Test d’ELEX

Par le
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Date de sortie
Développeur
Piranha Bytes
Éditeur
THQ Nordic

Elex est le premier opus de la nouvelle saga développée par Piranha Bytes, les créateurs des Gothic et Risen. Ce RPG, édité par THQ Nordic nous promet une « expérience de jeu de rôle et d’action réellement unique ». Est-ce que cette nouvelle franchise saura combler les vieux adeptes du genre ainsi que les amateurs de jeu de rôle en général ? Éléments d’explication et verdict ci-dessous.

 

Un nouveau monde

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Un nouveau monde nous attend.

Elex nous plonge dans un tout nouvel univers de Science Fantasy post-apocalyptique. Un mélange des genres qui donne la sensation de déguster du Gloubi-boulga. Un peu de science fiction par-ci, de la fantasy par-là, un monde que l’on imagine un peu comme la terre des années après un terrible drame apocalyptique qui n’aura laissé que des cendres.

En effet, Magalan, c’est le nom de cette planète mystérieuse, a été en grande partie détruite par une météorite qui a apporté l’Elex. Ce nouveau composant possède de multiples propriétés. Les rares survivants se sont divisés en diverses factions. On retrouve ainsi des Berserkers qui rejettent toute forme de technologie et préfèrent utiliser la magie (Risen Style). Des Clercs qui se servent de l’Elex pour améliorer leur technologie futuriste. Des Hors-la-loi qui eux l’utilisent sous formes de stupéfiants pour améliorer certaines de leurs capacités physiques.

Enfin, il y a les Albes qui sont totalement soumis à l’Elex. Ils l’ingèrent directement, pour améliorer leurspuissance ce qui inhibe leurs émotions. Nous sommes issus, de ce peuple qui livre un culte à l’Hybride, une créature ancienne qui rassemble un maximum d’Elex pour un mystérieux dessein. On sera l’objet d’un complot machiavélique et notre vaisseau va venir s’écraser sur Magalan, nous laissant sans ressources. Ne consommant plus d’Elex nos émotions vont ressurgir et l’on devra s’allier à une des trois grandes factions afin de mener à bien notre vengeance.

On l’a souligné plus haut, ce mélange des genres est un peu une excuse pour nous refourguer un peu tout et n’importe quoi. Cela diversifie, c’est sûr, mais après on a quand même un peu de mal à s’immerger dans ce monde. Cela ne m’a pas gêné, mais cela ne m’a pas captivé non plus. Je trouvais les univers de Gothic ou Risen bien plus cohérents.

Elex manque ainsi d’identité. L’histoire se laisse narrer tranquillement au fil de l’aventure. On en apprendra plus sur cette planète, notre passé ainsi que les différentes factions. Ce n’est guère plus captivant. Là, encore ce n’est pas mauvais, mais cela reste fade avec un héros insipide et quelques personnages secondaires légèrement plus complexes.

Une aventure riche est longue

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Une bonne durée de vie.

Notre aventure se découpe encore en quatre chapitres. On aura le choix de rejoindre une des trois factions du jeu. Ce qui ne change finalement pas grand-chose à la trame. Mais, par contre, cela propose un style de jeu différent. Car chaque faction possède ses propres compétences et ses propres missions. Toutefois, il nous semble que cela était mieux géré dans les derniers Risen qui proposaient plus de contenus et de différentiation. Car avant d’être accepté dans une faction, on peut et l’on doit accomplir moult quêtes. Une fois accepté, il n’en reste plus beaucoup en fait. Un peu comme avant, certes, mais une fois membre de la confrérie, le bousin est bien vite envoyé.

Tout au long de cette aventure on devra remplir d’innombrables quêtes. Elles sont très similaires et assez basiques dans l’écriture et dans leur réalisation. On doit se rendre à un endroit précis, éliminer toute menace et rapporter le ou les objets à notre destinataire. Ou bien tuer un nombre précis d’ennemis. Et des fois, on devra aussi escorter un personnage pour qu’il arrive à bon port. Ou encore mener une enquête pour savoir qui est le responsable de tel ou tel méfait. Les quêtes de nos compagnons sont un peu plus intéressantes en général.

Il n’y a donc rien de nouveau avec Elex à ce niveau. On notera, quand même, qu’avant de nous donner la quête à réaliser on aura droit à de nombreux, très nombreux palabres sans fin. C’est long, un peu trop à notre goût, mais heureusement on peut zapper toutes ces lignes de textes pas souvent passionnantes.
On nous a promis un système de quêtes fortement interconnectées, qui favorise des choix véritables. Je dois avouer que cela ne m’a pas marqué. Oui, il y a quelques choix à faire, oui tuer ou non tel personnage aura une incidence mais globalement c’est assez anecdotique. Et on en verra les conséquences que très tard dans le jeu.

Elex nous tient en éveil autour des cinquante heures selon le niveau de difficulté et le niveau de notre exploration. C’est dans la moyenne haute de la saga. La rejouabilité n’est pas évidente, même s’il y a trois factions distinctes qui impactent plus notre façon de combattre qu’autre chose.

L’exploration est toujours la clé du jeu

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Ah, les joies du Jetpack.

