découverte des niveaux alternatifs et des deux styles de combat que sur une quelconque progression persistante.
Le titre reste exclusivement solo, sans coopération ni mode compétitif. Un choix qui pourra décevoir ceux qui auraient aimé partager cette débauche de violence à plusieurs, d’autant que la présence de deux personnages aux identités de Gameplay distinctes aurait pu constituer une base intéressante pour une coopération.
Une histoire peu développée

L’histoire de Boltgun 2 reste avant tout un prétexte pour justifier les affrontements successifs. Le récit reprend après les événements du premier épisode et entraîne Malum Caedo et Nyra Veyrath dans une nouvelle confrontation contre les forces du Chaos, sur fond de menace liée à Vashtorr.
L’univers de Warhammer 40,000 constitue évidemment une partie importante de l’identité du titre. On retrouve cette atmosphère sombre, démesurée et profondément hostile, dans laquelle les forces impériales affrontent des créatures cauchemardesques au nom de l’Empereur. Même sans être un connaisseur particulièrement assidu de la licence, il est assez facile de reconnaître ses grandes caractéristiques et de retrouver les codes qui font sa personnalité.
Pour autant, le scénario ne cherche pas réellement à devenir le moteur de l’aventure. Les personnages servent principalement à donner un contexte aux événements, tandis que la narration s’efface régulièrement derrière les affrontements. Les enjeux restent compréhensibles, mais l’écriture ne possède pas suffisamment de profondeur pour marquer durablement les esprits.
Ce choix n’est finalement pas très problématique au regard de la proposition générale. On ne vient pas chercher ici une aventure narrative particulièrement développée, des relations complexes entre personnages ou une succession de retournements scénaristiques. L’intérêt réside ailleurs, dans la possibilité de traverser cet univers en éliminant tout ce qui tente de nous arrêter.
Une direction artistique qui assume pleinement son identité

Visuellement, Boltgun 2 ne cherche absolument pas à rivaliser avec les productions modernes. Son esthétique repose sur une représentation volontairement vieillotte, avec des environnements pixelisés, des textures peu détaillées et des personnages qui semblent parfois directement sortis d’une autre époque. Une orientation artistique qui pourrait rebuter certains joueurs, mais qui correspond parfaitement à l’identité de la série.
Ce parti pris fonctionne plutôt bien, notamment grâce à la variété des environnements. Les décors changent suffisamment au fil de la progression pour éviter cette impression de parcourir constamment les mêmes endroits. On passe d’une ambiance à une autre, avec des architectures et des atmosphères qui permettent de reconnaître différentes facettes de l’univers Warhammer 40,000.
Le résultat possède un charme particulier. Certes, les graphismes peuvent sembler datés, mais ce n’est pas nécessairement un défaut lorsqu’on comprend la démarche du studio. L’objectif n’est pas de proposer une représentation réaliste de cet univers, mais plutôt de retrouver les sensations visuelles des anciens FPS, tout en conservant les éléments caractéristiques de Warhammer.
Les animations sont en revanche beaucoup plus sommaires. Les ennemis adoptent régulièrement une représentation proche du sprite animé, avec des mouvements parfois limités et des animations qui manquent de finesse. Certaines créatures donnent ainsi davantage l’impression de se déplacer par petites séquences que de bénéficier d’une véritable animation détaillée.

Néanmoins, cette simplicité ne nuit pas fondamentalement à la lisibilité des affrontements. Le rythme soutenu et le nombre d’ennemis présents à l’écran font que l’on prête finalement davantage attention aux mouvements généraux des adversaires qu’à la qualité individuelle de leurs animations.
Les effets visuels contribuent également au spectacle, particulièrement lors des affrontements les plus violents. Le gore est généreux, avec des ennemis qui explosent sous les tirs et des morceaux de corps qui viennent ponctuer les éliminations. Il faut toutefois reconnaître que les effets restent assez rudimentaires : le sang prend souvent la forme de cubes rouges qui se dispersent à l’écran. Le résultat n’est pas particulièrement sophistiqué, mais il correspond parfaitement à cette esthétique rétro.
Certaines éliminations se montrent même plus amusantes que d’autres, notamment lorsque le cerveau d’un adversaire finit par être expulsé de son crâne. Ce genre de détail participe à l’aspect volontairement excessif des affrontements et donne au titre une certaine personnalité que j’ai bien appréciée.
Le travail sonore accompagne efficacement cette orientation arcade. Les bruitages des armes possèdent suffisamment de caractère pour différencier les différentes catégories d’équipement, tandis que les impacts renforcent la sensation de puissance lors des affrontements.