Le gros point fort du jeu réside toujours dans l’exploration. Il y a de nombreux lieux à découvrir. Ils ont presque chacun un cachet propre avec des environnements qui se renouvellent donc agréablement. On parcourra ainsi, des plages, des forêts, des cryptes, de vieux bâtiments, des plaines, des mines, des ruines, des décors luxuriants ou totalement désolés : et ce sans aucun temps de chargement. On regrette toutefois qu’il n’y ait (toujours) pas de grandes villes. Il s’agit toujours de quelques petits hameaux peu peuplés.

Si on ajoute à cela la grande liberté d’action qui est proposée quant à l’ordre de la réalisation des quêtes. Et le fait que c’est très ludique d’arpenter les moindres recoins pour améliorer notre inventaire, notre arsenal et notre personnage. On a bien encore une fois l’élément clé qui a fait le succès de franchise. On peut ainsi passer des heures à juste explorer un coin sans s’occuper de remplir un objectif précis. Et ces moments de découverte font bien partis des plus agréables du jeu.

Cette sensation de liberté est décuplée avec l’ajout du jetpack. C’est particulièrement rigide, mais très efficace. On peut ainsi couper de nombreuses fois en se jetant d’une montagne pour atterrir en contrebas sans dommages. Un truc tout simple, mais qui bonifie totalement toutes nos séquences d’explorations.

Le bestiaire est assez riche avec pas mal d’ennemis différents. On croisera en plus des humains, par exemple, des robots, des méchas, de gros rats, des félins, des phacochères, des monstres improbables, diverses engeances démoniaques, des araignées, etc…

La flore est, elle aussi, abondante et elle nous permet de confectionner avec les bonnes recettes et les bons ingrédients diverses potions. Là, pour le coup il n’y a rien de nouveau (depuis un bail) mais cela fonctionne plutôt bien.

L’interface pour gérer tout cela en sus de notre personnage a évoluée. C’est sommaire dans la présentation (un tableur lol) mais au moins elle fait son boulot avec notre inventaire qui se remplit vite avec la multitude de choses disponibles. On s’y retrouve vite et c’est très ergonomique. Un bon point donc.

Les fans si retrouveront très vite, car rien n’a changé. Mais les bases du jeu de rôle sont solides et l’on peut créer tout ce que l’on a besoin pour s’améliorer et survivre plus facilement.

L’évolution de notre personnage et les combats

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Il faut abuser des bonnes vieilles techniques pour survivre.

L’évolution de notre personnage est similaire à la saga Gothic et aux derniers Risen. C’est-à-dire qu’il n’y a pas d’arbres de compétences à proprement parler.

On gagne des points de gloires à chaque quête et à chaque ennemis tués. On peut ensuite les dépenser en points de compétences (de plus en plus onéreux) afin d’améliorer une des cinq statistiques principales (Force, Constitution, Dextérité, Intelligence, Ruse). Cela permet, par exemple, de donner des coups plus puissants, de subir moins de dégâts, d’améliorer nos talents de persuasion, d’intimidation, etc…
Ensuite, pour bénéficier de nouveaux talents, il faut trouver les PNJ adéquats. Et si vous avez le niveau requis en points de caractéristiques dans une ou deux branches et que vous avez aussi assez d’or et de matériaux, vous pourrez acquérir la compétence désirée. Par exemple, on peut ainsi apprendre à crocheter les serrures, à contrer les attaques, à prélever plus de choses sur le cadavre d’une bête, etc…

Il y a un peu plus de choix que dans la franchise Risen, mais on s’aperçoit vite qu’il n’y a pas tant de capacités supplémentaires que cela. Et, que l’on nous permet surtout de devenir de plus en plus puissant ou résistant. À la fin du jeu on n’est pas loin du gros bill, comme avec tous les autres opus des sagas Gothic et Risen.

Cette liberté pour monter notre personnage à notre guise est toujours très appréciable. Même s’il elle n’est pas souple et qu’elle ne permet pas de changer d’optique en cours de route aisément. On est même très cloisonné, si l’on choisit la raison qui est de faire le plus de dégâts possible. Car on choisira alors, non pas une nouvelle compétence, mais plutôt le fait d’améliorer les dégâts infligés avec celle que l’on possède déjà. Ce qui est bien plus efficient à la longue.

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Le corps à corps plus intéressant que le tir de loin (mais moins efficace).

Comme pour les autres épisodes, on vous conseille de débuter directement en difficulté maximale. Au début c’est un petit peu difficile, mais vous pourrez utiliser les bonnes vieilles techniques qui consistent à attirer un ennemi vers d’autres pnj pour qu’ils fassent le boulot à votre place. Sachez aussi que vous pouvez être accompagné durant toute la partie d’un partenaire. Cela permet de l’utiliser comme appât et de contourner facilement notre (nos) assaillant (s) pour les flageller de toute part. Il peut aussi faire le boulot à votre place des fois.