C’est particulièrement important dans un FPS de ce type : lorsque l’on enchaîne les tirs à grande vitesse, les effets audio doivent permettre de ressentir immédiatement la violence de chaque attaque. Sur ce point, le titre remplit correctement son rôle. Les explosions, les tirs et les impacts participent pleinement à la satisfaction procurée par les combats.
La musique accompagne également très bien les séquences d’action. Dynamique, elle contribue à maintenir un rythme soutenu et renforce cette impression de déferlement permanent. La participation de Mick Gordon, qui signe notamment un morceau original associé à l’affrontement final, constitue un ajout appréciable à l’identité sonore de cette suite.
Sur le plan technique, plusieurs mises à jour rapides ont été déployées et, pour ma part, je n’ai pas rencontré de souci majeur. Ce qui est plutôt normal au vu de ma configuration et de ce qui est affiché à l’écran. Au regard des recommandations, cela devrait tourner correctement sur de nombreuses machines, sans gros soucis.
Un Gameplay bien nerveux

C’est véritablement dans son gameplay que Boltgun 2 trouve sa principale raison d’être. Le principe est assez élémentaire : avancer, explorer rapidement les environs, récupérer ce qui peut l’être et éliminer les vagues d’adversaires qui viennent se dresser devant nous. Une formule connue, presque rudimentaire dans son fonctionnement, mais qui possède une efficacité redoutable lorsqu’elle est correctement exécutée.
J’ai particulièrement apprécié le rythme général de l’aventure. Il y a quelque chose de très satisfaisant dans cette manière d’enchaîner les affrontements sans devoir constamment s’arrêter pour gérer une multitude de systèmes annexes. On avance, on repère les ennemis et on déchaîne son arsenal. Le jeu assume parfaitement cette approche défoulante, qui permet de poser son cerveau et de profiter simplement de l’action.
Le Level Design se montre ainsi plutôt satisfaisant dans son ensemble. Il ne révolutionne rien, mais les environnements ne se résument pas systématiquement à de longues lignes droites ponctuées d’ennemis. Les détours et les passages optionnels donnent un peu de relief aux parcours, même si certains objectifs reposent assez régulièrement sur la récupération de clés et l’élimination de groupes adverses.
La présence de deux protagonistes constitue sans doute l’amélioration la plus intéressante de cette suite. Là où certains jeux se contentent de modifier les caractéristiques d’un personnage pour donner une illusion de diversité, Boltgun 2 propose ici deux approches suffisamment différentes pour modifier sensiblement les sensations de déplacement et de combat.

Malum Caedo reprend l’esprit du premier épisode. Notre Ultramarine privilégie la puissance de feu, la résistance et les affrontements directs. Son arsenal comprend notamment le bolter, le fusil à pompe, le fusil à plasma et différentes armes lourdes qui permettent de faire face aux groupes d’ennemis les plus importants.
Sa capacité de charge offensive renforce cette approche brutale. Il peut foncer vers ses adversaires et utiliser sa tronçonneuse pour les découper lorsqu’il entre en contact avec eux. Il ne s’agit donc pas simplement de traverser une ligne ennemie, mais bien de transformer le déplacement en véritable attaque de mêlée.
C’est rigolo comme capacité, en ce qui me concerne. Cela correspond parfaitement à l’identité du personnage : avancer sans hésitation et faire parler la puissance de feu lorsque les adversaires deviennent trop nombreux.
Nyra Veyrath propose une expérience sensiblement différente. Plus mobile, la Sœur de Bataille privilégie les déplacements rapides, les esquives et les attaques au corps à corps. Sa glissade offensive lui permet notamment de foncer sur les ennemis avec son épée énergétique, tandis que ses possibilités de saut offrent davantage de liberté dans les déplacements.
Elle dispose également de mécaniques plus particulières, comme le ralentissement du temps pendant certaines séquences aériennes. Cette capacité permet de mieux ajuster ses tirs et d’exploiter les possibilités offertes par la mobilité verticale.

Son arsenal possède lui aussi une identité propre, avec notamment un pistolet bolter, une arbalète Condemnor, un lance-flammes et différentes armes à fusion. Elle peut également utiliser une bombe à fusion dont la détonation est déclenchée manuellement, avec la possibilité de tirer dessus pendant son déplacement pour provoquer une explosion.
Le développement du personnage reste avant tout lié à la découverte progressive de nouvelles armes et de nouvelles possibilités offensives. L’intérêt ne repose pas sur une multitude de statistiques à optimiser ou sur la construction complexe d’un personnage, mais plutôt sur l’élargissement de l’arsenal et la manière dont celui-ci transforme les affrontements.
Cette approche convient parfaitement à la philosophie générale du titre. Les armes possèdent leurs propres sensations et leurs usages, ce qui permet de varier les situations sans avoir besoin de multiplier les couches de progression.
La prise en main est relativement directe. Le jeu ne demande pas un apprentissage particulièrement complexe pour comprendre ses mécaniques essentielles, et les différentes capacités sont suffisamment explicites pour être utilisées rapidement.
Plusieurs niveaux de difficulté permettent néanmoins d’adapter l’expérience. Les joueurs souhaitant simplement profiter de l’action peuvent privilégier une approche plus accessible, tandis que les amateurs de FPS exigeants disposent de paramètres plus difficiles.
Des combats jouissifs

C’est incontestablement dans les combats que Boltgun 2 donne le meilleur de lui-même. Les affrontements sont rapides, violents et généreux en effets visuels. On retrouve cette philosophie des anciens FPS dans lesquels l’essentiel consiste à avancer, tirer et survivre face à des vagues d’adversaires toujours plus nombreuses.
Je l’ai déjà souvent mentionné (le privilège de l’âge, voyez-vous, haha), mais j’ai débuté le genre avec le vénérable Doom à sa sortie (sic), alors que cela tournait sous DOS. J’estime avoir eu la chance de connaître cet âge d’or avec un genre que j’affectionne tout particulièrement. Et avec ce Boltgun 2, je retrouve d’excellentes sensations de ma jeunesse.
En effet, le ressenti est particulièrement réussi. Les déplacements sont agréables, les armes répondent bien et les impacts possèdent suffisamment de caractère pour donner du poids à chaque attaque. On ressent réellement la différence entre les armes, aussi bien dans leur utilisation que dans leur rendu sonore et visuel. Même si j’ai trouvé les Crosshairs particulièrement dégueulasses.
Mais sinon, le fusil à pompe procure évidemment une satisfaction particulière à courte portée, tandis que les armes plus lourdes permettent de nettoyer des groupes entiers d’adversaires. Les explosions et les projections de morceaux de corps renforcent encore cette impression de brutalité. Tout participe à rendre les affrontements particulièrement viscéraux.

Il y a également quelque chose de délicieusement nostalgique dans cette manière de concevoir l’action. Certains passages rappellent immédiatement des références comme Serious Sam ou Blood, avec cette volonté de placer le joueur au milieu d’un véritable déferlement d’ennemis. Le plaisir vient de l’enchaînement des actions, de la mobilité et de la capacité à éliminer rapidement tout ce qui se présente.
Cette dimension défoulante constitue une grande réussite. On ne passe pas son temps à réfléchir à une stratégie complexe pour chaque adversaire : on adapte son arsenal, on se déplace et on profite du spectacle.
La différence entre Malum et Nyra est intéressante et apporte suffisamment de diversité.
Tout n’est cependant pas irréprochable. L’intelligence artificielle des ennemis est probablement l’une des faiblesses les plus évidentes du système de combat.
Les adversaires ont tendance à foncer directement vers le joueur, parfois sans véritable réflexion tactique. Leur comportement manque régulièrement de subtilité, et il arrive qu’ils se coincent dans les environnements ou adoptent des trajectoires assez absurdes.