Les combats n’ont donc pas spécialement évolué. Oui, au corps-à-corps à corps c’est un peu mieux avec des ciblages moins contraignants. Mais globalement, c’est comme avant. Il y a une touche pour frapper trois coups d’affilés. On peut la maintenir un temps pour effectuer un coup plus puissant. Et il y a une autre touche pour bloquer les attaques.

Nos déplacements sont rapides si on utilise abondamment la roulade. Les combats sont ainsi dynamiques. Et avec un peu d’entraînement et de connaissances vis-à-vis de nos ennemis on s’en sort relativement facilement.

Et puis arrive le moment, ou vous trouvez le lance-flamme. C’est probablement l’arme la plus efficace du jeu, car ces recharges sont peu chères et se trouvent facilement. On précisera, en effet, que si un vendeur n’en a que cinquante, par exemple, il suffit de faire l’achat, de fermer et de re-ouvrir le dialogue pour qu’il soit à nouveau à flot (lol de lol). Cela ne propulse pas des flammes, cela lance une boule de flamme à l’autre bout de l’écran. Il suffit donc, de se mettre en hauteur, de tirer, tirer et tirer. Peu passionnant, mais très efficace. Contre les méchas, par exemple, il suffit de se mettre très loin et de les aligner, leurs projectiles, eux, ne pouvant nous atteindre à longue distance. Cela fout un coup à des affrontements, déjà pas supers prenants…

Pour résumer, le chapitre un on lutte pour vaincre nos ennemis (mais on peut utiliser bons nombres de fioles de vies simultanément), et ensuite c’est plus facile, pour finir par un pur jeu de bourrinage au chapitre quatre (comme d’habitude).

Une réalisation inégale

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Graphiquement, le titre s’en tire pas trop mal.

Le moteur graphique a subi un lifting appréciable. On bénéficie ainsi de décors variés dans l’ensemble, même si cela se répète un peu par moments. Visuellement, c’est globalement réussi avec parfois de très jolis panoramas. Comme d’habitude , les environnements extérieurs sont bien plus aboutis que ceux qui sont en intérieurs. C’est aussi dû au fait que les textures ne sont pas toujours très fines, voir un peu dégueulasses par endroits.

Les effets de lumières, d’ombres et ceux des effets magiques sont bien maîtrisés. En point d’orgue on retiendra le rendu de l’eau. Le titre possède toujours un cycle jour/nuit. Et la météo peut être changeante avec de la pluie par moments. Au niveau du gros point noir, difficile de ne pas évoquer ce clipping omniprésent. Ainsi que les bugs habituels de physique et de caméra qui vont de pair avec la saga.

Le bestiaire est bien modélisé, mais les animations sont d’un autre âge. Difficile de faire plus rigide… Les cut-scènes sont réalisées avec le moteur du jeu, mais les animations faciales notamment sont quasi inexistantes.

Mais au final, notre impression est positive. C’est en retard technologiquement pour notre époque, c’est évident. Mais il reste de jolis environnements par moments. De plus, l’optimisation reste propre et soignée. Ce qui permettra au jeu de pouvoir tourner sur beaucoup de machines.

Au niveau sonore, le rendu est assez quelconque. Les bruitages font le job, mais vraiment sans plus. Le doublage en anglais (sous-titré en français) est juste correct surtout au niveau des intonations. Et les musiques sont quasi inexistantes. On est quand même très loin de la bande originale de Gothic 3… Selon-nous le studio a clairement délaissé les aspects sonores du jeu, ce qui est bien dommage surtout pour l’immersion.

Piranha Bytes nous livre un Elex très convenu. Pour faire simple : si vous avez joué à un ancien épisode et que vous n’avez pas accroché cela n’est pas la peine d’espérer mieux avec ce nouvel opus. Il n’y a pas grandes choses qui ont été amélioré ou modifié. C’est plus grand, plus peaufiné certes. Mais le studio prend beaucoup de retard par rapport à la concurrence.


Les bases sont (quasiment) toujours les mêmes depuis les anciens Risen et même les anciens Gothic. Pour autant, il s’agit d’un jeu de rôle convaincant avec des bases solides de gameplay. Le studio refourgue toujours un peu les mêmes choses, mais il enrichit l’univers d’ennemis et de lieux à explorer notamment. Tout en proposant une nouvelle histoire avec une durée de vie conséquente.


Et l’on prendra plaisir à explorer les moindres recoins de cet univers tout en montant péniblement notre personnage. Si vous êtes fans de la saga, sans avoir atteint l’overdose, ce nouveau titre devrait vous satisfaire car il est probablement le plus ambitieux de tous. Mais n’attendez pas de grands chamboulements, vous serez en terrain plus que conquis. Un titre honnête mais sans plus.

 

Pourquoi l’acheter ?
  • L'exploration très réussie
  • Des bases solides de gameplay
  • L'ajout du jetpack
  • Durée de vie
  • De jolis environnements par moments
Pourquoi l’oublier ?
  • Un univers un peu trop Gloubi-boulga
  • Personnages peu attachants
  • Ambiance sonore décevante
  • Rigidité, rigidité et rigidité
  • Les animations d'une autre époque
  • Des combats peu captivants (surtout de loin)
  • Un blabla interminable pour obtenir une quête
  • Le renouvellement c'est maintenant