Il ne faut donc pas attendre des affrontements particulièrement intelligents, dans lesquels chaque adversaire chercherait à exploiter les possibilités offertes par l’environnement. La plupart du temps, les ennemis servent avant tout à alimenter les vagues successives et à fournir suffisamment de cibles pour mettre en valeur notre arsenal.
La conception des combats repose principalement sur la variété des ennemis, la disponibilité des armes et la configuration des espaces. Les arènes et les passages plus ouverts permettent généralement de profiter de la mobilité du personnage, tandis que les zones plus confinées favorisent les affrontements rapprochés.
Les rencontres ne proposent pas toutes le même degré de difficulté, et certains adversaires demandent davantage d’attention que les simples ennemis de base. La présence de différentes factions du Chaos contribue également à renouveler les situations et à donner un peu plus de variété au bestiaire.
Les affrontements de boss viennent ponctuer la progression avec des séquences plus spécifiques, sans pour autant transformer fondamentalement les règles du jeu. Ils apportent quelques variations bienvenues dans une aventure qui repose essentiellement sur l’élimination de groupes d’adversaires.
Il faut néanmoins accepter une certaine répétitivité. La boucle de combat reste volontairement très proche de celle des anciens FPS. Mais cette simplicité fait aussi partie du charme du titre.
Warhammer 40,000: Boltgun 2 ne cherche pas à révolutionner le FPS rétro, et c'est probablement ce qui lui permet de fonctionner aussi bien. Auroch Digital reprend une formule classique, conserve son identité visuelle volontairement vieillotte et mise sur l'essentiel : des déplacements agréables, des armes satisfaisantes et des affrontements particulièrement brutaux.
La principale réussite de cette suite réside dans ses deux personnages jouables. Malum Caedo et Nyra Veyrath proposent suffisamment de différences pour renouveler les sensations et donner une véritable raison de parcourir la campagne une seconde fois.
Tout n'est évidemment pas parfait. L'intelligence artificielle manque de finesse, les animations restent rudimentaires et certaines mécaniques auraient mérité davantage de variété. La narration demeure également assez anecdotique, tandis que les amateurs de Gameplay complexe risquent de trouver la formule trop classique.
Mais ces limites ne remettent pas fondamentalement en question les qualités du titre. Son objectif est avant tout de proposer un FPS défoulant, dans lequel on prend plaisir à avancer et à déchaîner son arsenal sur des hordes d'ennemis. Sur ce point, le contrat est largement rempli.
J'ai particulièrement apprécié son rythme et ses sensations de combat. On retrouve ce plaisir immédiat qui faisait le charme de certains anciens FPS, avec une réalisation qui assume parfaitement son esthétique rétro. Il ne révolutionne rien, mais il sait exactement ce qu'il veut proposer et l'exécute avec suffisamment de maîtrise pour rester particulièrement amusant et défoulant.
Une excellente recommandation pour les joueurs appréciant les FPS nerveux.
- Deux personnages jouables aux styles de combat réellement différents.
- Des sensations de déplacement particulièrement réussies.
- Des combats brutaux, viscéraux et très satisfaisants.
- Un arsenal varié avec des armes aux sensations distinctes.
- Une direction artistique rétro cohérente avec l'univers Warhammer 40,000.
- Des environnements qui se renouvellent bien.
- Une ambiance sonore dynamique et des bruitages convaincants.
- Un rythme soutenu qui privilégie le plaisir immédiat.
- Une intelligence artificielle trop basique.
- Des animations sommaires.
- Des Crosshairs pourris.
- Une narration assez anecdotique.
- Des objectifs et des situations qui peuvent devenir répétitifs.
- L'absence de coopération, malgré les deux personnages